Les syndiquées de la CSQ en CPE déclencheront une grève illimitée le 9 décembre

Les travailleuses en CPE syndiquées à la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, sont déjà en grève illimitée depuis mercredi matin.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les travailleuses en CPE syndiquées à la Fédération de la santé et des services sociaux, affiliée à la CSN, sont déjà en grève illimitée depuis mercredi matin.

Les travailleuses de la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ), affiliée à la CSQ, exerceront bel et bien leur mandat de grève illimitée, à compter de jeudi prochain dans les CPE où elles ont des membres.

La présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, en a fait l’annonce, vendredi, au cours d’une conférence de presse qui a suivi celle de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

Les deux plus grandes organisations syndicales qui représentent des travailleuses dans les Centres de la petite enfance (CPE) au Québec seront donc en grève illimitée en même temps, à compter de jeudi prochain.

Mme Grenon a dit avoir arrêté la date du 9 décembre « pour les parents », afin de leur donner plus de temps pour trouver une solution de rechange au service de garde. Elle souhaite également donner plus de temps à la négociation avec Québec.

Plus tôt vendredi, la ministre LeBel avait pourtant affirmé avoir « rejoint les objectifs et les priorités » des syndicats en ayant bonifié son offre.

Mais c’est trop peu, a répliqué Mme Grenon.

Elle affirme que l’offre de Québec, qui était de 6 % à 9,3 % sur trois ans, selon le titre d’emploi, pour les employées de soutien dans les CPE, est tout simplement passée de 6 % à 12,5 % pour certaines (en incluant un montant forfaitaire en 2022), ce qui donne une moyenne pondérée de 11 %.

Mme Grenon réfute les reproches de rigidité syndicale adressés par la ministre LeBel. Elle soutient que la FIPEQ a réduit ses demandes de l’ordre de 86 millions de dollars depuis le début de la négociation.

Elle rappelle d’ailleurs que le gouvernement fédéral doit verser 6 milliards de dollars sur cinq ans au Québec et qu’il a donc les moyens de mieux payer à la fois les éducatrices et les employées de soutien.

Québec avait convoqué les trois organisations syndicales, vendredi matin, pour leur présenter cette offre.

Maintenant, la ministre LeBel affirme que les syndicats « négocient à l’envers », haussant leurs demandes lorsqu’elle fait des pas vers eux.

« Ce n’est pas actuellement une bataille d’égos. Ce n’est pas non plus une bataille de “mon père est plus fort que le tien”. On est face à des femmes, à des professionnelles qui veulent gagner leur vie dignement, en travaillant avec ce qu’il y a de plus précieux : nos et vos enfants. On est face à des héroïnes de la petite enfance, qui se battent pour sauver le réseau de la petite enfance au Québec », a répliqué Mme Grenon.

La FSSS continue

Quant à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliée à la CSN, elle est déjà en grève illimitée depuis mercredi matin. Elle en était donc vendredi à sa troisième journée de grève illimitée.

Et la FSSS non plus n’a pas été emballée par l’offre bonifiée de Québec, puisqu’elle a l’intention de déposer à son tour une contre-proposition.

« Nous sommes prêts à continuer à négocier toute la fin de semaine pour tenter d’en venir à une entente le plus rapidement possible, mais nous déplorons l’attitude du gouvernement, qui continue de véhiculer de fausses informations dans le but de tromper la population et de discréditer les syndicats », a répliqué la représentante des CPE à la FSSS, Stéphanie Vachon.

Pour ce qui est de l’éventualité d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève, la ministre LeBel l’a encore une fois écartée, disant préférer en venir à une entente avec les organisations syndicales.

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