La bibliothèque, une porte ouverte vers l’alphabétisation

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
De zéro à cinq ans, un premier contact positif avec les livres est déterminant pour la suite.
Photo: iStock De zéro à cinq ans, un premier contact positif avec les livres est déterminant pour la suite.

Ce texte fait partie du cahier spécial Alphabétisation

Au-delà du simple prêt de livres, la bibliothèque joue un rôle important dans l’alphabétisation de la population. Que l’on soit enfant, adulte, nouvel arrivant ou personne marginalisée, c’est un milieu de vie et une porte ouverte pour apprendre, se développer et mieux s’intégrer à la société.

Au même titre que la culture et l’éducation, l’alphabétisation fait partie de ses missions clés, selon le Manifeste de l’UNESCO sur la bibliothèque publique, rédigé à Paris en 1994. Il mentionne, entre autres, que « la bibliothèque publique est une porte locale d’accès à la connaissance » dont « les services sont accessibles à tous, sans distinction d’âge, de race, de sexe, de religion, de nationalité, de langue ou de statut social ».

En mai dernier, le ministère de la Culture et des Communications annonçait d’ailleurs un investissement de 280 000 $ pour déployer une stratégie de promotion des bibliothèques, en partenariat avec l’Association des bibliothèques publiques du Québec (ABPQ). Il s’agit d’encourager la population à découvrir ou redécouvrir sa bibliothèque locale. Un concours, Gagnez à découvrir votre biblio !, sera lancé au cours de la prochaine année.

L’alphabétisation à tout âge

« Les bibliothèques travaillent en partenariat avec des groupes communautaires et des organismes d’alphabétisation pour les adultes. On va proposer des lectures adaptées selon les niveaux ainsi que des ateliers d’écriture. C’est une grande fierté pour quelqu’un qui s’est toujours considéré comme incapable de lire et d’écrire, que d’arriver à écrire un petit récit après avoir participé à un atelier », explique Eve Lagacé, directrice générale de l’ABPQ, qui regroupe les bibliothèques publiques autonomes des municipalités de plus de 5000 habitants, lesquelles desservent plus de 80 % de la population du Québec.

Pour les familles, on présente toujours les populaires heures du conte aux enfants dans la plupart des bibliothèques du Québec, mais en donnant des outils aux parents qui les accompagnent pour qu’ils puissent reproduire ces plaisirs de lecture à la maison. Le Réseau réussite Montréal rapporte d’ailleurs que 21 % des parents québécois d’enfants de moins de 16 ans ont de faibles compétences en littératie. « L’important est que le parent se sente compétent et capable d’accompagner son enfant pour faire la lecture à la maison. De nombreuses études montrent les bénéfices de cette interaction parent-enfant pour l’apprentissage de la lecture », souligne Eve Lagacé.

De zéro à cinq ans, un premier contact positif avec les livres est déterminant pour la suite. « En ce qui concerne la petite enfance, les données démontrent qu’un enfant de deux ans et demi qui a l’habitude de feuilleter des livres par lui-même sera plus motivé à l’école, il aura de meilleurs principes de lecture à huit ans, et à quinze ans, ses résultats scolaires seront meilleurs », dit Ingrid Lecours, bibliothécaire au Centre de services scolaire de Laval.

« Pour les enfants d’âge préscolaire, la bibliothèque publique joue alors un rôle important, surtout pour ceux dont les parents ont eux-mêmes un faible niveau de littératie. Une fois que l’enfant va à l’école, la bibliothèque scolaire prend la relève. Il faut comprendre que les bibliothèques scolaires forment le plus grand réseau de bibliothèques au Québec. Et 100 % de nos utilisateurs potentiels les fréquentent. Tous les élèves du Québec vont à la bibliothèque au moins une fois par semaine et ils y ont accès à des livres de leur goût. Un rapport positif à la lecture est important. Lire pour le plaisir trois heures par semaine augmente la motivation et le rendement scolaire. Les élèves qui lisent pour le plaisir ont un meilleur taux de réussite », ajoute Ingrid Lecours.

Pour les nouveaux arrivants, plusieurs bibliothèques ont des clubs de lecture et d’autres activités destinées aux apprenants du français. C’est le cas, entre autres, de Planète livres, un atelier de lecture et d’écriture pour les adultes en francisation, à la bibliothèque de Brossard.

