Sept membres de la direction d’une école placés en isolement

Un cadre du CSSDM et du personnel de direction suppléant ont été dépêchés d’urgence à l’école Lucien-Pagé.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Un cadre du CSSDM et du personnel de direction suppléant ont été dépêchés d’urgence à l’école Lucien-Pagé.

Une série d’infections au coronavirus parmi les élèves et le personnel de l’école secondaire Lucien-Pagé, dans le quartier Parc-Extension, sème l’inquiétude chez les enseignants. Fait rarissime, les sept membres de la direction de l’école ont été placés en isolement, dont trois après avoir reçu un diagnostic d’infection à la COVID.

Dix classes de cette école du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) sont fermées en raison d’infections d’élèves ou de membres du personnel. Au moment où ces lignes étaient écrites, 11 élèves et 6 membres du personnel, dont 3 de la direction, avaient reçu un test positif de COVID, selon le Centre de services.

La mise en isolement de tous les membres de la direction inquiète particulièrement le personnel. Trois des sept membres de la direction ont un test positif ; les autres ont été en « contact étroit avec une personne atteinte de la COVID-19 » ou « présentent des symptômes de la maladie », a précisé le CSSDM.

« Les enseignants se demandent pourquoi tous les membres de la direction sont en isolement. Est-ce parce que les personnes n’ont pas respecté les consignes sanitaires entre elles ? C’est la direction qui doit faire respecter les directives de la Santé publique dans l’école », dit Catherine Beauvais St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal.

Un cadre du CSSDM et du personnel de direction suppléant ont été dépêchés d’urgence à l’école Lucien-Pagé. Une rencontre avec 104 membres du personnel, mercredi midi, est loin d’avoir rassuré les enseignants. « On est au champ de bataille, on est en train de perdre la guerre et nos généraux sont cachés », dit une enseignante qui a requis l’anonymat par crainte de représailles.

Elle a l’impression que les membres de la direction jouissent d’un privilège en étant placés en isolement, tandis que des profs ayant été en contact avec des élèves infectés doivent rester en poste à l’école. « Les profs se font dire qu’il n’y a pas de danger parce qu’ils portent leur équipement de protection », dit l’enseignante.

On est au champ de bataille, on est en train de perdre la guerre et nos généraux sont cachés

 

79 éclosions

Catherine Beauvais St-Pierre se demande pourquoi la fermeture de l’école pour deux semaines n’a pas été décrétée par la Santé publique. « On a beaucoup de questions, mais pas de réponses. Cette situation crée un climat de perte de confiance envers la direction de l’école, envers le Centre de services et même envers la Santé publique », ajoute-t-elle.

La Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) a indiqué au Devoir qu’elle ne considère pas les cas survenus à l’école Lucien-Pagé comme une éclosion. La Santé publique dénombre néanmoins 79 éclosions en milieu scolaire à Montréal. Elle a transmis toutes nos autres questions au CSSDM.

« C’est aux autorités de santé publique de déterminer s’il y a éclosion contrôlée ou non. La DRSP nous a indiqué que, pour le moment, il n’y a pas de transmission incontrôlée du virus à l’école Lucien-Pagé », explique Alain Perron, porte-parole du CSSDM.

En données

Le bilan provincial s’est alourdi de 929 nouvelles infections à la COVID-19 et de 17 nouveaux décès. Quatre de ces décès étaient survenus dans les 24 dernières heures. Le nombre de patients hospitalisés s’élève à 526, dont 89 sont aux soins intensifs.

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