Épreuve de français à distance, mais correction en présence

Les cégépiens doivent réussir cet examen (en français ou en anglais, selon leur langue d’enseignement) pour obtenir leur diplôme d’études collégiales. L’épreuve consiste à rédiger une dissertation critique de 900 mots à partir de textes littéraires dans un délai de 4 h 30, indique le site Web du MES.
Photo: iStock Les cégépiens doivent réussir cet examen (en français ou en anglais, selon leur langue d’enseignement) pour obtenir leur diplôme d’études collégiales. L’épreuve consiste à rédiger une dissertation critique de 900 mots à partir de textes littéraires dans un délai de 4 h 30, indique le site Web du MES.

L’épreuve uniforme de français pour les finissants de cégep donne lieu à un bras de fer entre le gouvernement Legault et les professeurs chargés de corriger les examens. Selon ce que Le Devoir a appris, Québec exige qu’une centaine d’enseignants responsables de la correction des examens viennent travailler en présence à deux endroits, à Montréal et à Québec, même si les épreuves auront lieu à distance en raison de la pandémie.

Le Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) s’oppose au travail obligatoire en « présentiel » des correcteurs d’épreuve en pleine pandémie. La session qui s’achève dans les cégeps s’est déroulée principalement en ligne.

Une rencontre entre des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur (MES) et du SPGQ a eu lieu lundi dans l’espoir de dénouer l’impasse. Des « avancées permettent de croire à un dénouement satisfaisant », mais d’autres discussions doivent avoir lieu avec le Secrétariat du Conseil du trésor, indique le syndicat.

Les cégépiens doivent réussir cet examen (en français ou en anglais, selon leur langue d’enseignement) pour obtenir leur diplôme d’études collégiales. L’épreuve consiste à rédiger une dissertation critique de 900 mots à partir de textes littéraires dans un délai de 4 h 30, indique le site Web du MES.

Épreuve en ligne

L’épreuve uniforme de français aura lieu à distance le mercredi 19 mai et le vendredi 21 mai, a confirmé Bryan St-Louis, porte-parole du MES. « Le Ministère demande [aussi] aux établissements de s’assurer que tous les étudiants qui le souhaitent aient accès à un local pour la passation de l’épreuve en ligne où les normes de santé publique sont appliquées », indique-t-il.

Au moment où ces lignes étaient écrites, en début de soirée lundi, le MES ne pouvait donner de précisions au sujet du différend qui oppose le ministère et les correcteurs d’épreuve. Ceux-ci jugent que le ministère leur fait courir un risque inutile en les obligeant à venir travailler dans deux centres de correction pour une période estimée entre six et huit semaines.

« La décision de tenir la session de correction en présentiel […] va à l’encontre des directives pourtant claires du gouvernement du Québec en ce qui a trait au télétravail. Nos tâches (correction de copies et échanges ponctuels entre collègues) peuvent facilement être effectuées à la maison, avec la même rigueur et la même efficacité », indique une personne responsable de la correction, qui a demandé à garder l’anonymat.

Le député Sol Zanetti, de Québec solidaire, a alerté le ministère de l’Enseignement supérieur au sujet de cette directive. « Les correcteurs sont des professionnels, on doit leur faire confiance et les laisser travailler à partir de la maison », dit le député, qui a lui-même enseigné au collégial avant d’être élu à l’Assemblée nationale.

Présence contestée aux examens

Après une session presque entièrement à distance, des cégépiens s’insurgent contre la tenue d’examens en présence, malgré les risques associés à la pandémie. Près du tiers des 10 000 étudiants du collège Dawson devront se rendre en classe au cours des prochains jours pour des examens de fin de session. « Le Collège fait passer l’intégrité académique avant la santé des étudiants et du personnel », déplore Kevin Contant-Holowatyj, président de l’Association étudiante de Dawson.

Megan Ainsworth, porte-parole du collège anglophone, rappelle que l’établissement a mis en place une série de mesures, en accord avec la Santé publique, pour limiter les risques de propagation : distance de deux mètres entre chaque pupitre, désinfection des lieux, contrôle des allées et venues pour empêcher les rassemblements, et ainsi de suite.

Les étudiants au programme international du Cégep Garneau, à Québec, contestent aussi leur présence obligatoire à des examens finaux. Pas le choix, fait valoir l’établissement : l’organisme du Royaume-Uni qui certifie les programmes internationaux exige des tests en présence à moins que le cégep soit fermé pour des raisons de force majeure.