La cybersécurité en pleine ébullition

Catherine Girouard
Collaboration spéciale
Deux nouveaux certificats en cybersécurité sont offerts à l’UQO pour la première fois à la présente session d’automne, soit le certificat en gouvernance et cybersécurité ainsi que le certificat en réseaux informatiques et cybersécurité.
UQO Deux nouveaux certificats en cybersécurité sont offerts à l’UQO pour la première fois à la présente session d’automne, soit le certificat en gouvernance et cybersécurité ainsi que le certificat en réseaux informatiques et cybersécurité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Télétravail, services en ligne, intelligence artificielle, protection des données, risques de cyberattaques… La place que prennent les outils technologiques dans nos vies est non négligeable, et vient avec son lot de nouveaux enjeux. Alors que Gatineau veut se positionner comme un chef de file en cybersécurité et que le domaine est en pleine ébullition dans la région, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) offre dès cet automne deux nouvelles formations en cybersécurité, ainsi qu’un DESS en sciences des données et intelligence artificielle dès l’hiver prochain, afin de répondre aux grands besoins.

« La pandémie a mis en évidence les besoins en cybersécurité, car le nombre d’attaques a explosé, fait valoir le professeur Kamel Adi, du Département d’informatique et d’ingénierie de l’UQO. Avec le télétravail, la surface d’attaque est devenue beaucoup plus grande. Mais il y a un manque de main-d’oeuvre partout et la formation est plus que nécessaire, car la demande ne va que s’accentuer dans les prochaines années. » Et ce constat est mondial, ajoute-t-il.

« Une grappe se développe actuellement en cybersécurité à Gatineau, et il y a une grande volonté régionale de se positionner dans le domaine », continue M. Adi, en référence à la zone d’innovation en cybersécurité, baptisée Connexité, que veut créer la région. Gatineau a d’ailleurs soumis sa candidature au ministère de l’Économie et de l’Innovation pour être officiellement désignée comme une zone d’innovation en la matière au Québec.

L’UQO étant un des acteurs clés de cette future zone d’innovation, et aussi très active dans le domaine depuis plus de 30 ans par son Laboratoire de recherche en sécurité informatique, il était tout naturel de bonifier sa formation. « Après avoir sondé le milieu socio-économique, l’UQO a fait le constat que l’offre était insuffisante pour répondre aux besoins », précise le professeur.

Deux nouveaux certificats en cybersécurité sont offerts à l’UQO pour la première fois à la présente session d’automne, soit le certificat en gouvernance et cybersécurité ainsi que le certificat en réseaux informatiques et cybersécurité. Ces deux formations font partie de la liste prédéfinie de programmes du baccalauréat par cumul en innovation numérique.

« Pas moins de 13 nouveaux cours ont été développés spécifiquement dans le cadre de ces deux nouveaux certificats, souligne M. Adi, qui a participé à l’élaboration de ces nouveaux programmes. Je pense que [la formation qu’on offre], très technique et solide, est unique au Québec. »

Un DESS en science des données et intelligence artificielle a aussi été ajouté à l’offre de formation de l’établissement. La première cohorte débutera dès la session d’hiver 2023.

De la technique à la gouvernance

Le certificat en gouvernance et cybersécurité se penche pour sa part sur la gestion des défis et des enjeux organisationnels et humains liés à la cybersécurité. « Il veut répondre aux besoins de gestion autour de la cybersécurité, dans un objectif de prise de décision pour prévenir des incidents ou réagir à ceux-ci », explique Mohand Said Allili, professeur au Département d’informatique et d’ingénierie de l’UQO, lui aussi impliqué dans la création de nouvelles formations du département.

Ce certificat permettra notamment aux diplômés de comprendre les lois en matière de protection de données personnelles et de sécurité de l’information, et d’assurer la conformité à celles-ci. « Ce certificat veut rapprocher le point de vue technique et la gouvernance afin que ceux qui sont en gestion comprennent les enjeux de façon technique sans être techniciens pour autant, afin de bien estimer les risques sur un plan de continuité », fait valoir le professeur Kamel Adi.

La question de la communication en cas d’incident est aussi au programme. « Si une entreprise se fait attaquer, par exemple une banque, et qu’elle communique mal, l’impact de l’incident sera amplifié et les clients fuiront », illustre M. Adi.

Selon l’UQO, cette formation permettra aux diplômés d’exercer des rôles d’analyste des risques, d’agent de la protection des renseignements personnels, de gestionnaire de projet spécialisé en cybersécurité, de conseiller en communication spécialisé en cybersécurité ou encore de planificateur de la reprise après sinistre.

Le certificat en réseaux informatiques et cybersécurité, complémentaire au premier, est pour sa part plus technique. « Il permet aux diplômés de savoir protéger et surveiller les réseaux des cybermenaces », explique Kamel Adi.

Recherche, analyse d’information, préparation de rapports et de plans de résolution de problèmes sont notamment à l’étude. Les diplômés pourront par la suite exercer des fonctions de spécialiste de soutien réseau, d’opérateur de sécurité réseau, d’administrateur de systèmes ou de la sécurité, ou encore d’analyste en cybersécurité.

Science des données et IA

 

Le nouveau DESS en science des données et intelligence artificielle offrira quant à lui une formation pointue dans les deux domaines désignés, qui connaissent eux aussi une forte ébullition actuellement. « On crée de plus en plus de données et on a un besoin énorme de les exploiter, mais aussi d’automatiser les processus », relate Mohand Said Allili.

Au terme de ce programme, les étudiants auront une connaissance du potentiel des techniques de la science des données et de l’intelligence artificielle qui lui permettront de les utiliser pour résoudre des problèmes. Un stage ou une activité d’essai en entreprise ou dans un environnement de recherche est prévu pour permettre aux étudiants d’appliquer les acquis à un projet particulier. Ce DESS vise à préparer les diplômés à des carrières de spécialiste en science des données, d’analyste ou d’ingénieur de données, de spécialiste en apprentissage automatique ou encore de conseiller en science des données et en intelligence artificielle.

En plus de répondre directement aux besoins locaux, ces nouveaux programmes pourraient aussi tisser davantage de liens entre le Québec et l’international.

« Le programme de DESS en science de données et intelligence artificielle, ainsi qu’un futur programme de DESS en cybersécurité [sur lequel nous travaillons en ce moment] seront des leviers pour attirer des étudiants internationaux, notamment grâce à des ententes entre l’UQO et des universités francophones en France et en Afrique du Nord , s’enthousiasme le professeur Allili. Il y a actuellement une entente entre l’UQO et l’école 3IL en France. »

D’autres formations sont sur la table à dessin de l’UQO, tant en cybersécurité qu’en IA. Elles seront annoncées et offertes au cours des prochaines années.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part. 

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