Discussions sur une réduction de la tâche des profs de cégep

Le syndicat a sondé ses membres au sujet de l’impact de la pandémie sur leur travail, entre le 21 septembre et le 12 octobre 2020.
Photo: Damien Meyer Agence France-Presse Le syndicat a sondé ses membres au sujet de l’impact de la pandémie sur leur travail, entre le 21 septembre et le 12 octobre 2020.

Un groupe de travail du gouvernement étudie un possible allégement de la tâche sans perte financière pour les professeurs de cégep, qui disent être surchargés de travail en raison de la pandémie.

Selon ce que Le Devoir a appris, ce groupe de travail est formé de représentants du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), de la Fédération des cégeps et de deux syndicats de profs de cégep : la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ).

Il s’agit d’un « comité de travail exploratoire » chargé « d’évaluer, en raison de la situation actuelle de pandémie, les allégements possibles » à la tâche des enseignants « par le biais des conventions collectives actuelles ». L’assouplissement vaudrait pour la prochaine session, celle d’hiver, qui se fera encore principalement à distance à cause de la pandémie.

« On a demandé à nos membres : “De quoi avez-vous besoin ?” Leur réponse tient en deux mots : “Du temps” », explique Yves de Repentigny, vice-président de la FNEEQ-CSN.

Le syndicat a sondé ses membres au sujet de l’impact de la pandémie sur leur travail, entre le 21 septembre et le 12 octobre 2020. Quelque 2429 enseignants ont répondu au sondage, soit 16 % des membres de la FNEEQ.

La moitié des répondants ont indiqué que leur tâche avait doublé à cause de l’enseignement à distance, rappelle Yves de Repentigny. Ils disent être débordés à cause de la préparation des cours, de l’encadrement des étudiants, de l’évaluation et de la correction des examens. Un prof sur cinq vit même de la détresse qui met en péril sa santé mentale, selon le sondage.

« Un peu de répit »

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, a annoncé au cours des derniers mois des investissements de 58 millions de dollars pour la réussite au collégial et pour le soutien aux étudiants en raison de la crise sanitaire. Les syndicats estiment qu’une part importante de cette somme devrait servir à réduire la tâche des profs dans le contexte de la pandémie. Ils suggèrent par exemple que des collègues viennent les remplacer quand ils préparent un cours à distance.

« Les profs sont à bout, est-ce qu’on peut leur donner un peu de répit ? L’argent est là, on veut juste s’assurer que les collèges consacrent des fonds à soutenir les enseignants », dit Lucie Piché, présidente de la FEC-CSQ.

Au cabinet de la ministre McCann, on rappelle qu’elle a demandé des comptes aux cégeps au sujet de leur utilisation des fonds alloués. La reddition de comptes permettra d’établir si les priorités du gouvernement ont été respectées.

Judith Trudeau, vice-présidente du Syndicat des enseignantes et des enseignants du collège Lionel-Groulx, fait circuler une lettre réclamant un allégement de 20 % de la tâche des enseignants. « Les gens sont épuisés. On commence à constater qu’ils s’en vont en maladie », dit-elle. Au moment où ces lignes étaient écrites, plus de 1000 personnes avaient signé le texte collectif.

Les profs ne veulent pas d’argent, mais du temps, insiste-t-elle. L’allégement de la tâche « pourrait se traduire par une réduction de la taille des groupes ou encore par une augmentation du nombre de professeur.e.s ».

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