Les écoles primaires rouvriront lundi, comme prévu

Le milieu de l’éducation, qui redoutait une nouvelle fermeture des classes, a réagi avec soulagement en apprenant que les écoles échappent pour le moment au confinement quasi général.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir Le milieu de l’éducation, qui redoutait une nouvelle fermeture des classes, a réagi avec soulagement en apprenant que les écoles échappent pour le moment au confinement quasi général.

Soupir de soulagement en éducation : les écoles primaires et secondaires rouvriront leurs portes malgré « l’électrochoc » de quatre semaines imposé au Québec par le gouvernement Legault, qui ordonne le reconfinement de tous les secteurs d’activité dans l’espoir de freiner la pandémie.

Les élèves du primaire reviendront en classe comme prévu lundi prochain, tandis que ceux du secondaire resteront à la maison une semaine de plus, jusqu’au lundi 18 janvier. La formation professionnelle et l’éducation des adultes reprendront aussi en classe le 18 janvier.

« Pour moi, c’est la priorité, l’école. On doit ça à nos jeunes », a lancé le premier ministre, François Legault, lors d’un point de presse mercredi soir.

Cette décision de rouvrir les écoles, qualifiée de « déchirante », a été prise après de vifs débats au sein du gouvernement et de la Direction de santé publique. Nos sources indiquent que les détails de l’annonce de mercredi soir ont été finalisés dans les minutes précédant la conférence de presse.

Les élèves du primaire devront désormais porter le couvre-visage dans les aires communes, et ceux de cinquième et sixième année le porteront aussi en classe. Au secondaire, tout le monde portera maintenant le masque de procédure — plus efficace qu’un simple couvre-visage —, qui sera fourni par les écoles.

Le ministre de l’Éducation doit tenir un point de presse vendredi pour annoncer d’autres mesures liées à la crise sanitaire : il sera question de tutorat pour les élèves en difficulté, d’aide pour les enfants ayant des problèmes de santé mentale, et d’autres réajustements, notamment à la pondération des bulletins.

Soulagement temporaire

Le milieu de l’éducation, qui redoutait une nouvelle fermeture des classes, a réagi avec soulagement en apprenant que les écoles échappent pour le moment au confinement quasi général.

« Pour nous, ce sont d’excellentes nouvelles. Quand les élèves sont à l’école, on peut veiller sur eux et sur les apprentissages », a réagi Kathleen Legault, nouvelle présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES).

Elle souligne que les élèves en milieu défavorisé ont encore plus de raisons de se réjouir : ils ont droit à un déjeuner à l’école et à d’autres services professionnels qui leur assurent un filet de sécurité.

Les parents redoutaient de leur côté une reprise du scénario du printemps 2020. Ils craignaient de devoir superviser l’école à distance, surtout pour les élèves du primaire, tout en travaillant à partir de la maison. Ils ont été heureux d’apprendre la réouverture des écoles, mais réclament un plan pour la suite de l’année scolaire.

« On a toujours été favorables au retour en classe, mais on ne peut pas juste se contenter de ça, il faut regarder en avant », dit Sylvain Martel, porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec.

Contrairement à l’année dernière, le ministère de l’Éducation a le luxe de planifier les prochains mois, souligne ce père de deux enfants. « On a besoin d’une vue d’ensemble pour la suite de l’année scolaire. Et les parents doivent être consultés », insiste Sylvain Martel.

On a toujours été favorables au retour en classe, mais on ne peut pas juste se contenter de ça, il faut regarder en avant

 

Le Regroupement réclame davantage qu’un « simple seuil minimal de services ». Les parents veulent notamment que le régime pédagogique soit modifié, « pour tenir compte des besoins actuels et, surtout, futurs » ; que les examens ministériels soient annulés, pour se concentrer plutôt sur la matière à acquérir ; que les deux bulletins à venir permettent essentiellement de connaître la progression de chaque enfant dans ses apprentissages, plutôt qu’offrir des notes.

Olivier Lemieux, professeur en administration scolaire à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), estime lui aussi que le gouvernement doit annoncer au plus tôt les mesures pour la suite de l’année scolaire.

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