La FAE juge historique son entente avec Québec

La Fédération autonome de l’enseignement compte neuf syndicats et 49 000 membres, enseignants au primaire, secondaire et à la formation professionnelle. La majorité des enseignants est toutefois représentée par la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir La Fédération autonome de l’enseignement compte neuf syndicats et 49 000 membres, enseignants au primaire, secondaire et à la formation professionnelle. La majorité des enseignants est toutefois représentée par la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec.

C’est dans une proportion de 88 % que les enseignants membres de la FAE ont approuvé l’entente de principe qui était intervenue avec Québec quant au renouvellement de leur convention collective.

« Ça va marquer l’histoire de la profession enseignante », s’est exclamé vendredi en conférence de presse le président de la Fédération autonome de l’enseignement, Sylvain Mallette.

Sur le plan de la rémunération, l’entente d’une durée de trois ans avec Québec permet notamment aux enseignants de « se rapprocher de la moyenne canadienne », a-t-il souligné ; ceux-ci sont en retard actuellement.

Il évoque une rémunération de 91 116 $ au dernier échelon, alors que la moyenne canadienne est de 92 000 $ à l’heure actuelle. Présentement, un enseignant au troisième échelon gagne 46 115 $ ; au 10e échelon, 61 712 $ ; et au 17e et dernier échelon, 82 585 $.

L’entente prévoit aussi des hausses plus importantes pour les premiers échelons salariaux afin d’attirer des candidats dans la profession. Au départ, le gouvernement caquiste s’était toutefois engagé à abolir les premiers échelons de l’échelle, qui en compte 17.

Au chapitre de l’autonomie professionnelle, l’entente prévoit qu’à raison de deux heures par semaine, au maximum, les enseignants pourront être à l’extérieur de l’établissement pour faire de la correction, de la planification. « Ils pourront faire des choix. C’est un gain important pour la reconnaissance et l’autonomie professionnelle. C’est la première fois que les mots autonomie professionnelle et professionnalisme rentrent dans le contrat de travail des profs. C’est une avancée majeure », a affirmé M. Mallette.

La durée de la semaine normale de travail, qui représentait un vieux litige, reste à 32 heures.

C’est la première fois que les mots autonomie professionnelle et professionnalisme rentrent dans le contrat de travail des profs. C’est une avancée majeure.

 

Au préscolaire, les enseignants pourront bénéficier d’une diminution de 30 minutes de la durée de leur tâche éducative pour accompagner les élèves en difficulté, a précisé M. Mallette.

L’entente compte 43 modifications à la convention collective. « C’est du gigantesque ; c’est du jamais vu », a lancé M. Mallette. Il affirme que l’entente avec les enseignants représente « l’ajout d’un 1,07 milliard de dollars sur la durée du contrat » de travail.

« Fierté » au Conseil du trésor

La présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, s’est dite « très fière de l’entente globale avec la FAE, qui changera la face du réseau » de l’éducation.

« Nous respectons tous nos engagements : valoriser la profession, plus d’autonomie et le salaire à l’entrée passe de 46 000 $ à 53 000 $ et avec plus de ressources. Le salaire maximal passe de 82 000 $ à 91 000 $ », a souligné la ministre sur Twitter.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a aussi souligné l’ajout de ressources professionnelles, comme des orthophonistes, des orthopédagogues et des psychoéducateurs.

« Nous sommes convaincus que les mesures contenues dans cette entente auront un effet positif, non seulement sur la rétention et le recrutement des enseignants, mais aussi sur la réussite de nos jeunes, particulièrement ceux en difficulté d’apprentissage », ont commenté les deux ministres par voie de communiqué.

Les autres enseignants

La Fédération autonome de l’enseignement compte neuf syndicats et 49 000 membres, enseignants au primaire, secondaire et à la formation professionnelle. La majorité des enseignants est toutefois représentée par la Fédération des syndicats de l’enseignement, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Elle négocie pour 73 000 d’entre eux, francophones et anglophones.

La FSE consulte ses membres sur une « proposition de règlement » qu’elle ne va toutefois pas jusqu’à qualifier d’entente de principe, puisqu’elle ne répond pas à l’ensemble de ses revendications. La fédération y voit des « avancées évidentes », mais reste sur son appétit, particulièrement au chapitre de la tâche des enseignants.

Il s’agit de la première entente complète avec un syndicat du secteur public, mais pas de la première entente.

La Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) a en effet conclu une entente portant sur les conditions de travail de ses membres infirmières, infirmières auxiliaires et autres. Cette entente n’inclut toutefois pas les salaires, que la FIQ négocie toujours en alliance avec l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux).

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