​À l’école Jean-Nicolet, les élèves codent dès la maternelle et adorent ça!

Rabéa Kabbaj
Collaboration spéciale
Grâce à une bourse de Best Buy Canada, l’établissement a pu acheter des tablettes et ordinateurs portables pour son tout nouveau local technopédagogique.
Mario Desroches / CSSPI Grâce à une bourse de Best Buy Canada, l’établissement a pu acheter des tablettes et ordinateurs portables pour son tout nouveau local technopédagogique.

Ce texte fait partie du cahier spécial École publique

Des enfants qui délaissent Tik Tok et ses chorégraphies endiablées parce qu’ils préfèrent coder durant leurs temps libres ? Ce n’est pas de la science-fiction, mais bien une réalité parmi les élèves de l’école Jean-Nicolet. Amorçant sa troisième année d’existence, le programme de codage de cette école primaire située dans le quartier Montréal-Nord suscite un véritable engouement de la part des élèves, au point de contribuer à améliorer leur motivation scolaire, leur assiduité et à les pousser à se dépasser.

« À la maison, au lieu de n’utiliser la tablette que pour TikTok ou suivre des [influenceurs], les enfants s’intéressent aussi à YouTube, car d’eux-mêmes, ils ont le goût de chercher des façons différentes de programmer les robots avec lesquels on travaille en classe, et ils nous reviennent avec des solutions », note Brigitte Coulombe, directrice de l’école Jean-Nicolet.

S’inscrivant dans le cadre du projet École Estime de l’organisme sans but lucratif Groupe STIM, ce programme permet à toutes les classes, de la maternelle à la 6e année, de goûter aux joies du codage. « Les élèves aiment vraiment ça ! On leur a présenté de petites abeilles, au premier cycle, et ils pouvaient apprendre à les faire se déplacer. Ensuite, aux deuxième et troisième cycles, on a eu des robots. Les enfants sont fascinés et vraiment très engagés dans ces activités », assure Christina-Jane Catudal, enseignante de 4e année à Jean-Nicolet.

Trois fois par an, l’école reçoit la visite de formateurs du programme ESTIME pour venir épauler directement les enseignants et animer des activités. « Au départ, je n’avais pas de connaissances en codage. À force d’en faire avec les enfants, j’ai appris à coder. Aujourd’hui, je suis bien outillée pour aider les élèves, même s’ils sont très rapides et que donc, parfois, ce sont eux qui nous apprennent plus de choses », confie Mme Catudal, un sourire dans la voix. Chaque classe cible également une ou deux activités par mois à faire en ligne afin de maintenir son niveau de compétences en codage.

Des avantages pédagogiques indéniables

Les bénéfices qu’un aussi jeune auditoire peut tirer du codage sont légion. « Cela aide beaucoup en résolution de problèmes, parce que les enfants essaient de trouver des façons pour que ça fonctionne. Ces activités favorisent également la collaboration entre les enfants, créant ainsi un bel esprit d’équipe en classe. Cela nous permet aussi d’intégrer les sciences à tous les niveaux », estime Christina-Jane Catudal.

Ce programme fera probablement des émules et en incitera certains et certaines à s’orienter plus tard vers des études en sciences et technologies, mais pour l’heure, l’objectif est avant tout de développer le plein potentiel des enfants, leur sentiment de compétence et leur confiance en soi.

« Ce que j’aime avec ce programme, c’est que des enfants qui peut-être parfois sont moins performants en français ou en mathématiques réussissent à tirer leur épingle du jeu lorsqu’ils utilisent une technologie aussi vivante, dynamique et action/réaction. Quand ça ne passe pas par la méthode traditionnelle papier-crayons, ces enfants voient que, malgré tout, ils ont du potentiel et qu’ils sont capables, comme n’importe quel autre élève, d’être bons », fait valoir Brigitte Coulombe.

La directrice a d’ailleurs remarqué que les élèves évitaient de s’absenter lorsque le codage est à l’ordre du jour, par peur de perdre le fil. « Il y a vraiment un impact sur la motivation des élèves. Désormais ils comprennent mieux aussi pourquoi c’est important de s’investir en maths, pourquoi il faut persévérer en français, même si on trouve cela difficile. Car, avec les robots, ils le font et ils sont capables ! » souligne Mme Coulombe.

Mettre toutes les chances de leur côté

Située en milieu défavorisé, l’école Jean-Nicolet entend malgré tout permettre à ses élèves de mettre toutes les chances de leur côté. « Les activités du programme accrochent les élèves et les allument. D’autant que dans le quartier où l’on vit, on sait qu’il y a des enfants qui peut-être n’auraient jamais eu la chance de toucher à ce matériel, de travailler avec les robots, etc. », relève Christina-Jane Catudal.

Lauréate cette rentrée scolaire d’une bourse dans le cadre du programme Bourse techno pour les écoles de Best Buy Canada, Jean-Nicolet a pu acheter des tablettes et ordinateurs portables pour son tout nouveau local technopédagogique. « Nous avions déjà de l’équipement, mais pas suffisamment pour que tous les élèves d’une même classe puissent travailler en même temps sur le projet. Grâce à la bourse, nous avons pu acheter ce qui nous manquait », se réjouit Mme Catudal.

« Pour nous, un enfant qui entre à Jean-Nicolet a les mêmes chances qu’un autre enfant. Avec l’équipe-école, c’est notre souci d’accéder à tout ce qui est possible pour permettre à ces jeunes de rêver », conclut Brigitte Coulombe. 

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