Un don de 40 millions de dollars à l’Université de Montréal

L’argent servira à concrétiser un programme en entrepreneuriat ouvert aux étudiants de toutes les facultés. La moitié de la somme financera la construction d’un nouveau pavillon évalué à 150 millions, et l’Université espère que Québec allongera une partie du montant.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’argent servira à concrétiser un programme en entrepreneuriat ouvert aux étudiants de toutes les facultés. La moitié de la somme financera la construction d’un nouveau pavillon évalué à 150 millions, et l’Université espère que Québec allongera une partie du montant.

L’Université de Montréal (UdeM) a reçu un don « sans précédent » de 40 millions de dollars remis par Québecor et la Fondation Chopin-Péladeau, qui servira à concrétiser un programme en entrepreneuriat à grande échelle ouvert aux étudiants de toutes les facultés.

La moitié servira à financer la construction d’un nouveau pavillon évalué à 150 millions de dollars, et l’établissement espère que Québec allongera une partie du montant.

« C’est pour honorer la mémoire de notre père, a lancé Pierre Karl Péladeau lors de l’annonce, mercredi, en compagnie du recteur de l’UdeM, Daniel Jutras. Je peux vous assurer que c’est un homme exceptionnel, un homme qui a toujours cru aux vertus de l’éducation. »

Le nouveau pavillon, qu’on souhaite à « la fine pointe de la technologie », sera donc nommé en l’honneur du fondateur de Québecor, Pierre Péladeau. Il s’agit du don unique le plus important jamais octroyé à une université francophone au Canada, a indiqué le recteur.

Penser autrement, et en français

 

« Avec ce don sans précédent, nous posons une pierre sur laquelle l’Université de Montréal bâtira une culture entrepreneuriale engagée et responsable, a souligné Daniel Jutras. On sortira des sentiers battus, on innovera, on pensera autrement et on le fera en français. »

Vingt millions de dollars du don de la famille Péladeau financeront la construction du pavillon, qu’on espère voir achevé dans un horizon de cinq ans, sur le campus MIL. L’université contribuera elle aussi financièrement à la construction, mais l’aide du gouvernement pourrait s’avérer nécessaire, à une ampleur qui n’est pas encore claire.

« La portion gouvernementale n’est pas encore estimée. Il faut que ces projets soient approuvés par Québec, et nous n’en sommes pas encore à cette étape, mais on espère obtenir son soutien », a précisé le recteur.

Implantation au printemps

 

En attendant, le programme entrepreneurial baptisé Millénium Québecor verra le jour progressivement à partir de ce printemps, et l’UdeM planifie louer des locaux pour coordonner ses activités. « Il y aura des activités de sensibilisation », a mentionné Daniel Jutras.

Le programme sera offert dans sa version complète possiblement en 2023, une fois approuvé par les instances de l’université, et pourrait aussi exister sous forme de mineure. Ce qui devrait permettre l’embauche de professeurs supplémentaires.

À terme, on souhaite offrir formation, mentorat, stages, locaux et financement aux étudiants de toutes les disciplines qui souhaitent démarrer une jeune pousse ou une entreprise d’économie sociale. Ceux-ci seront accompagnés pendant tout leur cheminement universitaire, et le programme sera crédité.

« Il n’y a pas de grande université dans le monde qui n’a pas de programme costaud pour soutenir l’entrepreneuriat de ses étudiants. Nous en avons un ici en ce moment, mais il est à petite échelle », a mentionné Daniel Jutras. Un sondage effectué par l’UdeM en 2019 montre que 30 % des étudiants envisageraient de réaliser un projet entrepreneurial.

Le dirigeant espère par ailleurs que ce don de grande envergure en entraînera d’autres. L’établissement compte près de 400 000 diplômés et reçoit près de 14 000 dons annuellement, qui tournent en moyenne autour de quelques centaines de dollars.

« Quarante millions, c’est un ordre de grandeur qui nous sort complètement de nos habitudes, a dit Daniel Jutras. J’ai bon espoir que ce soit un signal non seulement pour les grands philanthropes, mais aussi pour nos diplômés. »

30%
C’est le pourcentage d’étudiants qui envisageraient de réaliser un projet entrepreneurial, selon un sondage effectué par l’UdeM en 2019.

Les universités francophones accusent « sans aucun doute » un retard par rapport aux établissements anglophones en matière de philanthropie, a-t-il ajouté. Le fonds de dotation de l’Université de Montréal est de près de 400 millions de dollars, a-t-il illustré, alors que pour d’autres grandes universités canadiennes, il se chiffre à des milliards de dollars.

Philanthropie n’est pas synonyme de mainmise sur les orientations de l’université, pense-t-il. « Ce serait une erreur de dire que les activités de l’université sont dirigées par les philanthropes. Le projet dont on parle, c’est nous qui l’avons proposé à M. Péladeau et Québecor », a-t-il souligné.

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