Les brigadiers scolaires, des élèves ambassadeurs de la sécurité

Raphaëlle Ritchot
Collaboration spéciale
Le programme de brigade scolaire de CAA-Québec existe au Canada depuis près d’un siècle.
Photo: CAA-Québec Le programme de brigade scolaire de CAA-Québec existe au Canada depuis près d’un siècle.

Ce texte fait partie du cahier spécial École publique

Un peu plus de 400 écoles primaires à travers la province participent au programme de brigade scolaire de CAA-Québec. Ce sont environ 8400 jeunes brigadiers de quatrième, cinquième et sixième années qui profitent de cette expérience enrichissante, tant pour assurer la sécurité des élèves autour de leurs écoles que pour leur développement personnel.

Qu’ils deviennent brigadiers pour les piétons, dans la cour d’école ou dans l’autobus, les élèves à qui ce rôle sera confié sont sélectionnés avec soin. « On sélectionne les jeunes qui démontrent déjà un bon sens des responsabilités, qui sont calmes etsurtout qui ont une influence positive sur leurs pairs », explique le directeur de la Fondation CAA-Québec, Marco Harrison.

Ce dernier assure également quele fait d’avoir une brigade au sein d’un établissement scolaire a des avantages pour la communauté, mais aussi pour les parents et les jeunes.

« Généralement, les comportements autour de l’école et dans l’écoles’améliorent et sont plus prudents pour tout le monde », précise-t-il.

Sentiment d’appartenance

En plus de veiller à la sécurité de leurs pairs, les élèves brigadiers deviennent des modèles pour les autres à l’école, ce qui renforce leur sentiment de fierté et d’appartenance à leur école.

« Je voulais aider l’école », lance immédiatement Isabel, une élève de sixième année à l’école François-de-Laval qui a été brigadière lors de la dernière année scolaire et qui espère en faire partie encore une fois cette année.

Photo: CAA-Québec Plus de 75 élèves ont posé leur candidature pour un poste de brigadier à l’école François-de-Laval cette année.

« Avec la brigade, on a vraiment vu des enfants qui étaient plutôt introvertis s’épanouir, se mettre à l’aise ; ils vont avoir plus de facilité à échanger avec les autres élèves. La confiance et l’estime de soi augmentent. Nous n’avons pas beaucoup de programmes en place actuellement à l’école à cause de la COVID-19, doncavec ce projet, ça donne un grand sentiment d’appartenance à l’école. Vraiment, on a vu des changements immenses pour beaucoup d’élèves », assure sans hésiter Audrée Archambault, technicienne en éducation spécialisée (TES), qui est responsable du programme de brigade à l’école François-de-Laval.

« Ici, à l’école, on doit toquer dans les fenêtres des voitures pour dire aux gens qu’ils n’ont pas le droit de rester plus de 15 minutes devant l’école, illustre Évan-Gile, également en sixième année. Au début, ça me gênait, mais maintenant, c’est mieux qu’avant. »

« J’aime rappeler les consignes aux enfants, mais aussi aux parents », ajoute Isabel.

De l’aide pour démarrer

L’adulte responsable de la brigade, comme c’est le cas de Mme Archambault à l’école François-de-Laval, accompagnera les jeunes brigadiers dans leurs tâches tout au long de l’année scolaire. Dans ce cas-ci, la TES s’occupera cette année d’un groupe d’une cinquantaine de brigadiers, un poste pour lequel plus de 75 élèves ont posé leur candidature.

La Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière fournit toutefois des animateurs qui sont disponibles pour aider ponctuellement les écoles qui décident de se munir d’une brigade.

« Il y a plusieurs types de brigades en fonction des besoins des écoles, je me déplace dans plusieurs écoles partout au Québec pour faire des suggestions et pour guider le ou la responsable. Chaque école a des réalités très différentes », souligne l’animatrice Marie-Anne Pasieka, qui fait le suivi des brigades scolaires depuis maintenant 12 ans.

Les animateurs vont également être en mesure, par exemple, d’évaluer la dangerosité d’une intersection pour s’assurer de la sécurité des jeunes. C’est aussi eux qui vont donner la formation aux futurs brigadiers.

« Lors de la formation, je dis toujours aux jeunes qu’ils sont des modèles. Même s’ils ne sont pas en poste, il faut toujours être exemplaire parce que les autres les regardent quand même », ajoute Mme Pasieka.

Les animateurs font aussi des suivis au courant de l’année scolaire. Il y a un programme de reconnaissance, des prix, des concours pour les jeunes dans le temps de Fêtes, ou encore en fin d’année scolaire.

Peu importe ce qui pousse les jeunes à participer, une chose est certaine, les brigadiers prennent leur rôle très au sérieux et Mme Archambault assure que la présence des jeunes brigadiers a un réel impact sur le climat autour de l’école et que tout le monde le remarque.

« Les professeurs m’accrochent depuis le début de l’année scolaire pour savoir quand la brigade recommencera parce qu’ils ont de la difficulté à se stationner », mentionne-t-elle.

Le programme de brigade scolaire de CAA-Québec existe au Canada depuis 1929.

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