Des écoles prennent les devants et devancent les vacances de Noël

« Trop d’élèves et de membres du personnel ont été [déclarés] positifs à la COVID-19. » La direction de l’école Charles-Lemoyne, sur la Rive-Sud dans la région de Montréal, envoie tous ses élèves en vacances de Noël deux jours avant la date prévue. Ce dernier cas de fermeture rapide s’ajoute à d’autres, qui ont décidé de devancer le congé des Fêtes pour leurs élèves.

Les élèves du primaire et du secondaire de Charles-Lemoyne n’auront pas d’école lundi et mardi en raison des dizaines de cas ou de cas contacts de COVID-19 parmi les élèves et les professeurs. « Ces journées ne pourront pas avoir lieu, que ce soit en présence ou en mode virtuel », précise la direction dans un message envoyé aux parents. Ces journées annulées pour cas de « force majeure » seront toutefois reprises au courant de l’année scolaire, indique-t-on.

Le ministère de la Santé recense 37 établissements scolaires fermés ou partiellement fermés à cause d’un trop grand nombre de contaminations.

Ces fermetures complètes sont surtout le lot des écoles privées, car elles ont « la latitude » pour agir de la sorte, explique le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette. « Le gouvernement n’a pas donné l’autorisation aux centres de services scolaires de devancer et de faire sauter le calendrier scolaire. »

En Estrie, l’école des Quatre-Vents et l’école Notre-Dame-de-Liesse ont néanmoins confirmé dimanche qu’elles s’ajoutaient à la liste des écoles publiques ayant devancé les vacances de Noël. Chacun de ces établissements comptait des dizaines de cas pour quelques centaines d’élèves.

Les masques redeviennent obligatoires lundi pour tous les élèves du Québec, mais, malgré cela, la promiscuité dans les locaux risque de provoquer de nouvelles éclosions d’ici la fin des classes, selon M. Mallette. « Comme professeur, on se gratte la tête. J’ai 28 élèves dans ma classe. C’est mal aéré. C’est mal ventilé. Ils sont embarqués l’un par-dessus l’autre », expose-t-il.

Le ministère de la Santé a enregistré vendredi dernier 1453 écoles comptant au moins un cas positif sur les quelque 3000 que recense le Québec.

 

« La clef de voûte de la lutte contre la propagation du virus, c’est la question de l’aération et de la ventilation, clame le président de la Fédération, qui représente 44 000 enseignantes et enseignants. Il y a quatre fois moins d’éclosions dans le réseau scolaire de l’Ontario comparé au Québec, alors que l’Ontario a des millions de personnes de plus dans sa population. »

La vague Omicron se fait sentir un peu partout au Québec. La Santé publique a recensé 3846 nouveaux cas pour la journée de samedi, un nouveau sommet pour la province.

 

Les régions de l’Estrie et de Chaudière-Appalaches sont particulièrement touchées, avec respectivement 363 et 359 cas actifs par tranche de 100 000 habitants, selon l’Institut national de santé publique du Québec.

La situation continue aussi de s’aggraver dans les hôpitaux, où le nombre de patients est passé de 347 à 376. On recense 79 personnes aux soins intensifs, soit 5 de plus que la veille. Les tests de dépistage atteignent un plateau. Un total de 45 493 analyses ont été réalisées le 17 décembre. Le taux de positivité a bondi d’un point de pourcentage à 9,9.

Manifestation contre le vaccin

 

La défiance envers les mesures sanitaires a repris de plus belle quelques jours après le nouveau tour de vis du premier ministre. Près d’un millier de personnes ont battu le pavé du centre-ville de Montréal dimanche pour s’opposer à la dose de rappel contre la COVID-19, que les organisateurs appellent « l’autre booster ». Contre la « ségrégation » du passeport vaccinal, le gonflement supposé des statistiques ou encore le danger des vaccins : des protestataires de tout acabit s’étaient donné rendez-vous.

« Il y a tellement d’incohérences qu’on ne peut plus se fier à personne, a dit Pierre Gareau, rencontré dans la foule. Ils avaient dit 20 personnes à la fois, mais là, c’est rendu à 10, et je ne serais pas surpris d’avoir un confinement encore. »

« On sait qu’ils veulent sortir d’autres variants dans un futur proche. Ils veulent sortir d’autres doses, une troisième, une quatrième dose », craint un autre manifestant, Nicolas Van de Belbe.

La manifestation s’est déroulée dans le calme et le Service de police de la Ville de Montréal ne rapporte aucun incident.

Le gouvernement du Québec suspend les activités publiques des ministres

Le gouvernement québécois a suspendu les activités publiques des ministres en raison de l’augmentation rapide du nombre de cas de COVID-19 et de la hausse des hospitalisations, selon ce qu’a indiqué le cabinet du premier ministre François Legault au Devoir. Les conférences de presse et les annonces sont donc annulées, ainsi que la présence des ministres à des événements. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait été déclaré positif jeudi dernier. La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, et le ministre des Finances, Eric Girard, ont quant à eux été en contact avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a reçu un résultat positif samedi. La moyenne des nouveaux cas des sept derniers jours s’élève à 2820, une hausse de plus de 73 % par rapport à dimanche dernier.

Anne-Marie Provost Le Devoir

La mairesse Valérie Plante atteinte de la COVID-19

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a confirmé cette fin de semaine avoir reçu un résultat positif au test de dépistage pour la COVID-19. « Étant doublement vaccinée, je ne ressens heureusement que peu de symptômes liés au virus. Cela me permettra de poursuivre toutes mes activités en mode virtuel pendant ma période d’isolement », a précisé l’élue de Projet Montréal, âgée de 47 ans, sur les réseaux sociaux. Mme Plante et son équipe sont par ailleurs entrées en contact avec les personnes avec qui la mairesse a été en contact dans les derniers jours « afin de les inviter à prendre les mesures appropriées, prévues par la Santé publique ». Dans la foulée de la propagation rapide du variant Omicron de la COVID-19, Mme Plante a appelé les Montréalais « à la plus grande prudence en cette fin d’année ». « Le variant Omicron est particulièrement contagieux, et personne n’est à l’abri. Nous devons encore une fois faire preuve de résilience et de solidarité, mais nous traverserons ensemble cette nouvelle vague », a-t-elle ajouté.

La Presse canadienne



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