Des cours d’éducation physique à l’extérieur pour freiner la COVID-19

«La Santé publique recommande, dans un premier temps, que les cours d’éducation physique et à la santé se déroulent à l’extérieur dans la mesure du possible.»
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir «La Santé publique recommande, dans un premier temps, que les cours d’éducation physique et à la santé se déroulent à l’extérieur dans la mesure du possible.»

Obliger les élèves des écoles primaires à porter un masque lors des cours d’éducation physique ? Ce n’est pas le premier choix de la Santé publique. Elle recommande d’abord aux enseignants de faire bouger les jeunes dehors, a appris Le Devoir, qui a obtenu une lettre envoyée mercredi aux centres de services scolaires par le bureau du sous-ministre à l’Éducation.

Québec mettra en place de nouvelles mesures sanitaires dans les écoles primaires dès le 4 octobre « afin de réduire les ordonnances d’isolement et d’éviter les fermetures des classes », explique-t-on dans la missive.

« La Santé publique recommande, dans un premier temps, que les cours d’éducation physique et à la santé se déroulent à l’extérieur dans la mesure du possible », écrit la sous-ministre adjointe Josée Lepage dans une lettre destinée aux directeurs généraux des centres de services scolaires, des commissions scolaires et des établissements d’enseignement privés.

Si cette option s’avère « impossible et que les cours se déroulent à l’intérieur, l’enseignant doit adapter sa pratique afin d’assurer le respect d’une distance de deux mètres entre les élèves », ajoute Mme Lepage.

Selon les recommandations de la Santé publique, le port du masque chirurgical est la dernière avenue à emprunter. Il devient toutefois « la mesure à mettre en place » lorsque la distanciation ne peut être maintenue. « Il est alors recommandé que l’enseignant adapte le niveau d’intensité et qu’il assure une surveillance constante des élèves », précise la sous-ministre adjointe.

Ces nouvelles directives concernent les régions de la Mauricie, du Centre-du-Québec, de l’Estrie, de Montréal, de l’Outaouais, de Laval, de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie et de Chaudière-Appalaches (MRC de Beauce-Sartigan, des Appalaches, des Etchemins et Robert-Cliche).

Réactions

La Fédération des éducateurs et éducatrices physiques enseignants du Québec (FEEPEQ) accueille favorablement cette nouvelle directive de la Santé publique. Ses membres ne souhaitent pas que l’éducation physique soit « stigmatisée » et montrée du doigt pour la transmission dans les écoles, explique son président, Carl Chartier.

Selon lui, les enseignants d’éducation physique vont privilégier les cours à l’extérieur. Ils feront preuve d’imagination et utiliseront le mobilier à leur disposition — des modules de jeux, par exemple — afin de réaliser leur programme. « Notre pédagogie est très flexible, dit Carl Chartier, qui enseigne dans une école primaire de Sherbrooke. On n’est pas obligés de faire du badminton pour faire interagir [les élèves]. »

Il reste que les écoles ne disposent pas toutes d’« installations » permettant de donner les cours à l’extérieur, signale le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost. Les enseignants sont aussi tributaires des conditions météorologiques.

Carl Chartier croit que le masque sera de mise à l’intérieur, la distance de deux mètres pouvant difficilement être maintenue entre les élèves dans le feu de l’action. « On le voit, que c’est quand même un frein à leurs apprentissages et que ça les achale [le masque], dit-il. Ils ont quand même chaud. On a beau diminuer l’intensité, les enfants demeurent des enfants: des fois, ils aiment ça en donner un petit peu plus. »

Nicolas Prévost estime que le port obligatoire du masque est « très loin d’être idéal » — les élèves du préscolaire (âgés de quatre et cinq ans) devront aussi s’y résoudre à l’intérieur des autobus scolaires. Il préfère toutefois cette mesure au retour des bulles-classes, plus complexes à gérer.

En point de presse jeudi, le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, a expliqué que le port obligatoire du masque dans les autobus scolaires pour les élèves du préscolaire vise à faciliter la recherche de contacts. En portant le masque, les enfants ne sont pas considérés comme « à risque » et n’ont donc pas à s’isoler de façon préventive.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, 212 éclosions sont actives dans les milieux préscolaires et primaires, ce qui représente 35,2 % des éclosions en cours dans la province.



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