Jean-François Roberge annule les examens ministériels

Le ministre québécois de l’Éducation, Jean-François Roberge
Photo: Ryan Remiorz Archives La Presse canadienne Le ministre québécois de l’Éducation, Jean-François Roberge

Examens ministériels annulés, mentorat pour les élèves en difficulté, programme pédagogique réduit pour concentrer l’enseignement sur les « savoirs essentiels » : le ministre Jean-François Roberge a donné un coup de barre pour la suite de l’année scolaire chamboulée par la pandémie.

Le ministre de l’Éducation a aussi annoncé vendredi que les enseignants et le personnel des services de garde auront un accès prioritaire à la vaccination à titre de travailleurs de « services essentiels ».

Le milieu de l’éducation a accueilli favorablement ces mesures réclamées depuis longtemps, en insistant pour que d’autres ajustements à plus long terme suivent rapidement. Tout le monde s’attend à ce que la pandémie perturbe encore pendant plusieurs mois le fonctionnement des écoles.

« On va être exigeants cette année, comme on l’est toujours. On ne veut pas niveler par le bas, mais on doit aussi être bienveillants. C’est nécessaire de prendre des mesures exceptionnelles parce qu’on vit une situation exceptionnelle », a lancé le ministre Roberge lors d’un point de presse vendredi.

Les écoles auront deux semaines de plus pour préparer le premier bulletin, dont la distribution aux parents est reportée au 5 février. Ce bulletin devait représenter 50 % de la note finale, mais sa valeur sera diminuée (à un seuil qu’il reste à déterminer) pour éviter de décourager les élèves en situation d’échec.

Le ministre de l’Éducation et le Dr Richard Massé, conseiller médical à la Direction générale de la santé publique, ont confirmé que le gouvernement compte mettre tout en œuvre pour offrir un maximum d’enseignement en présence d’ici le reste de l’année scolaire. Les écoles primaires doivent rouvrir leurs portes lundi, après une pause du temps des Fêtes allongée. Les élèves du secondaire reviendront en classe (ou en enseignement hybride pour les plus vieux) la semaine suivante, le 18 janvier.

Pour aider les élèves ayant des difficultés, Québec compte recruter des centaines de volontaires du réseau scolaire, des retraités de l’éducation et des étudiants de niveau collégial ou universitaire pour offrir du tutorat hors des heures de classe. Cette aide sera offerte à distance aux élèves détectés par leurs enseignants comme ayant des besoins.

« L’aide des tuteurs serait la bienvenue : c’est un parcours du combattant pour avoir des services pour mes filles qui ont des difficultés d’apprentissage », dit Francesca Waltzing, mère de deux élèves dyslexiques et dysorthographiques.

Cette mère de la Rive-Sud a recours à une orthopédagogue privée pour sa fillette de troisième année, qui fait de l’anxiété à cause de ses difficultés scolaires. Elle consulte aussi l’orthopédagogue de l’école trois fois par semaine. Son autre fille fréquente une école secondaire privée qui offre un encadrement spécialisé pour les élèves ayant des difficultés.

Besoin de vrais experts

Patricia Clermont, du mouvement Je protège mon école publique, a des sentiments partagés devant la création annoncée du service de tuteurs, rendue nécessaire à cause de la pénurie criante de professionnels : « C’est bien d’offrir des tuteurs, mais c’est comme un plaster pour les élèves en difficulté. Ils ont besoin d’un véritable accompagnement professionnel. L’aide aux élèves en difficulté, ça ne s’improvise pas. »

Les députées Marwah Rizqy (Parti libéral), Christine Labrie (Québec solidaire) et Véronique Hivon (Parti québécois) soulignent aussi qu’il ne manque pourtant pas de psychologues ou de travailleurs sociaux, par exemple, au Québec. Ceux-ci préfèrent travailler au privé, où les conditions de travail sont plus attrayantes.

« Le ministre a annoncé la création d’une application numérique pour aider les jeunes qui ont des problèmes de santé mentale. Je ne comprends pas comment il peut faire une annonce comme celle-là. Les jeunes sont déjà trop sur leurs écrans, et on leur dit d’y retourner pour avoir de l’aide. Ça prend de vrais intervenants, des psychologues, pas une autre application », dit Christine Labrie.



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