Le milieu de l’éducation à nouveau touché par des grèves mercredi

Manifestation des professionnels de l'éducation en avril 2021. Les conventions collectives dans le secteur public, qui concernent 550 000 employés de l’État, sont échues depuis mars 2020.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Manifestation des professionnels de l'éducation en avril 2021. Les conventions collectives dans le secteur public, qui concernent 550 000 employés de l’État, sont échues depuis mars 2020.

Le milieu de l’éducation a encore une fois été touché par des grèves, mercredi, venant de professionnels et d’employés de soutien.

D’abord, 10 000 professionnels de l’éducation syndiqués à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) ont débrayé durant l’avant-midi mercredi, touchant plusieurs centres de services scolaires dans l’ensemble du Québec. Il s’agit d’orthophonistes, de psychoéducateurs et de conseillers en orientation, par exemple.

Ensuite, 6300 employés de soutien dans les cégeps, syndiqués à la CSN, ont amorcé leur débrayage, qui a lieu mercredi, jeudi et vendredi.

Ces syndiqués reprochent au gouvernement Legault de ne se préoccuper que de quelques titres d’emploi, soit les infirmières, les enseignants et les préposés aux bénéficiaires, en oubliant les autres qui font aussi partie des équipes et qui dispensent des services publics importants.

En entrevue, le président de la Fédération des professionnels de l’éducation, affiliée à la CSQ, Jacques Landry, a soutenu que les conditions de travail de ces professionnels sont telles que nombreux quittent pour le privé.

Partout au Québec, des postes sont affichés, mais ne trouvent pas preneur.

« Il y a tellement de postes vacants, parce qu’ils ne réussissent pas à les combler, que la surcharge de travail est là constamment. On ne réussit pas même à faire les interventions qu’on devrait normalement faire. Il n’y a pas de prévention du tout qui est faite. Donc, on est vraiment dans une spirale descendante. Il faut mettre un terme à ça », a plaidé M. Landry.

Ses membres ont des maîtrises ou des doctorats et ils gagnent en moyenne 80 000 $ par année, rapporte-t-il.

Un psychologue du secteur public, par exemple, gagne 27 % plus dans le privé. Un psychoéducateur dans une école gagne 5000 $ de moins qu’un enseignant.

Le 2 mai, lors d’une conférence de presse, le premier ministre François Legault s’était donné « deux à trois semaines » pour conclure avec les syndicats du secteur public. Il disait avoir suffisamment fait preuve de patience. Dimanche prochain, les trois semaines auront été écoulées.

Les conventions collectives dans le secteur public, qui concernent 550 000 employés de l’État, sont échues depuis mars 2020.

Autres grèves

En plus de ces grèves, une autre grève de 33 000 employés de soutien dans les écoles, syndiqués à la CSQ, est prévue les 2 et 3 juin.

Et d’autres syndiqués du soutien scolaire, membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) aussi, affilié à la FTQ, ont aussi prévu 11 jours de grève en mai et juin.