Dix ans plus tard, les étudiants reprennent la rue

Les droits de scolarité sont désormais indexés en fonction de la variation du «revenu disponible des ménages par habitant».
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Les droits de scolarité sont désormais indexés en fonction de la variation du «revenu disponible des ménages par habitant».

Dix ans après la grande manifestation qui a lancé le Printemps érable, en 2012, les étudiants remettent ça. Des milliers de cégépiens et d’universitaires doivent entamer mardi une grève de quatre jours pour la gratuité scolaire. D’autres militent plutôt pour qu’on limite la hausse des droits de scolarité, en ce jour de présentation du budget à Québec.

Une marche étudiante doit se mettre en branle à 13 h à la place du Canada, au centre-ville de Montréal. C’est à cet endroit qu’avait pris naissance la mobilisation extraordinaire du Printemps érable, il y a 10 ans. Une marée humaine de plus de 100 000 personnes avait déferlé ce jour-là, en 2012.

« Il est plus que temps de se mobiliser à nouveau pour réclamer que l’éducation ne soit pas un bien de consommation et soit gratuite », clament les associations étudiantes qui tentent de relancer la ferveur militante d’il y a une décennie.

Plus de 82 000 étudiants de l’Université de Montréal, de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), d’autres universités et d’une dizaine de cégeps, selon les organisateurs, seront en grève à compter de mardi. Cela représente un peu plus de 16 % de l’effectif des cégeps et des universités (qui accueillent au total environ 492 000 étudiants).

Limiter la hausse

 

L’Union étudiante du Québec (UEQ), qui représente plus de 91 000 étudiants universitaires, n’a pas pris position au sujet de la grève, mais appuie tout de même ses associations qui ont voté la levée des cours. « On soutient toute mobilisation qui vise à améliorer l’accès aux études », dit Jonathan Desroches, président intérimaire de l’UEQ.

Le représentant étudiant sera à la présentation du budget du gouvernement Legault, mardi à Québec. L’UEQ cherche à freiner la hausse des droits de scolarité universitaires, qui serait de 8,2 % pour l’année 2022-2023, selon la formule établie en 2013 dans la foulée du Printemps érable. Cette hausse représenterait une facture supplémentaire de 223 dollars par année pour les étudiants.

Les droits de scolarité sont désormais indexés en fonction de la variation du « revenu disponible des ménages par habitant ». La hausse moyenne des droits de scolarité depuis 2013 est de 2,6 % par année, selon les chiffres officiels, mais en 2020, l’indice a augmenté de 8,2 %, indiquent les données dévoilées au cours des derniers jours par l’Institut de la statistique du Québec. C’est ce pourcentage qui servira pour l’indexation en 2022-2023.

Cette hausse de 8,2 % des revenus des ménages a sans doute été « gonflée artificiellement » par l’aide gouvernementale en temps de pandémie, fait valoir l’UEQ.

« Cet indice ne demeure qu’un guide. La ministre de l’Enseignement supérieur pourrait proposer une méthode de calcul d’indexation différente sans déroger aux ententes de 2013 », précise Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur.

Cette formule « ne limite pas non plus les pouvoirs de recommandation » du Comité consultatif sur l’accessibilité financière aux études, précise-t-il. Les consultations seront lancées prochainement, souligne Bryan St-Louis.

Coût de la vie

 

Jonathan Desroches plaide pour qu’on limite le plus possible la hausse des droits de scolarité, compte tenu de l’inflation record qui plombe le budget des étudiants. Il réclame aussi une hausse de l’aide financière aux études, dans ce contexte d’explosion du coût de la vie.

L’UEQ continue aussi de militer pour la rémunération des stages des étudiants, après des gains des stagiaires en enseignement et en psychologie. Jonathan Desroches se réjouit aussi de l’adoption au cours de l’hiver du projet de loi 14, qui accorde aux stagiaires des congés payés et des protections contre le harcèlement psychologique et sexuel en milieu de travail.

Une autre manifestation, pour le climat celle-là, est prévue vendredi. Des élèves du secondaire pourront s’y joindre, du moins à Montréal, puisque ce sera une journée pédagogique au Centre de services scolaire de Montréal.

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