Le report d’un an du nouveau cours d’Éthique et culture religieuse est une «surprise»

Une motion unanime, proposée par la députée indépendante Catherine Fournier, réclamant la mise en place du nouveau cours d’Éthique et culture religieuse pour la rentrée scolaire 2022-2023 a été votée il y a deux semaines à l’Assemblée nationale.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Une motion unanime, proposée par la députée indépendante Catherine Fournier, réclamant la mise en place du nouveau cours d’Éthique et culture religieuse pour la rentrée scolaire 2022-2023 a été votée il y a deux semaines à l’Assemblée nationale.

La députée indépendante Catherine Fournier, qui a fait adopter il y a deux semaines une motion unanime à l’Assemblée nationale réclamant la mise en place du nouveau cours d’Éthique et culture religieuse (ECR) pour la rentrée scolaire 2022, a été « très surprise » d’apprendre que le gouvernement Legault reportait d’un an l’implantation du programme révisé.

« Il est tout à fait étonnant que le gouvernement appuie une motion pour la rentrée 2022 et travaille à implanter le programme pour la rentrée 2023 », a déclaré la députée après la publication, dans Le Devoir, du calendrier de mise en place du nouveau cours d’ECR.

Selon nos informations, le ministère de l’Éducation prévoit de tenir des projets pilotes pour mettre à l’essai le programme d’ECR dans 12 écoles primaires et 8 écoles secondaires durant deux ans, à compter de l’automne prochain. La version définitive du programme sera offerte à la rentrée de l’année scolaire 2023-2024.

Les députés caquistes ont pourtant appuyé une motion adoptée à l’unanimité, le 9 février, demandant au gouvernement Legault de « respecter son intention d’offrir ce cours renouvelé dès la rentrée de l’année scolaire 2022-2023 ». La motion rappelait aussi « l’importance que l’éducation civique à la citoyenneté soit au cœur de la nouvelle mouture de ce cours ».

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, doit dévoiler dans les prochaines semaines le rapport sur les consultations devant mener à la version révisée du cours d’ECR. Les consultations ont porté sur huit thèmes, dont l’éducation à la citoyenneté, susceptibles de faire partie du nouveau programme.

La présence de nouveaux apprentissages réduira la part de l’enseignement consacré à la culture religieuse, a souligné le ministre Roberge. Il a rappelé que le volet « culture religieuse » restera dans le programme, mais des professeurs d’ECR et d’autres experts de la question craignent que l’enseignement des religions, sous un angle historique et sociologique, soit négligé dans cette future version du cours.

Un besoin important

Jean-Pierre Charbonneau, ex-ministre de la Réforme des institutions démocratiques, rappelle qu’un consensus s’est dégagé il y a près de 20 ans en faveur d’une meilleure éducation à la citoyenneté. Il s’agissait d’une des 14 recommandations des états généraux sur la réforme des institutions démocratiques, tenus en 2003.

Il estime important que la nouvelle version du cours d’ECR mène à une mise à niveau de l’éducation à la citoyenneté, comme le prévoit le ministre Roberge. « Les jeunes doivent apprendre à débattre, à comprendre les institutions démocratiques. La compétence civique des Québécois n’est pas très élevée quand on la compare à celle d’autres sociétés, qui ont de meilleures connaissances de leurs institutions », dit-il.

La députée Catherine Fournier croit que le gouvernement pourrait mettre en place rapidement dans l’ensemble du réseau scolaire des programmes existants d’éducation à la pensée critique, comme PhiloJeunes, ou d’éducation aux médias et aux fausses nouvelles, comme celui offert par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.

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