Grève d’une journée dans 29 cégeps

Les fédérations de la CSQ représentant les enseignants, le personnel de soutien et les professionnels ont tenu cette première de cinq journées de grève.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les fédérations de la CSQ représentant les enseignants, le personnel de soutien et les professionnels ont tenu cette première de cinq journées de grève.

Plus de 8000 syndiqués de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) œuvrant dans 29 cégeps ont fait une grève d’une journée, mardi, pour protester contre le peu de progrès depuis plus d’un an aux tables de négociation avec le gouvernement Legault.

Les fédérations de la CSQ représentant les enseignants, le personnel de soutien et les professionnels ont tenu cette première de cinq journées de grève à être déclenchées au moment jugé opportun.

Ces piquets de grève érigés en pleine pandémie, où l’enseignement se fait principalement à distance, surtout en zone rouge, ont donné lieu à des situations inédites : dans des cégeps, certains corps d’emploi étaient en grève, et d’autres non. Les directions d’établissement étaient ainsi en droit d’exiger que des cours à distance soient offerts malgré les lignes de piquetage, si les enseignants appartenaient à un syndicat n’ayant pas de mandat de grève pour la journée de mardi.

Des cégeps où des lignes de piquetage avaient été érigées par des professionnels ou du personnel de soutien ont néanmoins annulé leurs cours, même si leurs enseignants n’étaient pas en grève. C’est le cas des cégeps de Saint-Jean-sur-Richelieu, du Vieux-Montréal, Garneau (Québec) et Édouard-Montpetit (Longueuil), notamment. Ils ont annulé les cours, même à distance, pour la journée de mardi.

« On demande aux gens de ne pas franchir les lignes de piquetage », a indiqué au Devoir Nadine Sabongui, du service des communications du Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle a précisé que les cours ont repris à compter de 17 h, lors de la levée des lignes de piquetage par les syndiqués de la CSQ.

À la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) — qui n’était pas en grève mardi —, on précise que ses membres devaient offrir leurs cours à distance, malgré les lignes de piquetage d’autres unités syndicales, si leur direction de cégep l’exigeait. Au moment où ces lignes étaient écrites, la FNEEQ n’était pas en mesure d’indiquer combien de cégeps avaient donné cette directive.

La FNEEQ a tout de même annoncé sa solidarité avec les grévistes de la CSQ. Sur les lignes de piquetage, des syndiqués en grève affichaient des autocollants « Solidaires avec le personnel en grève », produits par les syndicats CSN du milieu de l’éducation.

« On comprend que les syndiqués de la CSN sont vraiment solidaires », dit Valérie Fontaine, présidente de la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ), rencontrée sur une ligne de piquetage devant le Collège de Bois-de-Boulogne, mardi matin.

Pour elle, le gouvernement Legault doit « mettre fin à la précarité » des employés de soutien et bonifier leurs salaires : les techniciens en informatique, par exemple, quittent les cégeps parce qu’ils se sont offrir des conditions nettement plus avantageuses par les entreprises privées.

Pour les élèves en difficulté

Les enseignants ont aussi soif de reconnaissance après s’être démenés depuis un an pour aider les élèves dans des conditions difficiles. « On veut des aménagements pour mieux soutenir les étudiants : davantage de temps et de ressources pour les aider à traverser la crise, et après la crise aussi », dit Rachel Sarrasin, professeure de science politique aux cégeps de Bois-de-Boulogne et Gérald-Godin, au nord de Montréal.

Les syndiqués réclament notamment une hausse de 3 % de l’enveloppe budgétaire des cégeps, pour embaucher des enseignants supplémentaires, ainsi que des salaires bonifiés. Ils demandent aussi de meilleures conditions de travail pour les enseignants de la formation continue, dont la majorité sont des chargés de cours aux conditions précaires, qui ne sont pas payés pour offrir de l’encadrement aux élèves.

Les syndicats ont été convoqués mardi soir à une rencontre avec Sonia LeBel, présidente du Conseil du Trésor. « Il ne se passe rien à la table de négociation depuis un an, on a compris qu’il fallait qu’on montre notre détermination », dit Rachel Sarrasin.

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