Ventilation: une classe sur deux rate la cible de 1000 ppm

Dans son rapport, le ministère révèle notamment que dans 7,9 % des classes, le taux de CO₂ mesuré se situe entre 1500 et 2000 ppm, et que dans 2,4 % des classes, ce taux est supérieur à 2000 ppm.
Photo: Lise Gagné Archives Getty images

Dans son rapport, le ministère révèle notamment que dans 7,9 % des classes, le taux de CO₂ mesuré se situe entre 1500 et 2000 ppm, et que dans 2,4 % des classes, ce taux est supérieur à 2000 ppm.

Un peu plus de 10 % des classes du Québec excédaient la concentration « inquiétante » de 1500 ppm de CO2 lors de l’échantillonnage commandé par le ministère de l’Éducation, selon de nouveaux résultats publiés mardi. Le ministre Jean-François Roberge considère néanmoins que la qualité de la ventilation dans le réseau est « acceptable », sans être « idéale ».

Les mesures de CO2, réalisées depuis janvier dans 14 929 classes, avaient pour objectif de vérifier si la qualité de la ventilation était convenable dans les écoles au moment où la pandémie fait rage.

Maintes fois critiqué pour son protocole et l’interprétation des données, le ministère a partiellement rajusté le tir. Dans ses communications, il parle maintenant de la plus grande valeur mesurée dans chaque classe, plutôt que d’amalgamer les résultats pris avant l’arrivée des élèves, en milieu de période et après l’ouverture des fenêtres.

Résultat : 51 % des classes ont un taux de CO2 inférieur à 1000 parties par million (ppm), 39 % entre 1000 et 1500 ppm, 8 % entre 1500 et 2000 ppm et 2 % au-delà de 2000 ppm.

Rappelons que la cible à respecter au ministère a toujours été de 1000 ppm. Or, le ministère juge aujourd’hui « acceptables » les résultats sous la barre des 1500 ppm.

 
51 %
Proportion des classes qui ont un taux de CO2 inférieur à 1000 parties par million (ppm)

39 %
Proportion des classes qui ont un taux de CO2entre 1000 et 1500 ppm

« Ce n’est peut-être pas l’idéal pour le confort, ce n’est pas la cible optimale, 1500 ppm. Mais pour ce qui est d’assurer la santé et la sécurité dans un contexte de pandémie, […] [un résultat] inférieur à 1500, c’est un indicateur d’un apport d’air frais qui est suffisant », a déclaré M. Roberge en mêlée de presse, après la publication du rapport.

Les concentrations supérieures à 1500 ppm sont plus « inquiétantes », a admis le ministre Roberge. Des correctifs ont été apportés dans 1470 locaux qui présentaient des taux supérieurs à 1500 ppm. Dans 43 % de ceux-ci, cela a permis d’abaisser la concentration de CO2 à un niveau acceptable, selon le rapport.

Le document indique par ailleurs que 438 échangeurs d’air ont été commandés à ce jour. Le ministère demande aux centres de service scolaires (CSS) et aux commissions scolaires (CS) de procéder à des correctifs « rapides » dans les classes qui ont un taux supérieur à 1500 ppm et « immédiats » dans celles qui présentent un taux supérieur à 2000 ppm.

8 %
Proportion des classes qui ont un taux de CO2 entre 1500 et 2000 ppm

2 %
Proportion des classes qui ont un taux de CO2 au-delà de 2000 ppm

Au début du mois d’avril, Radio-Canada a montré que le ministère de l’Éducation n’avait jamais fait proprement approuver son protocole de mesure de CO2 par la Santé publique, contrairement à ce que le ministre avait plusieurs fois avancé.

En novembre dernier, Le Devoir avait pour sa part révélé, avec la collaboration d’enseignants qui avaient agi secrètement, que des classes présentaient des concentrations de CO2 de 1800 ppm. Ces résultats faisaient écho à un rapport de 2012 du Vérificateur général du Québec qui arrivait aussi à un constat accablant sur la ventilation dans les écoles.

 

Avec La Presse canadienne


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