Une école pour les leaders autochtones voit le jour au Québec

Les cours auront lieu en anglais et en français, tour à tour dans les locaux de HEC Montréal et dans certaines communautés autochtones. Ils pourront également être suivis en ligne.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Les cours auront lieu en anglais et en français, tour à tour dans les locaux de HEC Montréal et dans certaines communautés autochtones. Ils pourront également être suivis en ligne.

La première école destinée aux dirigeants des Premières Nations du Québec, en collaboration avec HEC Montréal, a été lancée jeudi dans la métropole. L’objectif : former les leaders de demain qui deviendront des agents de changement dans les communautés.

« L’amélioration des conditions socioéconomiques passe par l’éducation », a plaidé Ken Rock, directeur général de la Société de développement économique Uashat mak Mani-utenam. Avec Manon Jeannotte, consultante en développement des affaires et gouvernance des Premières Nations, il travaille sur le projet d’École des dirigeants des Premières Nations (EDPN) depuis environ un an.

« C’est énorme pour nous. C’était un rêve », a affirmé Mme Jeannotte.

Une quinzaine de chefs, grands chefs et présidents de conseils d’administration constituent la première cohorte, qui amorcera son apprentissage le 9 décembre 2021. Cette école s’adressera également aux entrepreneurs.

Le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a loué cette initiative. « On voit apparaître de plus en plus d’entreprises dans nos communautés, mais il y a encore beaucoup de travail à faire pour atteindre la pleine participation dans l’économie », a-t-il indiqué.

Le directeur de l’École des dirigeants HEC Montréal, Serge Lafrance, a qualifié ce projet d’« unique et historique ». « En 1907, la Chambre de commerce de Montréal a permis la mise en place de notre école avec le but avoué d’établir un establishment d’affaires francophone, ce qui deviendra le Québec inc. On voit aujourd’hui le résultat pour la prospérité économique et sociale. De la même manière, le projet de l’EDPN est un projet d’affirmation, ouvert sur les autres communautés et la société civile », a-t-il dit.

Partage de connaissances

Le parcours offert, d’une durée de six mois, sera centré sur les besoins particuliers de ces communautés, dont les réalités d’affaires et les organisations administratives sont spécifiques. Élus, professeurs de HEC et formateurs autochtones partageront leurs connaissances et leurs expériences terrain. « Les Cris ont beaucoup d’expérience avec Hydro-Québec. Les Innus ont beaucoup d’expérience avec les mines », a souligné M. Rock à titre d’exemple. « On va faire émerger les meilleures techniques de gestion et d’affaires », a-t-il ajouté.

Le chef de la communauté innue de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, sera à la fois étudiant et formateur sur la thématique de la collaboration dans les organisations. « On a été cloisonnés dans nos communautés tellement longtemps, donc on ne nous a pas offert la possibilité de travailler en partenariat, en collaboration avec les instances régionales et les entreprises. Mais ça s’apprend. Ce n’est pas nécessairement facile, mais c’est incontournable », a dit M. Dominique.

M. Dominique estime que les élus et les gestionnaires de sa communauté pourront bénéficier de cette formation et du réseautage qui accompagnera le tout.

L’école se veut accessible, autant physiquement que financièrement. Les cours auront donc lieu en anglais et en français, tour à tour dans les locaux de HEC Montréal et dans certaines communautés autochtones. Ils pourront également être suivis en ligne. Ils seront offerts gratuitement, grâce à des partenaires du secteur public et privé qui n’ont pas été dévoilés à la conférence de presse. Les participants obtiendront, à l’issue de la formation, une certification universitaire.

Rendez-vous économique

Cette annonce avait lieu dans le cadre du Grand cercle économique des Peuples autochtones et du Québec, qui réunit jusqu’à vendredi à Montréal des centaines d’élus et des entrepreneurs de diverses nations autochtones. Des représentants du milieu d’affaires québécois participent à l’événement, comme le président-directeur général de La Maison Simons, Peter Simons, et la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Sophie Brochu. En plus du premier ministre François Legault, plusieurs ministres provinciaux sont attendus vendredi, dont le ministre des Finances, Éric Girard, et la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel.

Pour sa part, le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a souligné qu’il s’agissait du premier rendez-vous économique de cette envergure depuis 15 ans. Il a souligné que la relance économique ne pouvait pas se faire sans les Premières Nations. « On commence à travailler ensemble pour le futur », a-t-il dit.

À voir en vidéo