Des fondations tournées vers l’inclusion

Isabelle Delorme
Collaboration spéciale
En 2022-2023, environ 65 élèves du collège François-de-Laval recevront une bourse pour financer leur scolarité.
Photo: Fondation du Collège François-de-Laval En 2022-2023, environ 65 élèves du collège François-de-Laval recevront une bourse pour financer leur scolarité.

Ce texte fait partie du cahier spécial Écoles privées

Les écoles privées n’ont pas la réputation d’être particulièrement inclusives, selon la croyance populaire. Pourtant, des fondations récoltent des fonds pour financer la scolarité des élèves plus en difficulté ou provenant de milieux différents. En quelque sorte, elles œuvrent pour que des jeunes ne soient pas privés de l’école privée.

Au cours de l’année scolaire 2021-2022, la Fondation Saint-Jean-Eudes a pu remettre des bourses à 27 élèves (2,4 % des effectifs de l’école) de l’école du même nom, située à Québec. « Nous voulons nous assurer que des élèves ne sont pas privés de notre école en raison des salaires peu élevés ou des situations familiales de leurs parents », souligne Sabrina Pelletier, coordinatrice de la fondation. En cas de séparation, l’aide financière permet d’intégrer un élève dont l’un des deux parents n’a pas les moyens de payer les frais.

Un don exceptionnel

 

En février dernier, la Fondation Saint-Jean-Eudes annonçait la généreuse contribution de 100 000 $ de Michel M. Couture, un de ses anciens élèves. De cette somme, 80 % sert à aider financièrement certains jeunes. « Grâce aux dons de M. Couture, nous avons pu offrir une bourse de 1000 $ à trois élèves de chaque niveau entre les troisième et première secondaires », se réjouit Sabrina Pelletier. Ces bourses « Étincelle » sont venues soutenir des élèves qui se sont distingués selon plusieurs critères, notamment leurs bonnes notes, leur leadership positif, leur implication dans leurs études et dans une autre activité (sportive, culturelle, scientifique, sociale, etc.), et qui ont des besoins financiers.

« Le jour où ces bourses ont été remises aux élèves a été l’un des plus beaux moments de ma carrière ! » lance Mme Pelletier. Les lauréats (qui n’ont pas eu besoin de candidater) ont reconnu progressivement leur identité au cours du dévoilement. « Nous avons expliqué pour chacun qui il est et ce qu’il fait, sans le nommer. Lorsque les jeunes découvraient qu’il s’agissait d’eux, c’était magique », raconte-t-elle.

Des élèves reconnaissants

 

La Fondation Saint-Jean-Eudes offre également, à la fin de l’année scolaire, la bourse « Persévérance » à un élève par niveau, « pour lui donner un petit coup de pouce, un encouragement à poursuivre », précise Sabrina Pelletier. Depuis cette année, la bourse « Rayonnement » (d’un montant de 300 $) est également offerte. « Cela peut aider par exemple un jeune qui fait du cirque à l’international », illustre la coordinatrice.

La reconnaissance des élèves aidés par la fondation est palpable. « Ce sont souvent eux qui vont s’impliquer encore plus dans les activités de l’école. Ils sont très présents sur le terrain, et c’est extrêmement touchant », souligne Mme Pelletier.

Accueillir de nouveaux arrivants

 

D’anciens boursiers reconnaissants contribuent également aux ressources d’un autre organisme situé à Québec : la Fondation du Collège François-de-Laval. « Nous avons beaucoup d’anciens élèves très attachés au collège. Certains ont reçu une aide financière dans les années 1960 à 1980 et veulent aujourd’hui redonner au suivant », souligne Véronique Hébert, directrice générale de la fondation. Le témoignage de l’un de ces boursiers devenus donateurs, qui souhaite que sa contribution reste confidentielle, est particulièrement éloquent. « Il travaille dans le domaine de la finance et m’a confié qu’il ne recherchait pas la gloire, mais juste à exprimer sa reconnaissance, car il n’aurait jamais pu mener cette carrière s’il n’avait pas eu accès à notre école, à l’éducation structurée et à l’encadrement qu’elle procure », raconte Mme Hébert.

En 2022-2023, environ 65 élèves du collège François-de-Laval recevront une bourse. « Nous aidons souvent de nouveaux arrivants venus du Pérou, du Mexique ou encore du continent africain », dit Véronique Hébert. Pour une école privée plus inclusive sur le plan social, mais aussi géographique et culturel.

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