Roberge justifie le recours à la tutelle au CSSDM

«Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on doit mettre le Centre de services scolaire de Montréal sous tutelle», a déclaré le ministre Roberge.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on doit mettre le Centre de services scolaire de Montréal sous tutelle», a déclaré le ministre Roberge.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estime que « le choix s’imposait d’y aller avec la tutelle pour six mois » au Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM), citant des problèmes présents depuis « plusieurs années » dans l’organisation.

Invoquant d’« importantes lacunes » en matière de gouvernance, Québec avait annoncé, mercredi, la mise sous tutelle pour une durée de six mois du CSSDM, une durée qui pourrait être prolongée s’il le faut.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on doit mettre le Centre de services scolaire de Montréal sous tutelle », a déclaré le ministre Roberge, alors qu’il annonçait des investissements dans les infrastructures scolaires, jeudi matin, à Boucherville. « Il y avait des [problèmes] de gouvernance qui dataient de plusieurs années, bien avant l’adoption de la loi 40 [qui a transformé les commissions scolaires en centres de services scolaires]. Il y avait eu des signes avant-coureurs », a-t-il expliqué.

« Ça fait quelques semaines, sinon quelques mois, qu’il n’y a plus quorum au conseil d’administration. Or, le conseil d’administration est extrêmement important dans la nouvelle gouvernance. On a des gens de la communauté, des gens du personnel des écoles et des parents. C’est le cœur même de la nouvelle gouvernance », a souligné M. Roberge.

N’ayant pas quorum, « on ne peut pas remplacer la direction générale, très importante aussi. Donc, pas de quorum, pas de direction générale. Il fallait faire quelque chose pour protéger les services aux élèves à la rentrée et c’est ma principale préoccupation », a martelé le ministre.

Ça fait quelques semaines, sinon quelques mois, qu’il n’y a plus quorum au conseil d’administration. Or, le conseil d’administration est extrêmement important dans la nouvelle gouvernance.

 

L’annonce en avait été faite en fin de journée mercredi par voie de communiqué. On y indiquait que la tutelle sera confiée à Jean-François Lachance, qui aura le mandat de redresser la situation, de mettre en place de meilleures pratiques et de « prendre les décisions administratives urgentes ».

Manquements recensés

En janvier dernier, Québec avait amorcé des vérifications auprès du CSSDM à la suite d’allégations « de graves manquements éthiques et déontologiques » au sein du conseil d’administration. Le ministère affirme avoir décelé d’importantes lacunes, notamment liées à la compréhension des rôles et des responsabilités des administrateurs, en plus d’un climat dysfonctionnel entre l’administration et le conseil d’administration. Des manquements ont également été observés sur le plan de la gestion administrative du centre de services scolaire.

Québec avait d’ailleurs fourni un accompagnement avec des mesures de surveillance en février dernier, mais le ministère affirme qu’en avril, le CSSDM se trouvait encore dans une impasse nécessitant l’intervention d’une tierce personne.

Jean-François Lachance devra aussi veiller au déroulement du processus visant à pourvoir les postes des membres parents au conseil d’administration du CSSDM et de son directeur général.

Québec injecte 2,1 milliards en infrastructures scolaires

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a dévoilé jeudi à Boucherville la ventilation des 2,1 milliards de dollars qui seront consacrés aux infrastructures scolaires dans le Plan québécois des infrastructures 2021-2022. Près de 885 millions iront à la construction de dix nouvelles écoles primaires, dont huit en Montérégie, et à l’agrandissement de dix autres écoles primaires à travers la province. Le ministre s’est toutefois défendu de privilégier la Montérégie, rappelant que la première année d’investissements avait surtout bénéficié à la région de Montréal, où « il y avait un grand rattrapage à faire », et que d’autres années avaient été plus avantageuses pour la couronne nord. Les écoles du reste du Québec ne seront pas privées d’argent pour autant puisque 1,2 milliard de dollars seront consacrés à la rénovation de centaines, sinon de milliers, d’écoles québécoises à travers la province, un parc immobilier dont l’entretien accuse un important retard.


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