L’enseignement en ligne est nuisible, selon une étude de la FPEP-CSQ

Les enseignants sondés par la FPEP-CSQ dénotent un effet de démotivation sur leurs élèves, devenus «téléspectateurs de leurs apprentissages».
Photo: Juliette Jocard Agence France-Presse Les enseignants sondés par la FPEP-CSQ dénotent un effet de démotivation sur leurs élèves, devenus «téléspectateurs de leurs apprentissages».

Après la pandémie de COVID-19, l’enseignement à distance ne devrait jamais être privilégié parce qu’il a des répercussions considérables sur les enfants et les enseignants.

C’est ce que conclut une étude de la Fédération du personnel de l’enseignement privé (FPEP), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Dans un rapport publié dimanche, le syndicat énonce les conséquences de l’enseignement en ligne sur les élèves et le personnel enseignant. Parmi celles-ci, on relève la moins bonne rétention des apprentissages par les étudiants, l’effritement de la relation entre les enseignants et leurs élèves ainsi que la surcharge de travail pour les enseignants.

« Cette pratique, pour nous, doit vraiment demeurer exceptionnelle », a affirmé Marie-Josée Dallaire, vice-présidente de la FPEP-CSQ, dimanche, en conférence de presse virtuelle, en raison des mesures sanitaires.

Contrairement à certaines études scientifiques qui avancent que l’utilisation d’outils technologiques a une influence positive sur la motivation, les enseignants sondés par la FPEP-CSQ dénotent un effet contraire sur leurs élèves, devenus « téléspectateurs de leurs apprentissages ». De plus, les élèves moins à l’aise avec ces technologies seraient désavantagés par rapport à leurs collègues de classe.

La santé mentale des enseignants a aussi été durement touchée par les cours en ligne, selon le président de la FPEP-CSQ, Stéphane Lapointe. « L’exposition continuelle à l’écran, la connexion permanente aux plateformes technologiques avec les outils numériques de tous les jours, les heures supplémentaires réalisées pour maintenir la continuité pédagogique et l’adaptation constante aux directives ministérielles amènent un état de surcharge mentale permanent chez les enseignants », a-t-il soulevé.

Mme Dallaire a dénoncé la volonté de certains établissements de chercher à normaliser l’enseignement à distance, une pratique qui pourrait avoir des répercussions sur le personnel et les élèves, selon elle.

« Une tempête de neige ou une compétition qui arriverait en même temps qu’une journée d’école, ce ne sont pas des circonstances exceptionnelles qui justifient de chambouler la planification et la pédagogie des enseignants », a-t-elle expliqué.

La FPEP-CSQ demande donc au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, d’établir des balises claires concernant l’enseignement à distance, et ce, dès la prochaine rentrée scolaire et de ne pas « céder aux nombreux prétextes » qui pourraient justifier son utilisation.

Tout comme leurs homologues du secteur public, la FPEP-CSQ a reproché au gouvernement caquiste le manque de stabilité des directives ministérielles en éducation, qui a été « fortement épuisant » pour leurs membres.

L’étude de la FPEP a été effectuée auprès de 17 syndicats affiliés dans une formule d’entrevues avec des membres du personnel d’enseignement et de soutien.