Retour du masque en classe dans la grande région de Québec

Le nombre élevé d’éclosions dans les écoles justifie la mesure, selon la direction de santé publique de la Capitale-Nationale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre élevé d’éclosions dans les écoles justifie la mesure, selon la direction de santé publique de la Capitale-Nationale.

La région de la Capitale-Nationale se hisse en haut du palmarès provincial en ce qui a trait à la vaccination des 5 à 11 ans. Malgré cette couverture vaccinale enviable, le masque s’apprête à redevenir obligatoire dans les classes des écoles primaires de la région.

Avec 60 % de ses 55 000 enfants de 5 à 11 ans désormais vaccinés ou ayant pris rendez-vous pour le devenir, la région de la Capitale-Nationale dépasse la moyenne québécoise de 47 % pour cette tranche d’âge.

Or, la Santé publique régionale préfère jouer de prudence. Elle annonçait, en milieu de semaine, le retour prochain du masque obligatoire dans les classes du primaire.

Le nombre élevé d’éclosions dans les écoles justifie la mesure, selon la direction de santé publique de la Capitale-Nationale.

Le masque revient aussi en classe dans le Grand Lévis

De l’autre côté du Saint-Laurent, les écoliers du Grand Lévis et de Lotbinière devront également recommencer à porter le masque en classe d’ici les prochains jours, sur ordre du ministère de la Santé. Là aussi, les milieux scolaires représentent d’importants foyers de transmission : avec 64 éclosions actives en date du 9 décembre, la Santé publique précise que les deux tiers des éclosions, en Chaudière-Appalaches, s’y trouvent.

Dans l’ensemble de Chaudière-Appalaches, le tiers des enfants ont reçu une première dose de vaccin contre la COVID-19. En comptant ceux qui ont pris rendez-vous pour le devenir, la couverture vaccinale chez les 5-11 ans s’élève à 50 %.

Désormais, seuls les écoliers de la sous-région de Montmagny-L’Islet échappent au port du couvre-visage en classe. Les petits Beaucerons sont sous le coup de la mesure depuis longtemps. Moins de 20 % d’entre eux sont vaccinés, selon les données du 10 décembre émises par la santé publique régionale.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches se réjouit toutefois que la hausse des cas de COVID-19 observés au cours de la dernière semaine ne se reflète pas dans les hôpitaux. Le nombre d’hospitalisations demeure stable, preuve, selon la santé publique, que le vaccin agit comme un rempart contre les symptômes graves. Le virus de la COVID-19 a infecté 718 personnes au cours de la dernière semaine en Chaudière-Appalaches. Parmi celles-ci, 70 % n’étaient pas adéquatement vaccinés.

De l’avis de l’épidémiologiste Gaston De Serres, la couverture vaccinale, présentement, ne suffit pas à abandonner certaines mesures sanitaires dans les milieux scolaires.

« La première chose qui me guiderait pour imposer le masque, ce n’est pas la couverture vaccinale parce que ça prend 14 jours avant d’avoir une bonne protection. Si un jeune se fait vacciner aujourd’hui, il faudra attendre à Noël pour qu’il soit bien protégé », souligne-t-il.

Il croit que le port du masque est justifié en raison de la hausse soutenue des cas dans les deux régions.

« Quand on regarde les cas et l’effet boule de neige que ça peut entraîner, il faut tenter de freiner la transmission », croit-il. « Imposer le masque, compte tenu de la montée soutenue des cas, c’est certainement avantageux pour freiner la montée d’une nouvelle vague. »



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