Des aides-enseignants arriveront dans 100 écoles dès septembre

Au terme d’un projet pilote de deux ans, le gouvernement souhaite «déployer le projet d’aide à la classe dans toutes les écoles primaires du Québec».
Jacques Nadeau Le Devoir Au terme d’un projet pilote de deux ans, le gouvernement souhaite «déployer le projet d’aide à la classe dans toutes les écoles primaires du Québec».

Un projet pilote d’aides-enseignants sera mis en place dans une centaine d’écoles primaires à compter du mois de septembre. Du personnel de soutien, y compris des éducatrices en service de garde scolaire, viendra prêter main-forte aux enseignants et aux élèves.

Cette aide en classe permettra aux profs de se concentrer sur l’enseignement. Le personnel de soutien en classe donnera un coup de main pour les tâches connexes, comme habiller les jeunes enfants pour la récréation ou distribuer les collations.

Cette mesure et d’autres annoncées mardi visent à valoriser le travail du personnel scolaire, en pleine pénurie d’enseignants et de toutes les autres catégories d’employés. Un investissement prévu de 140 millions de dollars sur quatre ans vise aussi à bonifier l’encadrement des stagiaires en enseignement et à mener une campagne de promotion des métiers de l’éducation.

Ce programme « va nous aider à relever le plus grand défi qu’on a dans le réseau scolaire en ce moment, celui de la pénurie de main-d’œuvre », a dit le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors d’une visite dans une école de la région de Québec.

Au terme du projet pilote de deux ans, le gouvernement souhaite « déployer le projet d’aide à la classe dans toutes les écoles primaires du Québec ».

Des réactions partagées

 

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente des enseignants et du personnel de soutien scolaire, se réjouit de la création des projets pilotes d’aides à la classe.

« C’est une mesure très concrète qui aura rapidement des effets dans les milieux. Les aides à la classe permettront de répondre non seulement aux besoins des enseignantes et des enseignants et des élèves, mais offriront également la chance au personnel de soutien de mettre à profit son expertise et ses qualifications, tout en lui permettant d’avoir accès à des postes avec un nombre d’heures plus intéressant », a indiqué Éric Gingras, président de la CSQ.

De son côté, l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) a réservé un accueil tiède à cette annonce. « Ça ne s’attaque pas au cœur du problème : il y a urgence d’agir pour améliorer les conditions de travail du personnel scolaire », dit Kathleen Legault, présidente de l’AMDES.

Les hausses de salaire accordées aux profs ne compensent pas à elles seules les difficultés vécues dans les classes, précise-t-elle.

Les directions d’école sont elles-mêmes engagées dans un bras de fer avec le gouvernement Legault pour faire bonifier leurs conditions de travail. L’embauche de milliers d’enseignants non légalement qualifiés, à cause de la pénurie, alourdit la tâche des autres membres de l’équipe, qui doivent former ces nouveaux profs, souligne la représentante des directions d’école. « L’éducation est supposément la grande priorité du gouvernement, mais on n’a pas vraiment l’impression que les enseignants sont plus valorisés qu’il y a quatre ans », a ajouté Kathleen Legault.

Des aides à la classe sont déjà prévues dans les maternelles 4 ans, mais certaines écoles trouvent difficilement le personnel pour venir donner un coup de main aux enseignants, selon Mme Legault.

À voir en vidéo