Québec paiera jusqu’à 200$ pour l'inscription dans les programmes scolaires particuliers

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge
Paul Chiasson La Presse canadienne Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

Les élèves des écoles secondaires publiques qui participent à des programmes particuliers verront leurs frais d’inscription allégés de 200 $, a annoncé en point de presse lundi le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Avec cet investissement de 29,5 millions de dollars, l’accès aux programmes particuliers tels que sports-études et arts-études ainsi qu’aux différentes concentrations sera gratuit pour plus de 60 % des participants.

Au sujet de l’accessibilité aux programmes dont l’inscription coûte plus de 200 $, la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, a fait valoir que la mesure annoncée réduisait la facture des élèves. « On va voir avec la première année, a-t-elle poursuivi. On va pouvoir mieux constater les résultats sur le terrain. Je pense que c’est une belle façon de commencer. »

Le ministre Roberge s’est targué d’aller « encore plus loin », en annonçant le déploiement des programmes particuliers dans toutes les écoles publiques secondaires, dès la rentrée en 2023. « Le paysage scolaire va s’améliorer pour le mieux », a-t-il assuré.

« Pas réellement » d’accessibilité

L’annonce du ministre Roberge « inquiète » Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec (RCPAQ). « Ce n’est pas un rabais de 200 $ qui augmente l’accessibilité, estime-t-il. C’est mal comprendre l’accessibilité. » Une place pour tous les élèves dans ces programmes est nécessaire, soutient-il. « Ça prend une réflexion beaucoup plus profonde », avance M. Martel.

Selon Stéphane Vigneault, porte-parole du mouvement citoyen L’école ensemble, les 200 $ offerts pour couvrir les frais d’inscription sont « une mesure typique d’un gouvernement qui est en train de rattraper l’opinion publique sur ce sujet ». « Des projets particuliers un peu moins sélectifs, ce sont encore des projets particuliers qui ne sont accessibles qu’à certains », fait-il valoir.

Le fait de distribuer un montant d’argent « à tout le monde de façon égale » n’est pas équitable au final, remarque Sylvain Martel. « Pour une famille qui gagne 100 000 $ par année ou une famille qui gagne 35 000 $, le 200 $ a un impact différent », illustre-t-il.

Le montant alloué par le gouvernement n’est rien de plus qu’un « cadeau de la rentrée qui ne va aider personne à aller s’inscrire », selon Sylvain Martel. La majorité des inscriptions aux programmes particuliers en vue de l’automne prochain sont déjà faites, note-t-il.

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