À vélo pour comprendre la carboneutralité

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
En plus d’être un moyen de transport efficace, le vélo est une façon de sensibiliser les étudiants, dans le cadre du cours, à des aspects des changements climatiques que l’on n’observe pas nécessairement quand on se déplace en métro ou en voiture.
HEC Montréal En plus d’être un moyen de transport efficace, le vélo est une façon de sensibiliser les étudiants, dans le cadre du cours, à des aspects des changements climatiques que l’on n’observe pas nécessairement quand on se déplace en métro ou en voiture.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Au printemps 2022, des étudiants de HEC Montréal ont pédalé quelque 250 kilomètres dans le cadre d’un cours expérientiel. Un projet unique en son genre qui leur a permis de mieux comprendre sur le terrain les défis de la carboneutralité tout en participant à un projet avec le Port de Montréal.

Un cours expérientiel est une formation qui sort de l’enseignement traditionnel axé sur les exposés magistraux et les études de cas. En plus de la théorie, il permet d’aller à la rencontre de divers intervenants dans le domaine étudié et de travailler sur des projets concrets pour permettre aux étudiants d’expérimenter la matière au lieu de simplement l’étudier. Il comporte le même nombre d’heures et de crédits qu’un cours magistral.

« Le cours que ces 17 étudiants ont suivi sur la carboneutralité était très intensif et exigeant, dit Yves Plourde, professeur agrégé au Département de management et responsable pédagogique pour le DESS et la maîtrise en management et développement durable à HEC Montréal. C’était axé sur les connaissances, mais aussi sur les compétences en lien avec l’accompagnement d’organisations pour l’atteinte de la carboneutralité. » Composé de trois volets, le cours comportait d’abord une partie théorique offerte notamment par la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), puis un volet pratique qui permet la rencontre avec divers intervenants, organisations et gestionnaires d’entreprises, pour mieux comprendre les défis auxquels les entreprises sont confrontées. Un projet d’application interdisciplinaire avec le Port de Montréal constitue le dernier volet et a pour but de développer des solutions pour que celui-ci puisse atteindre la carboneutralité.

« Dans le contexte des changements climatiques, les entreprises émettent des gaz à effet de serre (GES), et quand on parle de carboneutralité, on se réfère à une opération comptable qui consiste à réduire au maximum ces émissions et à compenser celles qu’on émet avec des programmes certifiés, par exemple celui de Carbone boréal. L’objectif est d’arriver à zéro émission pour avoir un bilan neutre en carbone », précise-t-il.

Les effets du terrain

 

En plus d’être un moyen de transport efficace, le vélo était une façon de sensibiliser les étudiants, dans le cadre du cours, à des aspects des changements climatiques que l’on n’observe pas nécessairement quand on se déplace en métro ou en voiture. « Par exemple, en se déplaçant d’un quartier plus pauvre et sans arbres à un quartier très boisé, la sensation de changer d’environnement est réelle, dit Yves Plourde. La qualité de l’air est meilleure, et on sent plus de fraîcheur. Cela permet aux étudiants de réaliser de façon concrète les effets des changements climatiques. Souvent, on en a une compréhension superficielle, mais le vélo nous permet de développer une plus grande sensibilité à notre environnement et de voir les choses autrement. »

Un des thèmes qui sont ressortis de leur réflexion était celui de l’écoanxiété. « C’est un phénomène assez commun, mais le cours a permis aux étudiants de voir qu’il ne faut pas laisser les problèmes environnementaux aux autres, il faut se responsabiliser. Même si les initiatives ne sont pas parfaites, il faut qu’il y ait encore plus de gens qui s’impliquent. »

Défis des entreprises

 

Ces déplacements à vélo avaient aussi pour mission de permettre aux étudiants de rencontrer une vingtaine d’organisations qui participent de façon volontaire au projet, dont le Groupe Aldo, les Fermes Lufa et Desjardins. Celles-ci ont fait part aux étudiants de leurs initiatives en matière de carboneutralité et des obstacles rencontrés.

« Parmi les défis, on parle notamment de la question de la mobilisation et de la conscientisation des employés, dit Yves Plourde. Pour bien des entreprises, ce sont des sujets inspirants, mais ce n’est pas encore implanté dans tous les processus organisationnels. Il y a encore un changement de culture à faire et un problème sur le plan des connaissances. Il n’y a pas de solutions faciles et évidentes. »

Un autre défi consiste à parler le langage de l’économie et de la finance pour convaincre certains dirigeants d’entreprise.

« Trouver comment traduire les enjeux environnementaux dans un langage économique représente un défi pour les responsables en développement durable », souligne-t-il.

La suite

 

Les données recueillies et les résultats du cours expérientiel ont fait l’objet d’une présentation dans le cadre du congrès Cycling and Society qui avait lieu à la mi-septembre, au Royaume-Uni. « Cycling and Society est un regroupement de chercheurs qui voient le cyclisme comme solution à des problèmes, comme les changements climatiques, tout en gardant un regard critique », détaille Yves Plourde, qui est d’ailleurs heureux que le cours expérientiel à vélo s’offre de nouveau au printemps prochain à HEC Montréal.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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