Québec ajoute 10 millions pour la culture à l’école

Une nouvelle plateforme numérique nommée Influx donnera accès d’ici décembre 2022 à 400 œuvres dans des disciplines comme les arts plastiques, la danse, la musique ou l’art dramatique.
Photo: iStock Une nouvelle plateforme numérique nommée Influx donnera accès d’ici décembre 2022 à 400 œuvres dans des disciplines comme les arts plastiques, la danse, la musique ou l’art dramatique.

Le gouvernement Legault investit 10 millions de dollars supplémentaires par année pour l’accès à la culture dans les écoles. Deux nouvelles plateformes numériques donneront notamment accès à des centaines d’œuvres québécoises dans toutes les disciplines. Des sommes sont aussi prévues pour l’embauche de 200 bibliothécaires scolaires.

La Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE-CSQ) a salué cet engagement à recruter des bibliothécaires, qui viendrait plus que doubler l’effectif actuel. Le syndicat indique que Québec compte, selon les données les plus récentes, 148 bibliothécaires scolaires, ce qui représente l’équivalent de 119 employés à temps plein ; 18 des 72 commissions scolaires du Québec n’ont aucun bibliothécaire, selon la FPPE.

En raison du manque d’espace, plusieurs écoles ont fait le choix de sacrifier les bibliothèques pour aménager des classes.

« Comment, dans ces conditions, accueillera-t-on ces nouvelles ressources dans le réseau et dans quelle mesure seront-elles capables de déployer leur expertise ? Est-ce que le gouvernement a un plan pour atteindre ses objectifs ou est-ce seulement une promesse électorale ? Quand espère-t-on avoir embauché ces 200 bibliothécaires ? Quelle part des 10 millions de dollars par année alloués aux bibliothèques scolaires dans le budget du Québec sera consacrée à cette mesure ? Comment, en période de pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement compte-t-il attirer des bibliothécaires dans le réseau ? Plusieurs questions restent en suspens », a déclaré le président de la FPPE, Jacques Landry, dans un communiqué.

Autres appuis à la culture

Québec a aussi annoncé une révision de la rémunération des artistes invités dans les écoles, qui doit mener à une hausse des tarifs à compter de l’année scolaire 2022-2023. « La réflexion en lien avec les honoraires sera faite avec l’aide du milieu artistique », ont indiqué lundi les ministres de l’Éducation, Jean-François Roberge, et de la Culture, Nathalie Roy.

La rémunération accordée aux artistes n’a pas fait l’objet de révision ni d’indexation depuis la mise en place du programme La culture à l’école, en 1999.

L’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a accueilli favorablement cette annonce, « qui fait écho à de multiples revendications menées par l’UNEQ et par certains de [ses] membres depuis trop longtemps », a indiqué le directeur général, Laurent Dubois, dans un communiqué.

« Les modalités de cette augmentation n’ont pas été dévoilées, mais nous militerons pour que, dorénavant, la grille de tarifs évolue régulièrement, comme c’est le cas pour la majorité des salaires au Québec, en fonction de l’augmentation des prix à la consommation », a-t-il ajouté.

De plus, le site Biblius donnera accès gratuitement aux élèves et au personnel scolaire à 400 œuvres littéraires québécoises. Québec paiera les droits d’auteur. L’UNEQ compte surveiller la mise en place de cette initiative.

Un nouveau programme permettra aux élèves du secondaire de créer des œuvres, avec l’aide de personnalités du milieu artistique, qui seront diffusées sur les réseaux sociaux ou à Télé-Québec en mai 2022. Les jeunes sont invités à s’inscrire sur le site lescreateurs.telequebec.tv.

« Ils pourront ensuite choisir l’un des quatre thèmes — l’humour, l’amour, l’horreur, ou le fantastique — puis mettre à profit leurs talents en écriture, en arts plastiques, en danse, en art dramatique ou en musique », ont précisé les ministres.

Une nouvelle plateforme numérique, nommée Influx, donnera accès d’ici décembre 2022 à 400 œuvres dans des disciplines comme les arts plastiques, la danse, la musique ou l’art dramatique. « Ces œuvres pourront être exploitées en classe grâce à des licences adaptées au contexte scolaire. Afin d’alimenter la plateforme Influx, un comité, composé notamment de membres du personnel scolaire représentant les quatre disciplines artistiques, sera mis sur pied », a indiqué le ministère de l’Éducation.

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