« La bibliothèque se positionne comme un lieu d’accueil important qui présente la culture québécoise, à travers ses collections et ses activités, souligne Eve Lagacé. C’est une belle façon d’accueillir nos nouveaux arrivants, et cela peut même aller jusqu’à la dégustation de plats. C’est l’occasion de très beaux partages. »

D’autres littératies

Mis à jour en juillet dernier, le Manifeste de l’UNESCO, dans sa nouvelle version, met encore plus en avant la mission éducative des bibliothèques et souligne l’importance de la littératie numérique.

« On parle ici du rôle de la bibliothèque publique dans le développement des compétences numériques des citoyens, un rôle méconnu, mais important. Il y a encore des gens, comme les aînés ainsi qu’une partie des nouveaux arrivants, qui ne savent pas bien se servir d’un ordinateur, et souvent, ils se tournent vers la bibliothèque pour recevoir du soutien en ce sens. C’est quelque chose que nos équipes font au quotidien », mentionne Eve Lagacé.

Au-delà de l’alphabétisation de base et du numérique, d’autres types de littératies sont abordés à la bibliothèque, comme la littératie en santé et la littératie financière, à travers la documentation proposée aux usagers ainsi que des ateliers.

Pour les personnes marginalisées, la bibliothèque publique devient souvent un refuge où il est possible de se reposer et passer du temps sans se faire poser de questions. « Dans une ville, la bibliothèque demeure l’un des derniers lieux, où peu importe notre âge ou notre statut socioéconomique, on peut entrer gratuitement et simplement s’asseoir et réfléchir, sans qu’il y ait d’attentes. »

40 000 livres du Québec vers Haïti

En mai dernier, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie ainsi que le ministère de la Culture et des Communications ont annoncé une aide financière de plus de 16 000 $ à Partenariat pour le développement des communautés (PARDEC), un organisme de solidarité internationale située à Montréal, pour la mise en oeuvre du projet Reconstruire Haïti par le livre. Il s’agit d’acheminer 40 000 livres provenant de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), dans le but de reconstituer le fonds documentaire et les collections des bibliothèques d’Haïti qui ont été affectées par de nombreuses catastrophes naturelles, dont le séisme du 14 août 2021 dans le sud du pays.

« La population haïtienne est éprouvée par les conséquences des catastrophes naturelles, économiques et sociales qui se sont abattues sur le pays. Je suis très fière d’annoncer l’initiative Reconstruire Haïti par le livre, qui se concrétise aujourd’hui par l’envoi d’un premier conteneur de 23 000 livres sur un total de 40 000, offerts par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et la Fondation des parlementaires québécois. Ce projet aidera la Bibliothèque nationale d’Haïti à se reconstruire, et permettra à la culture haïtienne de continuer de s’enrichir », a fait savoir par communiqué Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et ministre responsable de la région des Laurentides.

La distribution des livres sera assurée par la Bibliothèque nationale d’Haïti et la Direction nationale du livre en Haïti, en collaboration avec PARDEC. Les 17 000 livres restants devaient être acheminés au cours de l’été. Ce don de livres de la part de BAnQ représente, en tout, une valeur d’environ 120 000 $.

40 000 livres du Québec vers Haïti


En mai dernier, le ministère des Relations internationales et de la Francophonie ainsi que le ministère de la Culture et des Communications ont annoncé une aide financière de plus de 16 000 $ à Partenariat pour le développement des communautés (PARDEC), un organisme de solidarité internationale situé à Montréal, pour la mise en oeuvre du projet Reconstruire Haïti par le livre. Il s’agit d’acheminer 40 000 livres provenant de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), dans le but de reconstituer le fonds documentaire et les collections des bibliothèques d’Haïti qui ont été affectées par de nombreuses catastrophes naturelles, dont le séisme du 14 août 2021 dans le sud du pays.

« La population haïtienne est éprouvée par les conséquences des catastrophes naturelles, économiques et sociales qui se sont abattues sur le pays. Je suis très fière d’annoncer l’initiative Reconstruire Haïti par le livre, qui se concrétise aujourd’hui par l’envoi d’un premier conteneur de 23 000 livres sur un total de 40 000, offerts par Bibliothèque et Archives nationales du Québec et la Fondation des parlementaires québécois. Ce projet aidera la Bibliothèque nationale d’Haïti à se reconstruire, et permettra à la culture haïtienne de continuer de s’enrichir », a fait savoir par communiqué Nadine Girault, ministre des Relations internationales et de la Francophonie et ministre responsable de la région des Laurentides.

La distribution des livres sera assurée par la Bibliothèque nationale d’Haïti et la Direction nationale du livre en Haïti, en collaboration avec PARDEC. Les 17 000 livres restants doivent être acheminés au cours de l’été. Ce don de livres de la part de la BAnQ représente une somme d’environ 120 000 $.



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