Opposition au prolongement de l’année scolaire en juillet

«Il est clair qu’il n’y aura pas de prolongation du calendrier scolaire. Les profs en font déjà assez. Ils sont exténués», souligne le président de la FAE, Sylvain Mallette.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse «Il est clair qu’il n’y aura pas de prolongation du calendrier scolaire. Les profs en font déjà assez. Ils sont exténués», souligne le président de la FAE, Sylvain Mallette.

Les syndicats d’enseignement appuient l’idée de prolonger le congé des Fêtes, non seulement pour freiner la pandémie, mais pour permettre aux élèves et au personnel de souffler. La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) exclut toutefois l’hypothèse de prolonger le calendrier scolaire jusqu’au mois de juillet, évoquée jeudi par le premier ministre, François Legault.

« Il est clair qu’il n’y aura pas de prolongation du calendrier scolaire. Les profs en font déjà assez. Ils sont exténués. Il n’y a pas de climatisation dans la majorité des écoles, et il fait très chaud en juillet. On ne prolongera pas le calvaire des profs », dit Sylvain Mallette, président de la FAE.

De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) souligne que cette hypothèse d’un prolongement de l’année scolaire en juillet est arrivée comme une surprise. « On apprend encore une fois dans les médias ce qui se discute au gouvernement. C’est un manque de respect envers le réseau de l’éducation », dit Josée Scalabrini, présidente de la FSE.

Elle estime qu’un plus long congé aux Fêtes risque de devenir nécessaire, compte tenu de l’épuisement des profs dû à la gestion de la pandémie.

Josée Scalabrini estime intéressante l’idée d’offrir l’enseignement en alternance avec des groupes réduits de moitié, évoquée par les partis de l’opposition. Cela permettrait d’éviter un reconfinement des écoles. Mais il faut l’annoncer au plus vite, selon elle.

« Ça s’organise, une mesure comme celle-là, ça demande une planification extraordinaire ! On ne peut pas faire ça en 24 heures », dit-elle.

Sylvain Mallette rappelle que son syndicat proposait dès le printemps dernier un enseignement hybride, avec la moitié des élèves en présence chaque jour. « Quand les élèves seraient à la maison, on peut imaginer qu’ils auraient une supervision pédagogique et un suivi par des profs retraités, par exemple », dit-il.

Manque de profs

Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES), doute pour sa part du réalisme d’instaurer l’école en alternance. « Si on divise les groupes en deux, ça va prendre deux fois plus de profs pour répondre à deux fois plus de groupes. Avec la pénurie, on n’a pas ces profs supplémentaires », dit-elle.

L’idée d’installer une caméra dans la classe pour que la moitié des élèves suivent les cours en présence et l’autre moitié à distance n’est pas simple non plus, selon elle. « Ce n’est pas facile de gérer des élèves à la fois en présence et en virtuel. Pour les profs, c’est une double gestion de classe », dit Hélène Bourdages.

Le gouvernement doit aussi réfléchir avant d’instaurer un long congé des Fêtes ou une autre forme de confinement, selon elle. « L’école est un facteur de protection pour les enfants, surtout pour les élèves les plus vulnérables. Si les ados sont loin de l’école trop longtemps, vont-ils revenir ou préférer avoir un emploi ? »

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