Les inscriptions en maternelle 5 ans en baisse à Montréal

La CSSDM prévoit qu’une vingtaine de classes de maternelle 5 ans seront retranchées en raison de la baisse d’inscriptions, qui se chiffre à environ 250 actuellement.
Renaud Philippe Le Devoir La CSSDM prévoit qu’une vingtaine de classes de maternelle 5 ans seront retranchées en raison de la baisse d’inscriptions, qui se chiffre à environ 250 actuellement.

Le nombre d’inscriptions en maternelle 5 ans est en baisse dans les écoles montréalaises. Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) et le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB) accueilleront environ 550 élèves en moins en septembre prochain, selon les dernières données disponibles.

Le CSSDM prévoit qu’une vingtaine de classes de maternelle 5 ans seront retranchées en raison de la baisse d’inscriptions, qui se chiffre à environ 250 actuellement. Son responsable des relations de presse Alain Perron explique la situation « par la baisse importante de l’immigration au cours des deux dernières années, du départ de certaines jeunes familles vers les couronnes de Montréal et la baisse de la natalité dans les années 2015 à 2019 ».

Le CSSMB, lui, enregistre pour le moment une diminution de 295 élèves dans les classes de maternelle 5 ans à la prochaine rentrée. À l’instar du CSSDM, il souligne que ce portrait est « provisoire », les inscriptions pouvant varier d’ici la rentrée scolaire, « et ce, à la suite des déménagements et à l’accueil de nouveaux arrivants ».

Au Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île (CSSPI), on signale que « les prévisions ministérielles annoncent une légère baisse » de 20 élèves en maternelle 5 ans pour la rentrée. Les inscriptions actuelles sont aussi en baisse par rapport au 30 septembre dernier. « C’est comme cela chaque année, indique-t-on, dans un courriel. De nombreux parents inscrivent tardivement leur enfant à la maternelle. » Le CSSPI dit anticiper « de nombreuses inscriptions en provenance de l’immigration ».

Baisse « inédite »

L’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire juge « inédite » cette diminution importante des inscriptions, les écoles ayant été habituées à une croissance du nombre d’élèves au cours des dernières années.

« Généralement, à partir du mois de mars, on a une vision assez solide du nombre d’élèves qu’on accueillera l’année suivante, dit sa présidente, Kathleen Legault. Ça m’étonnerait que ça augmente énormément d’ici la prochaine rentrée. »

Selon elle, plusieurs facteurs pourraient expliquer cette baisse : moins d’immigrants en raison de la fermeture des frontières durant la pandémie, scolarisation à la maison (la maternelle 5 ans n’est pas obligatoire) et exode des familles hors de Montréal. « Le fait qu’il n’y ait pas de petits comme ça, il faut se questionner, dit Kathleen Legault. Est-ce que les familles trouvent que l’environnement montréalais, c’est abordable quand on a une famille ? C’est compliqué peut-être pour une famille de se loger à Montréal. Avec le télétravail, c’est peut-être plus facile d’être éloigné de la grande région métropolitaine. Ça ouvre des avenues nouvelles aux familles. »

Le CSSDM précise qu’il prévoit l’ajout d’une dizaine de classes de maternelle 4 ans en 2022-2023. Le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Île en créera quatre de plus en 2022-2023.

Le gouvernement Legault a promis d’offrir la maternelle 4 ans de façon universelle lors de la dernière campagne électorale. Québec dit maintenant la déployer de « façon progressive à travers les écoles de la province ».

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