Climatologues recherchés!

Miriane Demers-Lemay
Collaboration spéciale
Un arbre consumé par les flammes dans la forêt nationale de Sequoia, en Californie, où des feux de forêt font rage.
Noah Berger Associated Press Un arbre consumé par les flammes dans la forêt nationale de Sequoia, en Californie, où des feux de forêt font rage.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Les diplômés sont assurés de trouver un emploi bien rémunéré parmi une multitude d’employeurs allant de l’Agence spatiale canadienne à Hydro-Québec en passant par le secteur éolien et agricole. Ils ont étudié la météorologie et la climatologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), et leur expertise est de plus en plus recherchée sur un marché du travail, qui s’adapte aux changements climatiques.

En août, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié son dernier rapport documentant l’ampleur et la rapidité des changements climatiques, qui sera notamment utilisé comme base scientifique aux négociations de la COP26 à Glasgow en novembre.

« Il y a tout un travail de comparaison, d’analyse de la littérature scientifique déjà disponible, d’interprétation des méthodologies qui peuvent être très différentes afin d’établir des conclusions robustes », observe Alejandro Di Luca, qui fait partie des auteurs du rapport. « Avec la COP26, les décisions que les gouvernements vont prendre vont être basées sur des rapports de spécialistes. C’est une science assez dure, il y a des implications très importantes dans la société. On va avoir besoin de gens formés dans ces domaines-là. »

Avant de poser sa griffe sur le fameux rapport, Alejandro Di Luca a fait une maîtrise et un doctorat en sciences de l’atmosphère à l’UQAM. Après plusieurs années de travail indépendant en Australie, il fait maintenant partie du corps professoral de l’UQAM, qui aide à former la nouvelle génération de météorologues et de climatologues. « Les étudiants qui sortent du baccalauréat sont prêts à faire de la recherche comme nous », indique le chercheur.

Une formation adaptée aux besoins

L’UQAM est la seule université à offrir une formation de premier cycle en météo et climat en français en Amérique du Nord. Il est possible d’y faire un baccalauréat en sciences de la Terre et de l’atmosphère avec une concentration en météo et climat, ou un certificat d’un an sur la même thématique.

Proposée depuis 1973, la formation s’est adaptée aux besoins du marché du travail, avec une nouvelle version offerte depuis 2019. Les notions de physique et de mathématiques sont à présent intégrées au sein des cours de sciences de l’atmosphère. Les étudiants sont amenés à réaliser des laboratoires pratiques, ainsi que deux stages. Des cours sont aussi offerts dans des champs connexes : la chimie de l’atmosphère, l’hydrologie et l’océanographie.

« Depuis une dizaine d’années, il y a une mouvance internationale pour faire joindre ces deux disciplines, la météo et le climat », observe René Laprise, directeur des programmes de premier cycle en sciences de l’atmosphère de l’UQAM. « La formation prépare l’étudiant aussi bien à l’un qu’à l’autre. »

Les équipes de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) ont besoin d’experts en météo et climat afin de bien coordonner leurs actions sur le terrain, illustre M. Laprise. Les diplômés connaissent bien les phénomènes météo, ce qui leur permet de calculer la force et la direction des vents ainsi que les précipitations à venir ; des informations essentielles pour la gestion des feux. Toutefois, les changements climatiques génèrent des anomalies qui changent la donne des prévisions météo. « Il faut reconnaître ce lien entre la météo et les conditions climatiques, puisqu’il n’y a plus de normalité et que les changements sont irrémédiables », ajoute le chercheur.

Un marché de l’emploi en mutation

Bon an mal an, une petite cohorte d’une douzaine d’étudiants du baccalauréat arrive chaque année sur le marché du travail, qui les accueille à bras ouverts. « Non seulement tous nos diplômés trouvent un emploi, mais ces emplois sont excellents », confie M. Laprise. « Après deux ans de travail, un diplômé de baccalauréat gagne 80 000 $, tandis qu’au programme, on engage des professeurs qui ont des maîtrises ou des doctorats [dans le domaine] », poursuit-il. « Historiquement, le Service météorologique canadien était pratiquement le seul employeur. À présent, il y a une diversification du marché du travail. »

Les diplômés peuvent travailler dans une multitude de domaines, comme la prévision météorologique, la prévision des crues, des conditions favorables aux feux de forêt ou de la qualité de l’air, les effets des changements climatiques sur le milieu naturel, l’énergie éolienne, l’agrométéorologie, les satellites météorologiques ou, encore, la consultation météorologique et climatologique. 

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