Des salaires revus pour les professeurs retraités qui reviennent enseigner

En faisant appel aux retraités, le ministre Roberge souhaite pallier une part de la pénurie d’enseignants du réseau public.
Renaud Philippe Le Devoir En faisant appel aux retraités, le ministre Roberge souhaite pallier une part de la pénurie d’enseignants du réseau public.

Fini le système à deux vitesses pour les enseignants qui sortent de leur retraite pour contribuer pendant la pandémie. Québec a modifié le décret qui forçait une partie d’entre eux à revenir à l’échelon salarial de départ à leur retour en classe.

Depuis septembre 2020, les professeurs retraités qui voulaient prêter main-forte dans les écoles du Québec pendant la pandémie se voyaient remettre leur salaire préretraite seulement s’ils avaient quitté le réseau après juillet 2015. Le reste des intéressés retombait à la case départ : l’échelon salarial numéro un.

Or, depuis samedi, cette exigence ne tient plus. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a signé un arrêté ministériel pour corriger le tir. Et une lettre a été acheminée aux syndicats.

« Le moment de la prise de retraite n’a plus d’impact quant à l’admissibilité à cette mesure pour la personne qui souhaite revenir au travail », peut-on lire dans la missive.

Cet ajustement est exigé depuis un long moment par les syndicats en éducation du Québec, qui se sont réjouis lundi d’avoir obtenu gain de cause. « Depuis la sortie du premier arrêté, c’était inacceptable. Chaque fois qu’on rencontrait quelqu’un du ministère, on rappelait que c’était un non-sens », a soutenu lundi soir la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini.

Selon la représentante syndicale, cette mesure « âgiste » privait le réseau d’un lot de professionnels.

Approche par décrets

 

En faisant appel aux retraités, Jean-François Roberge souhaite pallier une part de la pénurie d’enseignants du réseau public. Il affirme avoir réembauché 700 personnes l’an dernier et compte en partie sur ceux qui réintègrent le réseau pour ajouter 8000 professionnels en cinq ans. Pour le moment, le cabinet du ministre n’a pas été en mesure d’évaluer combien coûteraient les ajustements de la fin de semaine.

À la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), on presse le ministre Roberge d’assurer la pérennité de sa mesure. « La FAE et le gouvernement n’ont pas conclu d’entente qui permettrait de tenir compte des effets de la fin des décrets », a souligné dans une déclaration écrite le président du syndicat, Sylvain Mallette.

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