Le «meilleur» de deux systèmes scolaires

Leïla Jolin-Dahel
Collaboration spéciale
En adaptant le programme français aux réalités québécoises, le Collège Marie de France place le bien-être des élèves au centre de ses préoccupations, estime le proviseur de l'établissement. 
Photo: Jeff Pachoud Agence France-Presse En adaptant le programme français aux réalités québécoises, le Collège Marie de France place le bien-être des élèves au centre de ses préoccupations, estime le proviseur de l'établissement. 

Ce texte fait partie du cahier spécial Écoles privées

En combinant un enseignement basé sur la pédagogie française aux exigences du ministère québécois de l’Éducation, le Collège international Marie de France à Montréal espère ouvrir ses élèves sur le monde et les guider vers l’excellence.

« En partant du principe qu’iln’y en a pas un qui est mieux que l’autre, un des avantages est que cela nous permet de prendre le meilleur des deux systèmes scolaires », résume le nouveau proviseur de l’établissement privé, Bernard Luyckx.

Ainsi, pas de diplôme d’études secondaires menant au cégep à la fin du cursus, mais bien un baccalauréat français, donnant aux finissants la possibilité d’être admis à l’université. Le programme suivi par l’école fondée en 1939 relève donc de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Ce dernier comprenait 535 établissements scolaires homologués par le ministère français de l’Éducation nationale à travers 139 pays à la rentrée 2020. « Le système proposé par le Collège permet d’avoir accès aux mêmes programmes, où que vous soyez dans le monde », explique M. Luyckx.

Les enseignants travaillant à Marie de France sont pour la plupart issus du système éducatif français. Mais on compte aussi parmi le corps professoral des Canadiens, formés aux méthodes approuvées par le ministère français de l’Éducation.

Aux exigences françaises s’ajoutent également celles du ministère québécois de l’Éducation. Cela inclut les cours d’histoire du Québec et du Canada, de même que certains cours en mathématiques, physique ou sciences de la vie et de la Terre.

Le bien-être des élèves à la québécoise

En adaptant le programme français aux réalités québécoises, le Collège Marie de France place le bien-être des élèves au centre de ses préoccupations, estime M. Luyckx.

« C’est quelque chose qui, je crois, est issu du système scolaire québécois. Et on essaie véritablement de le mettre en place, dans un mariage le plus cohérent possible avec le système éducatif français », explique le proviseur. Selon lui, le fait que le Collège veille à ce que les élèves se sentent à leur aise est un apport « indéniable » du système scolaire québécois, croit-il.

Le proviseur ajoute que les professeurs sont formés pour gérer des groupes hétérogènes. Accompagnement en classe, études dirigées en dehors des heures de cours, interventions de spécialistes pour pallier les difficultés d’apprentissage… Le soutien à disposition des élèves ne se fait pas que dans l’horaire scolaire. « C’est vraiment une aide qui se déroule à la fois dans la classe et à côté de la classe », précise M. Luyckx.

Une stratégie gagnante, d’après le proviseur, qui affirme que l’année dernière, 100 % des finissants de l’établissement ont obtenu leur baccalauréat français, qui mène aux études universitaires. « Et près de 85 % l’ont eu avec mention », se réjouit-il. Une mention signifie que la note finale est bien au-dessus de la moyenne, et peut donner accès à des formations ou des emplois plus contingentés.

D’ailleurs, un élève sur deux issu du réseau de l’enseignement à l’étranger part étudier en France après avoir obtenu son baccalauréat français. Parmi eux, 60 % ne sont pas des ressortissants français, recense l’AEFE.

Former des citoyens du monde

Le fait que l’établissement scolaire accueille des élèves venant de nombreux pays est un « atout énorme », selon M. Luyckx. En plus d’enfants de ressortissants français, le Collège compte parmi ses élèves ceux d’employés de grandes entreprises, de Canadiens, de couples binationaux. « On scolarise également beaucoup d’enfants de diplomates et de cadres d’entreprises qui sont amenés à bouger très régulièrement dans le monde, précise le proviseur. Quand on parle de multiculturalisme en ce qui nous concerne, ce sont des élèves qui ont fait, pour beaucoup, plusieurs systèmes éducatifs. »

Ces profils hétérogènes permettent aux élèves de Marie de France de recevoir un enseignement ouvert sur le monde, explique-t-il. « Ce brassage culturel avec des personnes qui viennent d’Asie, d’Amérique, d’Europe, de partout sur la planète, ça crée une richesse intellectuelle et culturelle qui est quand même remarquable », ajoute-t-il.

Surtout issus de milieux nantis, les élèves du Collège ? Pas d’après le proviseur, qui insiste sur le fait que l’établissement est ouvert aux élèves de tous les horizons. « Notre volonté est de nous ouvrir à toutes les classes sociales. L’idée est vraiment de permettre à chacun de réussir le mieux possible, quel que soit son niveau. Et finalement, d’être heureux dans sa vie. » 

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