Le nombre de cours offerts en virtuel atteint des sommets à l’UQAM

Un bâtiment de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
Josie Desmarais Getty Images iStockphoto Un bâtiment de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Les cours en virtuel prennent de plus en plus de place dans les cursus de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). De 81 cours offerts en ligne avant la pandémie, ce nombre serait passé à 689 aujourd’hui, selon des données officielles obtenues par le Devoir. L’UQAM affirme que « plus de 700 » cours en ligne seront offerts à la session d’automne 2022.

Ces nouveaux cours à distance concernent principalement les sciences de la gestion, les sciences de l’éducation et la formation en communication. En tout, c’est près de 17 % des cours à l’UQAM qui seront offerts en virtuel ou en « mode hybride » à l’automne prochain.

« Beaucoup voient dans l’enseignement en ligne une occasion à saisir pour atteindre la mission fondamentale de l’UQAM en ce qui a trait à l’accessibilité et la réussite des étudiantes et étudiants, soutient Jenny Desrochers, directrice du service des communications de l’UQAM. Cela rejoint une demande formulée par bon nombre d’étudiants. »

L’accroissement du nombre de salles de classe virtuelle survient alors que la pandémie ne justifie plus cette distance entre le professeur et les étudiants. Les cours se donnent principalement en personne depuis deux sessions.

« Personne n’est foncièrement contre l’enseignement en ligne », commente Louis Gaudreau, représentant du Syndicat des professeurs de l’UQAM, bien qu’il conserve quelques réserves. Encore faut-il que « la vie universitaire au sens large » soit préservée, note-t-il. « Sur un campus, avec des cafés étudiants, des associations étudiantes, des centres de diffusions, des colloques, il y a une vie intellectuelle qui fait partie de la formation qu’on reçoit à l’université ».

À cela s’ajoutent les difficultés techniques que pose le mode hybride, dans lequel les professeurs doivent jongler avec plusieurs publics simultanément.

« Un soutien additionnel sera alloué cet automne au corps enseignant pour l’enseignement des cours en ligne », répond Mme Desrochers, citant des guides « technopédagogiques » déployés pendant la pandémie.

La « précipitation » avec laquelle l’UQAM bonifie son catalogue de cours en ligne pose également problème pour le syndicat, car « rien dans les conventions collectives ne balise l’attribution des cours en ligne », souligne M. Gaudreau. « Les choses ne se font pas dans le bon ordre. Il faudrait minimalement que ça soit justifié sur le plan de la mission universitaire et pas juste du point de vue mercantile de générer des inscriptions à l’université. »

De son côté, l’Université estime que ce virage numérique pourra « faciliter l’accès de toutes et tous aux études, notamment les personnes qui concilient travail, études et famille ».

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