Aide alimentaire en priorité aux élèves démunis

La nouvelle aide mise en place par le centre de services permettra aux écoles d’offrir des repas, des collations ou une série d’autres mesures qu’elles jugent pertinentes aux élèves les plus vulnérables.
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse La nouvelle aide mise en place par le centre de services permettra aux écoles d’offrir des repas, des collations ou une série d’autres mesures qu’elles jugent pertinentes aux élèves les plus vulnérables.

L’arrivée de familles bien nanties dans les quartiers autrefois défavorisés force le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) à revoir l’aide alimentaire aux élèves. Pour s’assurer « qu’aucun élève ne sera laissé pour compte », les repas et les collations seront offerts à davantage d’écoles, en leur laissant une marge de manœuvre pour aider en priorité les enfants les plus démunis.

Selon ce que Le Devoir a appris, à cause des nouveaux indices de défavorisation, les élèves de 15 écoles n’auront plus droit à compter de septembre aux repas à 1 $ offerts dans les établissements les plus défavorisés. Ces écoles sont situées dans des quartiers qui se sont embourgeoisés avec l’arrivée de familles dont les parents sont éduqués et relativement aisés.

Ces écoles sont situées notamment dans les secteurs Saint-Michel, Sud-Ouest, Hochelaga–Maisonneuve, Villeray, Ahuntsic et Rosemont, où les prix des maisons et des logements ont explosé au cours des dernières années.

Malgré l’arrivée de ces familles nanties, les enfants pauvres de ces 15 écoles — et de bien d’autres établissements — ont encore besoin de repas à 1 $ ou d’autres formes d’aide alimentaire. Pour cette raison, le CSSDM a débloqué un fonds de dépannage de 1,1 million de dollars pour aider potentiellement 17 500 élèves de 41 écoles.

Cette nouvelle aide aux repas sera offerte aux écoles qui font partie des 30 % les plus défavorisées du centre de services. Il s’agit d’un élargissement par rapport aux traditionnels repas à 1 $, offerts uniquement dans les écoles parmi les 20 % plus défavorisées. Le CSSDM continuera de servir 5000 repas à 1 $ par jour dans ses écoles ayant les plus grands besoins, mais le nouveau programme élargira l’aide aux repas à davantage établissements.

Le ministère de l’Éducation avait offert une aide transitoire de deux ans au CSSDM pour continuer d’offrir des repas à petit prix aux élèves d’écoles nouvellement « favorisées », mais ce programme a pris fin.

La nouvelle aide mise en place par le centre de services permettra aux écoles d’offrir des repas, des collations ou une série d’autres mesures qu’elles jugent pertinentes aux élèves les plus vulnérables.

L’aide aux repas pourrait même prendre la forme d’une subvention pour les frais de garde du midi aux familles défavorisées, explique Mathieu Desjardins, directeur de l’organisation scolaire au CSSDM. Il rappelle que la surveillance du midi peut coûter près de 50 $ par semaine pour une famille de trois enfants du primaire.

Dans les écoles secondaires, le programme de dépannage permettra de diminuer le coût de plusieurs aliments dans les cafétérias. Certaines écoles auront aussi un budget supplémentaire pour offrir des repas ou des collations à des élèves identifiés par les directions d’école.

Un pas dans la bonne direction

Le comité de parents du CSSDM accueille favorablement ce changement dans la façon de distribuer une forme d’aide aux repas. « C’est un pas dans la bonne direction pour rendre l’aide alimentaire accessible aux enfants qui en ont le plus besoin », estime Marc-Étienne Deslauriers, président du comité de parents du centre de services.

Il rappelle que les indices de défavorisation, mis en place d’après les données du recensement et réactualisés chaque année, créent un cadre rigide pour déterminer quelles écoles bénéficient de l’aide de l’État. Il est pourtant tout à fait plausible que des élèves d’une école « favorisée » aient besoin de repas à 1 $, et que des enfants d’une école « défavorisée » mangent à leur faim sans aucune aide alimentaire.

Le CSSDM supervise l’éducation d’une population plus vulnérable qu’ailleurs : le quart des écoles défavorisées du Québec se trouvent sur le territoire du centre de services montréalais, souligne Mathieu Desjardins. Plus encore, rappelle-t-il, aucune des 200 écoles du CSSDM n’a un indice du seuil de faible revenu de 1, 2, 3, 4 ou 5 — qui traduiraient une meilleure favorisation — sur une échelle de 1 à 10.

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