Retour des étudiants sur les campus de l'Université Concordia

Rabéa Kabbaj
Collaboration spéciale
Pour rassurer sa communauté, l’Université Concordia a adopté une série de mesures sanitaires conformes aux directives du gouvernement, dont la distanciation physique et le port du masque.
Marie-France Coallier Le Devoir Pour rassurer sa communauté, l’Université Concordia a adopté une série de mesures sanitaires conformes aux directives du gouvernement, dont la distanciation physique et le port du masque.

Ce texte fait partie du cahier spécial Enseignement supérieur

Cet automne signe le grand retour des étudiants sur les campus. Jonglant entre les mesures sanitaires imposées par les autorités, mais aussi les attentes et les inquiétudes de leur communauté respective, les universités ont dévoilé leurs propres versions de cette rentrée tant espérée. C’est ainsi que Concordia, par exemple, a fait le pari d’un mode hybride, mi-présentiel, mi-virtuel.

« Nous avons demandé aux départements de penser au meilleur mode d’enseignement — que ce soit en ligne, mixte ou en personne — avec une justification pédagogique, c’est-à-dire quelle serait la meilleure manière de livrer le cours », explique Anne Whitelaw, vice-rectrice exécutive aux affaires académiques de l’Université Concordia.

Ce parti pris est la résultante d’une réflexion menée depuis un an par un comité de travail qui se penche sur les pratiques pédagogiques tant en contexte de pandémie, qu’en prévision de l’après.

« On entend de nos étudiants que le mode hybride est quelque chose de très intéressant. Ils aiment beaucoup avoir la partie théorique — qui est un peu plus difficile — en ligne, de manière à pouvoir la réécouter. Alors que le temps passé ensuite en classe sera plus actif, plus pratique et engageant », indique Mme Whitelaw, qui croit d’ailleurs que le volet en ligne des cours est là pour perdurer, tant l’engouement qu’il suscite est grand.

Satisfaire les différents pans de la communauté

Si pour cette rentrée Concordia propose autant que possible un accueil, des cours et des activités para-universitaires en présentiel, l’université a également transposé ces différentes offres en virtuel, en vue notamment de répondre aux besoins de ses étudiants internationaux. En effet — et c’est là un problème que rencontrent d’autres cégeps et universités du pays —, certains sont toujours retenus à l’étranger, alors qu’Immigration Canada tarde à délivrer les permis d’études.

« On veut qu’ils viennent à Montréal, mais on comprend que ce n’est pas toujours facile, notamment [en ce moment] pour les étudiants de l’Inde, de l’Iran, du Mexique ou encore de la France. On a donc ciblé les cours pour lesquels on sait qu’il y a davantage d’étudiants internationaux et on les donne en ligne pour que ces étudiants puissent au moins commencer leurs cours dans l’attente de leurs documents », fait valoir la vice-rectrice.

La date butoir de poursuite des études initialement prévue pour le 20 septembre a également été reportée au 8 novembre. « On leur a donné un mois et demi supplémentaire pour avoir leurs papiers, sinon on leur demande de remettre leur arrivée à janvier », indique Mme Whitelaw.

Ce modèle hybride de rentrée facilite également la vie du corps enseignant. « Nous avons des professeurs qui font partie de la catégorie des personnes vulnérables et qui, donc, ne devraient pas enseigner en présentiel. Il était donc important d’en tenir compte », souligne-t-elle.

Mesures adoptées

Afin d’aborder avec sérénité cette période de stress qu’est la rentrée, l’établissement compte toujours sur une offre diversifiée en matière de soutien à la santé mentale. Psychothérapeutes, conseillers, activités pour décompresser, mais aussi des lieux pour être au calme et se recentrer sont autant de ressources que l’Université met à la disposition de ceux qui en ressentent le besoin.

Par ailleurs, pour rassurer sa communauté, l’établissement montréalais a adopté une série de mesures conformes aux directives du gouvernement régissant le retour sur les campus. Une distanciation physique de deux mètres doit ainsi être maintenue dans les espaces très fréquentés, autres que les salles de cours. Le port du masque de type chirurgical est quant à lui obligatoire dans tous les espaces intérieurs partagés. L’établissement a également installé des cliniques de vaccination sur son campus.

En outre, Concordia exige un passeport vaccinal pour les activités et dans les lieux non directement liés aux études, à la recherche et à son fonctionnement. C’est le cas, par exemple, pour certains aspects de la vie en résidence. Fermées l’année dernière puisque les aires communes — notamment les salles de bain partagées — rendaient leur gestion difficile dans un contexte de nécessaire distanciation sociale, celles-ci rouvrent cet automne à près de 60 % de leur capacité. « Comme il y a beaucoup de choses à gérer et que c’est un peu plus compliqué, on a décidé de commencer avec moins d’étudiants », explique Mme Whitelaw.

Un retour à la normale pour bientôt ?

Même si certaines universités ontariennes ont rendu la vaccination contre la COVID-19 obligatoire pour quiconque se présente sur leurs campus, Mme Whitelaw estime que ce type de mesures serait difficile à appliquer sans le soutien des autorités. « Je pense que les universités aimeraient que la vaccination, comme le gouvernement l’a fait pour le système de la santé, soit quelque chose qui s’étende sur l’ensemble du côté éducation. Cela nous aiderait. Mais ce n’est pas quelque chose que l’on peut vraiment gérer tout seuls », indique la vice-rectrice.

Selon elle, s’il est trop tôt pour dire si un retour à la normale sera possible en janvier, elle espère que les conditions sanitaires permettront « le retour graduel en présentiel le plus possible ».

Chose certaine, ceux qui avaient hâte de revenir sur le campus ne boudent pas leur plaisir. « Je vois beaucoup d’étudiants qui sont tellement contents d’être ici, de se revoir, d’être en classe. Et nos bibliothèques sont pleines ! » se réjouit Mme Whitelaw.

À voir en vidéo