Vaccin obligatoire pour certaines activités au secondaire

La vaccination sera obligatoire pour prendre part à certaines activités sportives dans les écoles secondaires.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La vaccination sera obligatoire pour prendre part à certaines activités sportives dans les écoles secondaires.

Les programmes de sport-études et les activités parascolaires reviendront à l’horaire dès la rentrée scolaire, dans deux semaines, mais certains événements sportifs jugés « à haut risque » de transmission de la COVID-19 seront réservés aux élèves du secondaire ayant reçu deux doses de vaccin.

Le gouvernement Legault a beau affirmer que le passeport vaccinal sera requis uniquement pour des services non essentiels — comme les bars, les restaurants ou les salles d’entraînement —, le milieu scolaire n’y échappe pas : la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, a affirmé mercredi que la vaccination sera obligatoire pour prendre part à certaines activités sportives dans les écoles secondaires.

 

Pour le reste, la rentrée scolaire se fera presque à la normale. Le port du masque sera obligatoire dans les aires communes des écoles primaires et secondaires, mais pas en classe ni dans les services de garde scolaires. Comme prévu, les « bulles-classes » sont abandonnées, ce qui permettra aux élèves de côtoyer leurs amis d’autres groupes. Les cours à option au secondaire, suspendus l’année dernière pour limiter les interactions entre élèves de bulles différentes, sont aussi de retour.

« Si on peut avoir un plan comme ça, c’est grâce à l’effort vaccinal », a indiqué le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. Près de 83 % des jeunes de 12 à 17 ans ont obtenu leur première dose de vaccin ; 77 % ont eu leur deuxième dose ou ont pris rendez-vous pour l’obtenir.

Le plan déposé au mois de juin prévoyait une rentrée sans masque ni distanciation si 75 % des élèves se faisaient vacciner, mais l’arrivée du variant Delta a assombri le tableau, a expliqué le ministre. C’est pourquoi la Santé publique a recommandé le port du masque dans les aires communes des écoles.

Le gouvernement souhaite que davantage d’élèves se fassent vacciner. Des cliniques de vaccination seront offertes dans les prochains jours, avant même la rentrée scolaire, et lors du retour en classe.

Un passeport qui divise

« La meilleure façon de s’assurer de participer aux activités parascolaires est de se faire vacciner », a fait valoir la ministre Isabelle Charest.

Ni elle ni personne au gouvernement ne pouvait toutefois expliquer quelles activités sportives ou parascolaires dites « à haut risque » seraient accessibles uniquement aux élèves doublement vaccinés. Ces activités font l’objet de discussions et seront annoncées prochainement, a précisé le Dr Yves Jalbert, directeur médical à la Santé publique.

Si on peut avoir un plan comme ça, c’est grâce à l’effort vaccinal

Cette introduction du passeport vaccinal en milieu scolaire a semé la confusion. Des comités de parents et l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) ont déploré la création de deux catégories d’élèves, les vaccinés et les non-vaccinés.

« Nous avons bien entendu la position défendue par le gouvernement qu’un passeport vaccinal ne sera pas utilisé pour restreindre l’accès à des services essentiels. Aujourd’hui, on doit se poser la question : l’éducation aurait-elle perdu son statut essentiel ? » a indiqué le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec.

Les directions d’école de Montréal sont aussi alarmées par l’annonce du passeport vaccinal donnant accès à des activités sportives ou parascolaires. L’AMDES rappelle que les taux de vaccination sont plus bas que la moyenne dans certaines écoles défavorisées de l’île. Les élèves les plus vulnérables, qui sont les moins vaccinés, risquent d’être doublement pénalisés en étant privés d’activités qui les motivent à rester à l’école.

« L’annonce du ministre nous semble improvisée. C’est préoccupant qu’aucune activité dite à haut risque ne soit mentionnée. On dirait que c’est surtout pour inciter les gens à se faire vacciner », estime de son côté la députée péquiste Véronique Hivon.

Éviter de fermer des classes

En privé, des acteurs influents du réseau scolaire redoutent une autre forme de stigmatisation des élèves non vaccinés et vulnérables : ils craignent qu’en cas d’éclosion, seuls les élèves non vaccinés soient renvoyés à la maison pour suivre leurs cours à distance.

La députée libérale Marwah Rizqy a déploré que le protocole en cas d’éclosion n’ait pas été rendu public, à deux semaines de la rentrée. Les responsables scolaires ignorent toujours qui sera isolé et testé si un cas de COVID-19 survient dans une classe.

La meilleure façon de s’assurer de participer aux activités parascolaires est de se faire vacciner

La Santé publique travaille sur ce dossier, a indiqué le Dr Yves Jalbert. Il a dit espérer le « moins de fermetures de classe possible » au cours de l’année scolaire grâce à la vaccination. Le nombre d’hospitalisations dictera en bonne partie les mesures à prendre en cas d’éclosion de COVID-19. Or, peu de jeunes ont été hospitalisés jusqu’à maintenant en France et en Grande-Bretagne malgré la montée du variant Delta, a souligné le Dr Jalbert.

Ventilation

Les partis de l’opposition, les syndicats d’enseignants et d’autres groupes du réseau scolaire ont souligné l’incertitude qui plane toujours sur la qualité de l’air dans les écoles. Le virus se transmet par les airs dans des endroits clos et mal ventilés, selon les experts.

Les lecteurs de CO2 pour chaque classe de niveau primaire et secondaire, promis par Québec pour la rentrée scolaire, seront plutôt livrés au plus tard à la fin de l’année 2021. Les appels d’offres ont été lancés le 16 juillet ; 90 000 appareils doivent être livrés en quatre vagues au cours de l’automne, a indiqué le sous-ministre associé Marc Sirois lors d’une rencontre avec les médias mercredi matin.

Il a rappelé que 40 millions de dollars ont été mis à la disposition des centres de services scolaires cet été pour des travaux qui visent à améliorer la qualité de l’air dans les écoles. Des travaux d’installation ou d’entretien de systèmes mécaniques de ventilation ont eu lieu dans plusieurs régions, dont la Côte-Nord et Lanaudière, a souligné Marc Sirois. De plus, 359 échangeurs d’air ont aussi été livrés aux centres de services scolaires, selon le ministère.



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