Agressions sexuelles: des étudiantes se plaignent de l’inaction de l’Université McGill

L'Université McGill assure avoir pris les actions nécessaires concernant les dénonciations de violences sexuelles survenues sur son campus et dans ses résidences.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L'Université McGill assure avoir pris les actions nécessaires concernant les dénonciations de violences sexuelles survenues sur son campus et dans ses résidences.

Des étudiantes de McGill se plaignent de l’inaction de l’université dans un dossier de présumées agressions sexuelles. Dans une pétition, signée par plus de 50 000 personnes en date de jeudi, elles allèguent avoir dénoncé des violences sexuelles survenues sur le campus et dans les résidences et demandent des conséquences pour l’agresseur présumé. McGill assure avoir pris depuis les actions nécessaires.

« Ces crimes sont survenus sur le campus et dans les résidences de McGill et il n’y a eu aucune répercussion pour le prédateur malgré le fait que McGill était au courant de la situation », écrivent les étudiantes dans la pétition en ligne qui a été partagée sur les réseaux sociaux. « De nombreuses filles ont présenté leurs histoires et des preuves d’actions violentes et dégradantes et elles méritent justice pour leur douleur et leur souffrance. »

« À titre de survivantes et amies de survivantes, nous demandons à l’administration de l’université McGill de faire une déclaration et de prendre les actions qui s’imposent à l’égard de cet étudiant de manière à rétablir la confiance et la sécurité des jeunes femmes dans les résidences et des étudiants de l’université McGill.

McGill enquêtera

Le 15 décembre, McGill a répondu par un message envoyé à la communauté mcgilloise par le premier vice-principal exécutif adjoint aux études et à la vie étudiante, Fabrice Labeau, affirmant avoir déjà entrepris des démarches pour régler cette situation.

« Hier, la haute direction de l’Université a été informée que plusieurs messages au sujet d’une inconduite sexuelle alléguée sur le campus circulent en ligne. Dès que cette information a été portée à notre attention, nous nous sommes penchés sur la situation », écrit M. Labeau.

L’université invite les étudiantes qui en sentent le besoin à communiquer avec le Bureau d’intervention, de prévention et d’éducation en matière de violence sexuelle.

« Nous traitons de façon immédiate tout rapport déposé en vertu de notre Politique contre la violence sexuelle. Tout rapport de cette nature est soumis à un enquêteur indépendant. »

Sur Twitter, l’université a tenté de se faire rassurante : « Soyez assurés que nous sommes engagés à prendre des mesures proactives pour prévenir et répondre à tout acte de violence sexuelle ».

L’université rappelle toutefois que « comme pour toute autre université de la province, McGill n’est pas légalement autorisée à divulguer des renseignements qui pourraient révéler des renseignements personnels sur tout membre de la communauté de McGill, impliquant un étudiant, un corps professoral ou un membre du personnel ».

L’université a refusé la demande d’entrevue du Devoir, référant la journaliste à l’énoncé fait plus tôt cette semaine.

« Trop peu, trop tard »

Les victimes alléguées n’ont pas souhaité non plus accorder d’entrevue au Devoir. Dans une déclaration écrite, les auteures de la pétition, qui se disent des amies des victimes, remercient les gens pour leur soutien. Elles affirment que la réponse de McGill vient trop tard, soit après qu’elles aient dû sortir publiquement sur les réseaux sociaux pour se faire entendre. « Pour plusieurs, c’est franchement trop peu trop tard », écrivent les étudiantes. « La partie la plus étonnante de l’ensemble de la réponse de McGill, cependant, est qu’ils ne mentionnent pas comment ils avaient été mis au courant de la situation des semaines avant la publication de la pétition. »

Elles disent attendre les résultats de l’enquête avec impatience.

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