Manque de personnels à l’approche de la rentrée, des syndicats interpellent Québec

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a estimé la semaine dernière que 700 postes d’enseignant restaient à pourvoir en vue de la rentrée.
Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a estimé la semaine dernière que 700 postes d’enseignant restaient à pourvoir en vue de la rentrée.

Le manque de personnels en éducation frappe plusieurs secteurs et des fédérations syndicales interpellent Québec face à la pénurie, alors que des centaines de postes d’enseignants restent à combler en vue de la rentrée scolaire la semaine prochaine.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) a dénoncé lors d’une conférence de presse lundi avant-midi le « jovialisme » du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, « qui disait qu’il y aurait un enseignant pour chaque classe ». « Pour nous, c’est insensé, lance Josée Scalabrini. Les parents ont le droit d’avoir les bons chiffres ».

La situation a fait couler beaucoup d’encre dans les derniers jours. Le ministre de l’Éducation a estimé la semaine dernière que 700 postes d’enseignant restaient à pourvoir en vue de la rentrée. Il a admis qu’un nombre indéterminé d’entre eux seront « non légalement qualifiés » et auront une autorisation provisoire pour se retrouver devant un groupe d’élèves. De leur côté, les directions d’école affirment que le manque à gagner se chiffre plutôt à 1400.

La FSE-CSQ n’est de son côté pas en mesure d’avancer un nombre, mais tend à croire les directeurs. « Nous n’avons pas les chiffres officiels de chaque endroit, parce qu’il y a encore des affectations dans le milieu. Ça va se faire toute la semaine », a mentionné Josée Scalabrini.

Pénurie dans plusieurs emplois en éducation

 

De son côté, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ), qui représentent 35 corps d’emploi incluant les psychologues et les orthophonistes, peut déjà affirmer que la situation cette année sera « pire » que l’année dernière.

« Il y a eu plus de 500 postes vacants l’année dernière pour les services directs aux élèves », a rappelé le président, Jacques Landry. « La situation ne s’améliore pas, elle empire selon nos données préliminaires. Nous avons déjà des chiffres comparables à l’an dernier. »

La Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) déplore quant à elle une liste d’attente de 250 enfants pour les services de garde au Lac-Saint-Jean, du jamais-vu selon le syndicat. « On fait comment ? », lance le président, Éric Pronovost.

« On parle de pénurie de l’ensemble du personnel, a renchéri le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras. On parle souvent des enseignants, mais ça touche d’autres professionnels ». Selon lui, les négociations prévues dans les prochaines semaines devront servir à améliorer les conditions de travail, la charge de travail et mettre fin à la précarité de ces emplois.

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