Des parents en «grève» contre le port du masque au primaire

Un collectif de parents estime que l’imposition du masque d’intervention pédiatrique toute la journée à des petits du primaire risque de causer plus de tort que de bien.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Un collectif de parents estime que l’imposition du masque d’intervention pédiatrique toute la journée à des petits du primaire risque de causer plus de tort que de bien.

Après une année de pandémie, la fatigue contre les mesures sanitaires se fait sentir dans les écoles. Quelque 2700 parents ont décidé de garder leurs enfants à la maison durant trois jours, cette semaine, pour protester contre le port du masque chirurgical désormais obligatoire dès la première année du primaire en zone rouge.

Ces parents estiment que l’imposition du masque d’intervention pédiatrique toute la journée à des petits du primaire risque de causer plus de mal que de bien. Ils disent que leurs enfants, surtout ceux qui ont des troubles d’apprentissage ou d’adaptation, sont anxieux à l’idée d’avoir un masque collé au visage du matin au soir, sauf durant les jeux à l’extérieur et pendant le dîner.

Jessica Duquette, mère de quatre enfants âgés de 7 à 14 ans, a décidé de garder ses deux enfants du primaire à la maison durant trois jours. Son plus jeune, en première année, est autiste avec une difficulté de langage et une hypersensibilité sensorielle.

« Pour lui, la vie de tous les jours est un défi. Je ne peux pas l’imaginer avec un masque huit heures par jour. Même sans masque, il revient à la maison épuisé », raconte la mère de famille de Terrebonne, dans la couronne nord de Montréal.

Jessica Duquette fait partie du Collectif Parents Québec, qui regroupe 2700 parents ayant entamé cette « grève » de trois jours. Ils dénoncent l’obligation du port du masque pour tous les élèves du primaire en zone rouge, et non plus seulement pour ceux de 5e et de 6e année. Depuis lundi, au retour de la semaine de relâche, les élèves doivent porter un masque chirurgical fourni par l’école, et non plus un simple couvre-visage.

Mesure « temporaire »

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a décrété ces mesures sur la recommandation de la Santé publique en raison de la multiplication des variants. Il a dit souhaiter lundi que le port du masque en zone rouge au primaire soit « temporaire ». « On souhaite que [cette mesure] ne se rende pas jusqu’à la fin de l’année », a-t-il dit à l’émission de Paul Arcand, au 98,5 FM.

Le ministre dit souhaiter que les parents laissent leurs enfants à l’école malgré leurs craintes liées au port du masque des petits. « Ça serait triste que des parents privent leur enfant du droit d’aller à l’école pour cette raison-là. » Il reconnaît que « ce n’est pas super agréable de porter le masque toute la journée, mais […] les enfants s’y font assez vite ».

Jessica Duquette n’a pas été rassurée par les propos du ministre. « Les enfants ne s’adaptent pas, ils subissent », dit-elle. La mère de famille met les choses au clair : elle n’est pas une complotiste, elle reconnaît que le virus peut être dangereux pour la santé, mais elle croit que les mesures sanitaires vont trop loin pour les petits du primaire.

Les parents qui décident de garder leurs enfants à la maison doivent renoncer au suivi pédagogique durant cette « grève » symbolique. Les enseignants n’ont pas à assurer le suivi à ces enfants, précise le cabinet du ministre Roberge. Dans le réseau scolaire, on ignorait lundi soir l’ampleur du mouvement de grève de parents, notamment parce que plusieurs écoles en zone rouge étaient en journée pédagogique.

Raffael Cavaliere, cofondateur du Collectif Parents Québec, est convaincu que la qualité de l’air (et de la ventilation) dans les écoles est plus importante que le masque pour freiner la propagation du virus. Il doute aussi que les éclosions de COVID-19 aient été plus importantes dans les classes de 1re à 4e année du primaire (où le masque n’était pas obligatoire jusqu’à lundi) que dans celles de 5e et 6e année, où le port du masque était déjà obligatoire.

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