Concordia veut former des artistes complets

Flavie Boivin-Côté
Collaboration spéciale
Pour permettre aux travailleurs du secteur culturel d’ajouter des cordes à leur arc, la Faculté des beaux-arts a mis sur pied un nouveau programme court en scénarisation et production cinématographique.
Ashutosh K Gupta Pour permettre aux travailleurs du secteur culturel d’ajouter des cordes à leur arc, la Faculté des beaux-arts a mis sur pied un nouveau programme court en scénarisation et production cinématographique.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

« Il a fallu qu’on réinvente complètement notre enseignement, explique Annie Gérin, doyenne de la Faculté des beaux-arts de Concordia. Nous sommes une faculté où l’on travaille beaucoup les matériaux avec nos mains et en présentiel. Avec les conditions que l’on connaît, ça a été extrêmement difficile. Dans certains cas, nous avons dû aider nos étudiants à se créer un studio maison en leur fournissant des kits spéciaux. Dans d’autres cas, nous avons même dû apporter les kits chez des étudiants immunovulnérables, puisqu’ils ne pouvaient pas se déplacer jusqu’au campus pour venir les récupérer. »

Un mode qui plaît

Artistes dans l’âme, les étudiantes et étudiants de la Faculté des beaux-arts de Concordia n’ont eu d’autre choix que de prendre leur mal en patience, avant de finalement reprendre la route des studios du campus à l’automne. Mme Gérin affirme que la pandémie aura permis autant à l’administration qu’aux étudiants de comprendre une chose : le mode hybride (moitié sur place et moitié en virtuel) fait beaucoup d’heureux. En effet, pour celles et ceux qui ont déjà un emploi et qui effectuent un retour aux études, le mode hybride est idéal. L’adoption de ce mode d’enseignement permet aux étudiants de créer un parcours scolaire qui leur est propre. « Un peu à la manière des livres dont vous êtes le héros », lance-t-elle à la blague.

C’est d’ailleurs dans l’optique d’attirer cette clientèle que l’administration de la Faculté a mis sur pied un nouveau programme court en scénarisation et production cinématographique, idéal comme complément de formation pour les gens qui ont déjà terminé un baccalauréat et qui souhaitent se réorienter vers le milieu du cinéma. Si la pandémie a causé de grands bouleversements dans le domaine de l’éducation, elle a aussi été source de questionnements pour un grand nombre d’étudiants ayant déjà un diplôme de premier ou de deuxième cycle. L’équipe d’Annie Gérin croit que ces gens ne devraient pas avoir à refaire un baccalauréat de trois ans pour se réorienter.

« Concordia se distingue dans le monde des arts parce que nos enseignants préparent les étudiants au monde des affaires qui est lié au milieu artistique actuel, note la doyenne. Dans plusieurs écoles d’art, on va former des artistes peintres exceptionnels, mais on ne leur apprendra jamais le fonctionnement économique d’une galerie. C’est ce que nous voulons montrer à nos étudiants. Ils mettent rapidement les pieds sur le terrain, rencontrent des experts et sortent d’ici en sachant réellement dans quel monde ils s’embarquent. Ils sont prêts pour tout. »

Rattraper le temps perdu

Si plusieurs étudiants se plaignent aujourd’hui de ne pas avoir eu accès à une formation à la hauteur de leurs attentes durant la pandémie, l’Université Concordia fait du retour sur le campus et du rattrapage de formation une priorité.

« Nous voulons favoriser le travail in situ, indique Mme Gérin. Nous donnons, par exemple, des ateliers en concentré dans certains domaines pour nous assurer que tous nos étudiants sont à jour pour ce qui est de l’utilisation de certains outils. Nous voulons que tout le monde redécouvre nos installations et qu’il y ait une mise à niveau générale pour tous les étudiants ayant manqué de temps en atelier. »

Avec ses nouveaux programmes et des outils comme la plateforme Art volte, plateforme numérique qui propose des initiatives et des outils aux jeunes diplômés en art afin de les aider à amorcer de nouveaux projets, l’Université s’engage à assurer un suivi post-études à ses étudiants de la Faculté des beaux-arts et à les accompagner dans le monde du travail.

À voir en vidéo