La magie de Noël… même en temps de pandémie

Jessica Dostie
Collaboration spéciale
Le traditionnel concert de Noël de l’école Alpha a été enregistré, puis diffusé en ligne durant le temps des Fêtes.
Photo: Capture d’écran Le traditionnel concert de Noël de l’école Alpha a été enregistré, puis diffusé en ligne durant le temps des Fêtes.

Ce texte fait partie du cahier spécial Semaine des enseignants

À l’école Alpha de Rosemère, dans la couronne nord de Montréal, les trois enseignantes de musique — entourées de leur direction et de toute une équipe comprenant les enseignantes titulaires, des parents et des bénévoles — n’ont pas chômé afin de permettre à la centaine d’élèves inscrits au programme de formation musicale intensive d’offrir leur traditionnel concert de Noël.

« On s’était dit dès le début de l’année scolaire qu’il n’y aurait peut-être pas de concert du tout », admet Claude Champoux, le directeur de l’établissement. Et il s’en est fallu de peu, ajoute Lucie Naud, l’enseignante responsable du chant choral. « On avait d’abord prévu une sortie dans un studio à proximité pour l’enregistrement, mais ce n’était plus possible après le passage en zone rouge. Le tournage a donc été fixé au 21 décembre dans nos locaux. Quand le gouvernement a annoncé la fermeture des écoles le 17 décembre, nous avons finalement dû passer au plan C. »

Mot d’ordre : adaptation. Le concert, finalement enregistré in extremis le mardi 15 décembre dans le gymnase de l’école métamorphosé en salle de spectacle pour l’occasion, a été diffusé en ligne durant le temps des Fêtes.

Un projet éducatif

Après avoir dû annuler son concert de fin d’année au printemps 2020, l’école Alpha tenait coûte que coûte à célébrer le travail de ses jeunes musiciens de 8 à 12 ans, qui sont non seulement initiés à la chorale, mais aussi au violon, à la flûte et aux instruments Orff dans le cadre de leur formation. « Le concert est très important, souligne Lucie Naud, qui rappelle que la musique est faite pour être partagée. C’est ce qui motive le plus les enfants. »

Un projet éducatif se trouvait aussi au cœur de la démarche de Carolyne Soulard. Durant tout le mois de décembre, l’enseignante-orthopédagogue à l’école Sainte-Geneviève Ouest, située dans l’ouest de l’île de Montréal, a donné vie à trois lutins farceurs. Chatouille, Fripon et Lutigo (baptisés par les élèves eux-mêmes) avaient une mission bien spéciale :outre faire rire, inciter les élèves à lire et leur donner le goût de la lecture.

Ainsi, les trois comparses ont entre autres décoré la porte de la bibliothèque. Ils ont également été pris en flagrant délit de lecture, l’un dans son « bain » installé dans une fontaine, les deux autres prenant leurs aises sur une des chaises destinées aux visiteurs.

« Je ne faisais pas le genre de tours que les parents peuvent faire à la maison », explique Carolyne Soulard, qui avoue tout de même avoir passé des heures à imaginer ses mises en scène, puis à les concrétiser. Ensuite, elle réalisait des vidéos racontant les péripéties des lutins et les partageait avec les parents sur la page Facebook de l’école.

« J’aimais tellement voir la réaction des enfants quand ils arrivaient le matin, poursuit-elle. Comme mon bureau n’est pas très loin de l’entrée principale, je les entendais s’exclamer, et juste ça, c’était ma paie. »

Les lutins « lecteurs » sont même allés visiter quelques classes, apportant un livre pour l’heure du conte et des lettres personnalisées pour chaque élève. « Oui, l’idée était de créer de la magie, mais il y avait toujours un objectif pédagogique derrière », rappelle l’orthopédagogue.

Finir 2020 sur une bonne note

Avant le congé des Fêtes, les élèves de l’école Joseph-Henrico de Baie-d’Urfé ont pour leur part accueilli nul autre que le père Noël. Et afin de bien respecter les consignes sanitaires, l’équipe-école a aménagé et décoré une bulle géante pour l’accueillir le temps d’un avant-midi de la mi-décembre.

Photo: Sonia Beaulieu

Un peu tout le monde a été mis à contribution, raconte Sonia Beaulieu, une des enseignantes responsables du projet. « Une stagiaire a accepté de personnifier la Fée des étoiles et c’est mon conjoint qui s’est volontairement proposé pour venir amuser les petits [déguisé en père Noël], précise-t-elle. C’est vraiment une affaire de famille, cette vie de prof ! »

« Le plus beau moment, c’était de voir les élèves entrer dans le local, ajoute la technicienne en éducation spécialisée Marie-France Charest. Ils étaient vraiment contents, et j’ai été étonnée de constater que les plus vieux n’ont pas trouvé ça bébé ! » À vrai dire, même les adultes ont été impressionnés par cette installation digne d’Instagram, confie-t-elle.

Le concert de l’école Alpha a aussi fait l’unanimité, chez les petits comme chez les grands. « C’est un baume d’avoir pu offrir ce genre d’événement même en temps de pandémie », affirme Claude Champoux.