Le plein air au cœur de la vie des élèves de l'école Saint-Fabien

Caroline Rodgers
Collaboration spéciale
Les activités extérieures se déroulent dans les parcs urbains des alentours et varient au gré des saisons.
Photo: Photo fournie par l'école Saint-Fabien Les activités extérieures se déroulent dans les parcs urbains des alentours et varient au gré des saisons.

Ce texte fait partie du cahier spécial Semaine des enseignants

À l’école primaire Saint-Fabien, située dans Mercier-Ouest, l’éducation physique a pris depuis trois ans une couleur bien agréable : une grande partie des cours se déroule en plein air.

Les activités extérieures se déroulent dans les parcs urbains des alentours et varient au gré des saisons : ski de fond, raquette, patin à glace, randonnée, vélo, trottinette et course d’orientation.

Deux enseignants spécialistes en éducation physique, Jennifer Laperle et David Côté, sont au cœur de cette initiative très populaire auprès des 550 élèves de la maternelle à la sixième année.

Pour le moment, environ 50 % des cours d’éducation physique ont lieu à l’extérieur, et durant les prochaines années, avec l’arrivée de nouveaux équipements — lesquels se font attendre en raison des pénuries causées par la pandémie —, cette proportion devrait atteindre 80 %.

« Les élèves sont toujours enthousiastes, et cela leur fait découvrir les parcs de leur quartier, ce qui ajoute aux activités qu’ils peuvent faire avec leur famille, dit Jennifer Laperle. On a souvent des élèves qui retournent avec leurs parents aux endroits qu’ils ont découverts en classe. Ce sont des lieux accessibles à tout le monde, et c’est notre but, car les saines habitudes de vie se développent plus facilement quand on peut s’adonner à nos activités près de chez nous. »

Le développement des transports actifs comme le vélo et la trottinette fait partie du programme, surtout pour les élèves de cinquième et sixième années. Prochainement, les élèves de maternelle et de première année auront des vélos d’équilibre, sans pédales.

80 %
C'est le pourcentage de cours d’éducation physique qui se dérouleront à l’extérieur d’ici quelques années.

Autre activité populaire : la course d’orientation. Elle s’inspire du « geocaching », une activité de type chasse au trésor assistée par des téléphones ou des tablettes, mais au lieu de recourir à des appareils électroniques, en course d’orientation, on utilise de vraies cartes pour apprendre à s’orienter dans les parcs du quartier.

En hiver, avec les classes des plus jeunes, le simple fait de s’habiller assez rapidement pour aller dehors sans trop empiéter sur le temps de cours représente un défi et fait partie de l’apprentissage. Les parents sont d’ailleurs informés à l’avance pour que leurs enfants apportent des vêtements adéquats.

Au-delà du programme d’éducation physique, quatre ou cinq sorties de plus grande envergure ont lieu durant l’année.

Des sports inclusifs

 

Les adultes qui ont déjà vécu l’humiliation d’être choisis en dernier comme équipiers au soccer ou au basketball durant leurs années d’école s’entendent sur le fait que les sports individuels, comme le ski de fond ou le vélo, ont l’avantage de permettre plus facilement à chaque élève d’évoluer à son rythme et son niveau.

« On choisit des sports inclusifs, dit David Côté. Quand on s’en va à ski de fond avec nos élèves de sixième année, dans le parc, c’est possible de trouver des défis à réaliser pour ceux qui ont l’habitude d’en faire, tout en s’occupant de ceux qui n’ont jamais essayé. Le but, c’est d’amener les élèves à être intéressés, d’allumer une petite flamme, et plus tard, s’ils aiment cela, ils vont en faire par eux-mêmes. »

De plus, l’école possède de l’équipement pour permettre aux élèves moins favorisés de participer à tous les sports avec les autres. Si un élève possède un vélo, il peut l’apporter, mais celui qui n’en a pas pourra emprunter un vélo à l’école.

« La population de l’école a doublé au cours des dernières années, et tout le monde n’est pas aussi favorisé, dit Jennifer Laperle. On a beaucoup de familles de nouveaux arrivants et de familles moins aisées. Autrefois, tous les élèves avaient des vélos, mais ce n’est plus le cas de nos jours. »

Plus tard, lorsque la situation sanitaire le permettra, les deux enseignants comptent même initier les élèves aux joies du camping urbain.

 

L’inspiration

L’implantation d’un tel projet dans une école requiert la participation de tous. Au-delà des professeurs d’éducation physique, la direction et l’ensemble du personnel enseignant sont impliqués dans la réussite de cette aventure.

« Nos collègues ont adhéré rapidement au projet, car ils se rendent compte de ce que ça apporte à leurs élèves, dit David Côté. Ils sont là pour nous aider, et c’est devenu un projet commun à toute l’école. En plus, certains enseignants ont commencé à faire de l’enseignement en plein air. Ils se rendent compte du plaisir d’aller enseigner les mathématiques ou le français à l’extérieur, dans les parcs. »

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