La tournée des cégeps

Hélène Roulot-Ganzmann
Coordinatrice aux publications spéciales
Depuis 2017, Dawson mène un projet d’élevage de monarques, ces papillons qui ont récemment été ajoutés à la liste des espèces menacées.
Photo: Collège Dawson Depuis 2017, Dawson mène un projet d’élevage de monarques, ces papillons qui ont récemment été ajoutés à la liste des espèces menacées.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Une solution à la pénurie de main-d’œuvre

Si elle touche tout le Québec, la pénurie de main-d’œuvre s’avère encore plus prégnante en région, où de multiples postes sont à pourvoir. La solution passerait-elle par les cégeps régionaux ? C’est ce qu’affirme le Regroupement des cégeps de régions (RCR). Ce rassemblement, qui fédère 12 cégeps répartis dans les régions éloignées — Abitibi-Témiscamingue, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et Saguenay–Lac-Saint-Jean —, soutient que la présence de ses établissements partout sur le territoire est d’une importance cruciale pour le développement économique de la province. Il rappelle que la décision d’étudier dans les grands centres comme Montréal s’accompagne d’une charge financière qui n’est pas envisageable pour tous les étudiants et qu’a contrario, attirer en région des étudiants en provenance de toute la province, voire de l’international, est un premier pas vers leur installation là-bas à long terme. À l’heure où le gouvernement autorise plus de 20 000 places supplémentaires dans les cégeps du Grand Montréal, le RCR en appelle au ministère de l’Éducation supérieure pour que les travaux démarrés ces derniers mois aboutissent à des actions concrètes en matière notamment de bonification des programmes collégiaux au sein des régions.

Bâtir une société verte et durable grâce aux CCTT

Les centres collégiaux de transfert de technologie et de pratiques sociales (CCTT), qui relèvent des cégeps et de certains collèges privés, ont pour mandat d’exercer des activités de recherche appliquée, d’aide technique, de formation et de diffusion d’information en vue de contribuer à l’élaboration et à la réalisation de projets d’innovation technologique et sociale. Ils sont ainsi en première ligne pour transformer l’économie québécoise, l’amenant à devenir plus verte, responsable et durable. « Ce que nous voyons apparaître de plus en plus à l’intérieur des centres, c’est la présence de plusieurs projets et réorientations qui vont en ce sens », explique Gregory Hersant, coordonnateur au soutien à la recherche au réseau Synchronex, qui fédère les 59 CCTT de la province. « Dans le domaine du textile, illustre-t-il, le Centre de recherche et d’innovation en habillement (Vestechpro) du cégep Marie-Victorin et le Centre d’excellence des textiles techniques, des géosynthétiques et des matériaux avancés à base de textile (Groupe CTT) à Saint-Hyacinthe ont entamé plusieurs projets de recherche qui intègrent la notion de durabilité. »

Des monarques au collège Dawson

Depuis 2017, Dawson a planté plus de 400 plants d’asclépiades dans le cadre de son projet d’élevage de monarques, ces papillons qui ont récemment été ajoutés à la liste des espèces menacées. Des plantes indigènes à fleurs ont également été cultivées comme source de nourriture pour les papillons adultes. Le projet prend la forme d’un enclos situé sur le toit du gymnase, surveillé quotidiennement par des bénévoles, où les chenilles sont conservées et protégées des guêpes parasites. Trois ans plus tard, les monarques sauvages ont commencé à visiter les lieux et à pondre des œufs sur les asclépiades. Espace pour la vie de Montréal a attribué la certification « Oasis pour les monarques » au site de Dawson, et le Collège a reçu une reconnaissance institutionnelle dans le cadre du Sustainable Campus Index (SCI), un indice qui salue les collèges et les universités qui contribuent le mieux à la durabilité mondiale.

Le cégep de Sept-Îles, véritable milieu de vie

Plusieurs projets sont sur sa table à dessin, à commencer par la création d’un pavillon de Groupe de médecine familiale universitaire (GMFU) ayant pour objectif d’attirer une douzaine de médecins qui superviseraient des étudiants de l’Université Laval. Sachant que les jeunes restent généralement dans la région où ils font leur stage, le CISSS Côte-Nord a pour but avoué, avec son projet, de trouver une solution à la pénurie de médecins dans la région. Un pavillon consacré à la recherche et à l’innovation verra également le jour. Surtout, le campus se transformera en milieu de vie puisqu’une résidence étudiante autochtone y ouvrira prochainement ses portes. Cette réalisation vise à répondre à des besoins spécifiques en matière d’hébergement, les étudiants autochtones étant depuis longtemps aux prises avec des difficultés de garde d’enfants, ou encore de transport, pouvant compromettre leur réussite scolaire. En plus des studios accueillant des familles, les bâtiments abriteront ainsi un CPE, une maternelle 4 ans, un espace d’animation et une cuisine communautaire.

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