Le retour «très graduel» se précise dans les cégeps et les universités

Chaque établissement devra s’approprier les quelques consignes émises par Québec.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Chaque établissement devra s’approprier les quelques consignes émises par Québec.

Des étudiants masqués en permanence, des classes à moitié vides et des rassemblements permis pour les travaux d’équipe : le gouvernement Legault a détaillé jeudi sa vision du déconfinement partiel des cégeps et des universités. Un plan qui pourrait prendre quelque temps à se réaliser, à en croire les premières réactions de professeurs et d’établissements.

« Il y a des défis importants à ce que l’enseignement soit adapté pour être dispensé à distance et en personne. Faire les deux en même temps, ça ne sera pas facile », prévient Audrey Laplante, présidente du syndicat général des professeures et professeurs de l’Université de Montréal.

Québec permettra dès lundi le retour « très graduel » d’étudiants sur les campus, à condition de respecter une série de mesures sanitaires, comme une capacité réduite en classe et le port d’un masque chirurgical fourni gratuitement. Il sera aussi possible pour les étudiants de venir faire des rencontres limitées à six personnes. La réouverture sera plus grande en zone orange, où tous les cours pourront se donner en présentiel, tout en maintenant une distanciation physique d’un mètre cinquante.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a indiqué jeudi que les enseignants appelés à enseigner en classe devront aussi offrir leurs cours en ligne pour les étudiants qui ne peuvent, ou ne veulent pas, se déplacer en personne. « Ce n’est quand même pas un retour à la normale [mais] c’est un premier pas », a expliqué la ministre, qui espère briser l’isolement social des jeunes en leur permettant de se rendre sur le campus « plusieurs fois par mois, idéalement une fois par semaine. »

« J’espère qu’il y aura de la flexibilité là-dessus », dit la professeure Audrey Laplante, qui souhaite que la présence de l’enseignant ne soit pas obligée par l’université. Elle reconnaît que « certains professeurs auront envie de donner un cours à distance en même temps qu’en ligne », mais doute que cela puisse être mis en place en quelques jours.

Au rythme des établissements

Les cégeps et les universités étant autonomes du gouvernement, ils auront le privilège de choisir la vitesse avec laquelle adopter ces mesures. Déjà, l’Université Concordia avertit que « cette possibilité de réouverture doit être examinée en tenant bien compte [de plusieurs] considérations », dans une lettre destinée à ses professeurs et à ses étudiants obtenue par Le Devoir.

On indique ainsi que le mode d’enseignement actuel demeure inchangé, que le personnel demeure en télétravail, et que les étudiants étrangers n’ont pas à rentrer à Montréal. Scénario similaire du côté de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), dont un courriel envoyé jeudi soir aux professeurs et aux chargés de cours précise que « toutes les activités d’enseignement continueront d’être offertes selon le mode actuellement prévu à l’horaire. »

Les associations étudiantes jointes par Le Devoir, jeudi, ont pour leur part toutes salué l’annonce du retour partiel sur les campus, y voyant un signe de la fin prochaine de l’enseignement à distance obligatoire.

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