Encore plus d’enseignement en personne à l’Université de Sherbrooke

Avant que l’Estrie bascule en zone rouge la semaine dernière, l’UdeS offrait environ 60% de ses activités d’enseignement et de recherche en présence.
Photo: Université de Sherbrooke Avant que l’Estrie bascule en zone rouge la semaine dernière, l’UdeS offrait environ 60% de ses activités d’enseignement et de recherche en présence.

Les cours dans les églises ou dans les couvents seront de retour cet hiver à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Préoccupé par l’augmentation de la détresse chez les étudiants, le recteur Pierre Cossette compte offrir encore plus d’enseignement en présence et d’activités sociales sur le campus lors de la session d’hiver, si la Santé publique le permet.

La demande pour les services en santé mentale et d’aide à la vie étudiante a augmenté de 25 % par rapport à la même période l’an dernier, signale le recteur de l’établissement.

Avant que l’Estrie bascule en zone rouge la semaine dernière, l’UdeS offrait environ 60 % de ses activités d’enseignement et de recherche en présence, sans doute un sommet parmi les universités québécoises. Le recteur est prêt à augmenter encore davantage la proportion d’activités sur le campus pour la session d’hiver, notamment pour briser l’isolement des étudiants.

« Je ne veux pas dire que la COVID, ce n’est pas dangereux. Mais si on met dans la balance une infection à la COVID-19 à 25 ans ou une dépression majeure à 25 ans, objectivement, la dépression majeure est beaucoup plus grave. Il y a plus de séquelles, plus longues et plus dangereuses », dit Pierre Cossette.

Un seuil minimal réclamé

La députée solidaire Christine Labrie, qui représente la circonscription de Sherbrooke, souhaite que l’exemple de l’université de sa région inspire les établissements d’enseignement supérieur. « Il faudrait pour ça que la ministre [de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann] envoie rapidement un signal clair pour un seuil minimal d’activités en présence dans tous les programmes durant la session d’hiver », dit-elle.

« On est inquiets pour les nouvelles cohortes de jeunes qui commencent le cégep ou l’université dans un environnement 100 % virtuel. Ces jeunes se retrouvent sans activité d’accueil, sans rencontre avec les profs et d’autres étudiants, isolés et seuls dans leurs sous-sols », dit-elle.

Christine Labrie réclame que chaque cégep et chaque université offrent au moins deux lieux de socialisation pour que les étudiants puissent se rassembler en respectant les consignes de la santé publique. Un animateur social pourrait aider les établissements à mettre en lien les anciens étudiants et les nouveaux. Elle estime aussi qu’il faut réévaluer la décision de fermer les salles de sport.

Au cabinet de la ministre McCann, on indique que les investissements supplémentaires annoncés au cours des dernières semaines peuvent servir à la location d’espaces ou à l’embauche de personnel. En entrevue au Devoir le mois dernier, la ministre a encouragé la tenue d’activités en présence dans le respect des règles de la Santé publique, mais les établissements ont l’autonomie pour gérer cette question, insiste-t-on.

Teams, Zoom et présence

Le recteur de l’UdeS est convaincu que les activités en présence sont bénéfiques non seulement pour la qualité de la formation, mais aussi pour la santé mentale des étudiants et du personnel. Cela peut se faire de façon relativement sûre : une seule éclosion a été signalée à l’UdeS depuis le début de la session d’automne. Il s’agit de trois étudiants qui ont été infectés lors d’un travail d’équipe.

« Même en zone rouge, c’est très important que nos étudiants en sciences humaines et sociales aient aussi l’occasion de vivre l’expérience universitaire, d’être capables de débattre en personne, de développer leur pensée critique. À un moment donné, tu ne peux pas tout faire par Teams ou par Zoom », fait valoir Pierre Cossette.

Pour permettre la distanciation, l’UdeS compte louer des espaces additionnels dans les anciens locaux du quotidien La Tribune, au Théâtre Granada et à d’autres endroits en ville. Ces locaux viendront s’ajouter aux églises, au couvent et aux espaces réquisitionnés au Centre culturel de l’Université pour offrir des cours.

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