Le partenariat comme marque de fabrique à l'Université de Sherbrooke

Rabéa Kabbaj
Collaboration spéciale
Des étudiants travaillent sur le développement de nouvelles cellules solaires en partenariat avec l’entreprise Stace pour répondre aux besoins du marché.
Photo: Michel Caron / UdeS Des étudiants travaillent sur le développement de nouvelles cellules solaires en partenariat avec l’entreprise Stace pour répondre aux besoins du marché.

Ce texte fait partie du cahier spécial Recherche

L’Université a consolidé au fil du temps une synergie avec le secteur privé, au point de consacrer, depuis 2017, un vice-rectorat à part entière à la valorisation et aux partenariats. Lumière sur une approche qui vient enrichir les cursus de ses étudiants en plus de favoriser le développement de projets aux répercussions sociétales d’envergure.

« Si l’on regarde les statistiques de financement au Canada par rapport à la taille des universités, l’Université de Sherbrooke, c’est quatre fois la moyenne des universités canadiennes en matière de financementde projets collaboratifs. C’est le plus haut taux [du genre] au Canada, pour une université », fait valoir Vincent Aimez, vice-recteur à la valorisation et aux partenariats à l’Université de Sherbrooke (UdeS).

L’institution estrienne accorde de l’importance aux partenariats depuis toujours, comme en témoigne la mise en place, dès ses débuts, de COOP, son système des stages. « On a un partenariat avec le secteur privé pour placer des stagiaires dans différents secteurs. Cela a eu une influence sur la façon dont on fait de la recherche à l’UdeS. Quand on a des étudiants qui passent du temps dans le privé, cela fait des rétroactions au niveau des enseignants, qui sont très nourris par la réalité du vrai monde. Tout le fonctionnement de l’Université est donc tourné vers une écoute du milieu de l’entreprise, même s’il y a évidemment aussi de la recherche fondamentale avec des niveaux d’excellence élevés à l’UdeS », souligne M. Aimez.

Structurer les bonnes pratiques

Sur ce terreau fertile en approches collaboratives est venu se greffer ce vice-rectorat en 2017. « Avec le poste que j’occupe, on a pu accélérer les choses et les structurer. On a fait beaucoup d’efforts pour recueillir les différentes bonnes pratiques déjà existantes, qui ont été améliorées. [Il s’agissait de voir] comment on pouvait globalement avoir plus d’impacts positifs pour la société, tout en n’oubliant pas qu’on fait tout cela pour la mission universitaire, qui est la formation de personnel hautement qualifié et le transfert de connaissances », indique M. Aimez.

C’est de cette volonté qu’est né le Groupe de partenariats d’affaires, grâce — entre autres — au soutien financier de la Ville de Sherbrooke et du ministère de l’Économie. « À l’origine, la quasi-totalité des membres qui l’ont lancé étaient des gens du secteur privé. L’idée est assez originale puisque, au lieu d’aller voir des entreprises pour leur proposer la dernière innovation issue de l’université, on va plutôt les rencontrer pour écouter leurs besoins et voir si on a des solutions qui pourraient y correspondre », explique Vincent Aimez.

Depuis, ce programme a rencontré un vif succès, donnant lieu à de nombreux projets dans toutes les facultés de l’UdeS. « Plus de 20 millions de dollars de projets collaboratifs ont été générés. Mais le plus important, ce n’est pas tant les chiffres que le fait qu’une proportion importante des entreprises avec qui on a travaillé n’avaient jamais collaboré avec le monde universitaire auparavant », note M. Aimez.

Les étudiants tirent des bénéfices certains de cette approche. Alors que le service des stages permet à des étudiants du premier cycle de se frotter au marché, le Groupe de partenariats d’affaires offre la même possibilité à ceux des cycles supérieurs. « Cela contextualise en fait leurs travaux. Tout le monde est gagnant. L’entreprise a accès à de l’expertise et va potentiellement repérer un futur employé. Pour la personne étudiante, c’est un peu une façon de vérifier ce qu’est la réalité du marché par rapport à ses études », explique le vice-recteur.

Exemple de partenariat notable

Si les exemples sont légion, il est un fleuron en matière de recherche partenariale qui ne saurait être passé sous silence : la Chaîne d’innovation intégrée, regroupant l’Institut quantique de l’UdeS, le Centre de collaboration MiQro Innovation — fondé en 2012 par l’UdeS, Teledyne Dalsa et IBM — et l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique de l’UdeS. « C’est un environnement exceptionnel pour la formation, ça permet aux industriels de maintenir leur compétitivité et ça crée beaucoup de possibilités d’emplois », souligne M. Aimez, au sujet de ce projet qui a attiré plus d’un milliard d’investissements en dix ans, dont 60 % en provenance du secteur privé.

Chose certaine, pour l’UdeS, quels que soient leurs tailles et leurs enjeux, toutes les formes de partenariats sont intéressantes. « Nos collègues de la Faculté d’éducation ont travaillé avec les centres de services scolaires de la région pour lutter contre le décrochage scolaire. Sur les dernières années, ça a eu un impact [positif] mesurable. À nos yeux c’est tout aussi pertinent que d’aller faire une nouvelle technologie, car la société a besoin d’innovation, mais elle a aussi besoin d’êtres humains bien formés et heureux dans leurs futures carrières », estime le vice-recteur. 

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