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85 millions de masques dans la nature d'ici la fin de l’année scolaire

Le Centre de services scolaire Marguerite-
Bourgeoys (CSSMB), dans l’ouest de
Montréal, a conclu avec regret qu’il devra
envoyer au dépotoir un million de
masques par mois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le Centre de services scolaire Marguerite- Bourgeoys (CSSMB), dans l’ouest de Montréal, a conclu avec regret qu’il devra envoyer au dépotoir un million de masques par mois.

Plus de 410 000 élèves du secondaire et les membres du personnel doivent désormais porter — et jeter — deux masques de type chirurgical par jour passé en classe. Craignant un gâchis environnemental, les gestionnaires scolaires se démènent pour trouver une façon écologique de se débarrasser de 4,7 millions de masques par semaine.

À la fin de l’année scolaire, les écoles auront généré au moins 85 millions de masques à jeter. Lundi, jour de rentrée au secondaire, tout le monde se demandait quoi faire avec ce matériel contaminé qui risque de se retrouver à la poubelle.

Le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSSMB), dans l’ouest de Montréal, a conclu avec regret qu’il devra envoyer au dépotoir un million de masques par mois, pour le moment.

En données

Après avoir lancé un appel d’intérêt dès le mois de novembre 2020 pour « en connaître davantage sur le recyclage potentiel des masques de procédure », le centre de services a dû se rendre à l’évidence : « Il n’y a actuellement aucune méthode ni aucun procédé de recyclage officiellement recommandé », indique Chrystine Loriaux, directrice des communications du CSSMB.

Le centre de services dit poursuivre ses recherches plutôt que de payer 80 000 $ par mois pour un programme de recyclage dont il ne maîtrise pas tous les aspects. « Dans l’intervalle, nous suivons les recommandations de Santé Canada et de Recyc-Québec, qui préconisent de traiter les masques jetables comme des matières contaminées. Ils sont manipulés avec soin et jetés dans les poubelles à déchets munies d’un sac. »

Le ministère de l’Éducation a envoyé aux centres de services scolaires et aux écoles privées une liste de quatre entreprises spécialisées dans la récupération de masques, dressée par Recyc-Québec. Mais les gestionnaires d’école ont de la difficulté à s’y retrouver : ils n’ont aucune formation en gestion de déchets contaminés.

 
85 millions
C’est le nombre de masques de type chirurgical qui auront été utilisés (et jetés) d’ici la fin de l’année scolaire.

La « génération Greta Thunberg »

Éric Deguire, directeur du Collège Saint-Jean-Vianney, à Rivière-des-Prairies, se trouve dans une sorte d’impasse pour le moment. « On aurait aimé avoir un plan de match du gouvernement », dit-il.

« En attendant d’avoir une solution, on a mis des boîtes dans chaque local [de l’école] pour récupérer les masques, et on va les conserver dans des sacs dans le garage », explique Éric Deguire.

Il admet ressentir une pression de ses élèves pour gérer les milliers de masques de façon écologique. Cloé Desrochers, élève de quatrième secondaire du Collège Saint-Jean-Vianney, confirme que les attentes des jeunes sont grandes. Membre du comité vert de son école, elle s’identifie volontiers à la « génération Greta Thunberg », qui s’inquiète pour l’avenir de la planète.

Photo: Adil Boukind Le Devoir Cloé Desrochers a fait sa rentrée hivernale avec un masque chirurgical.

« Ça me brise le cœur de voir tous ces masques jetés à la poubelle. Avant la pandémie, l’environnement était la grande préoccupation des jeunes », rappelle-t-elle.

Les partis de l’opposition et les gestionnaires scolaires réclament une aide de l’État pour rembourser les frais de traitement des masques jetés. Le député libéral Frantz Benjamin estime la facture à 30 millions de dollars. Le cabinet du ministre de l’Éducation se fait rassurant : « Les dépenses engagées pour l’achat et le recyclage de ces masques seront remboursées aux centres de services scolaires dans les coûts reliés à la COVID-19 », indique Geneviève Côté, porte-parole du ministre Jean-François Roberge.

Recyc-Québec dit « encourager les organisations à bien s’informer sur les modes de recyclage de la matière récupérée et leur destination finale. L’objectif du Québec dans la gestion des matières résiduelles étant d’encourager le recyclage au Québec ou limitrophe. Dans les entreprises listées, il y a des traitements qui se font localement et d’autres aux États-Unis ou en Ontario ».

 

Avec Alexandre Shields  

Du «carburant alternatif»

Jaziel Petrone, directeur du Collège Saint-Paul, à Varennes, sur la Rive-Sud, pense avoir trouvé la solution écoresponsable qu’il cherchait depuis des jours. Sanexen, une entreprise de récupération de Brossard, est venue livrer lundi sur le terrain de l’école un conteneur à déchets muni d’une toile hermétique. À la fin de l’année scolaire, le conteneur contiendra les 200 000 masques utilisés par les élèves et le personnel de l’établissement privé. « Il est hors de question qu’on jette tous ces masques à la poubelle », affirme le directeur de l’école. Il affirme que Sanexen facture 8000 $ pour récupérer ces 200 000 masques. Ces déchets seront livrés à une usine du Saguenay qui les fera brûler pour générer du « carburant alternatif » nécessaire à son fonctionnement, explique Éric Benoit, directeur de projet chez Sanexen.


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1 commentaire
  • Marcel Vachon - Abonné 19 janvier 2021 08 h 28

    Écologie, Écologie, Écologie, Écologie....... svp. Merci.