Les centres de services scolaires se mettent en place malgré la pandémie

Cette transformation de la gouvernance scolaire survient en pleine pandémie, au moment où le réseau scolaire doit aussi gérer les mesures sanitaires.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Cette transformation de la gouvernance scolaire survient en pleine pandémie, au moment où le réseau scolaire doit aussi gérer les mesures sanitaires.

Le virage dans la gouvernance scolaire prend forme malgré les bouleversements dus à la pandémie. La majorité (82 %) des conseils d’administration des nouveaux centres de services scolaires, nés de l’abolition des commissaires élus, ont été mis en place avant la date limite du 15 octobre, a appris Le Devoir.

Ces données sont tirées d’un coup de sonde mené par la Fédération des centres de services scolaires du Québec (FCSSQ) auprès de ses 61 membres. Sur 49 répondants, 40 avaient pourvu tous les postes au sein des nouveaux conseils d’administration. Ceux qui n’ont pas terminé n’ont qu’une poignée de membres à nommer.

« On avait des appréhensions, compte tenu du contexte de la pandémie, mais on est assez contents des résultats », dit Jacky Tremblay, président-directeur général par intérim de la FCSSQ.

Ces conseils d’administration sont nés du projet de loi 40, adopté en février sous le bâillon. Cette loi controversée a aboli les commissions scolaires (et les commissaires élus au suffrage universel) et les a remplacées par des centres de services scolaires dirigés par des conseils d’administration de 15 personnes issues de trois groupes : cinq parents, cinq membres du personnel des écoles et cinq membres de la communauté. Le président et le vice-président des conseils d’administration doivent être des parents.

Les premières réunions de ces conseils d’administration doivent avoir lieu cette semaine, avant le 23 octobre, indique Jacky Tremblay. Les réunions seront publiques, rappelle le p.-d.g de la FCSSQ.

« Période d’acclimatation »

La majorité des conseils d’administration sont nommés, mais les administrateurs sont-ils prêts ? C’est tout un défi d’administrer des organisations qui supervisent l’embauche du personnel, qui gèrent les bâtiments (y compris l’entretien, les agrandissements et les nouvelles constructions) et le transport scolaire, ainsi que les services de garde et la répartition des élèves sur le territoire, notamment.

« Il va y avoir une période d’acclimatation, dit Jacky Tremblay. Ce sont de nouveaux acteurs [du réseau de l’éducation]. Il y a tout le défi de créer une synergie de groupe. Je suis convaincu que les conseils d’administration vont trouver leur rythme et leurs façons de faire pour prendre les meilleures décisions dans l’intérêt des élèves. »

Un programme de formation destiné aux membres des conseils d’administration a été produit par le ministère de l’Éducation, en collaboration avec l’École nationale d’administration publique. Il sera distribué aux centres de services d’ici la mi-novembre, indique M. Tremblay.

Cette transformation de la gouvernance scolaire survient par hasard dans un moment de bouleversements dans le réseau de l’éducation : les écoles ont fermé leurs portes à la mi-mars en raison de la pandémie, et certaines (hors de la grande région de Montréal) ont ouvert en juin. Le réseau scolaire doit aussi gérer cet automne les mesures sanitaires, les fermetures temporaires de classes ou d’écoles dues aux éclosions, l’enseignement à distance…

La mise en place des conseils d’administration a été reportée en raison de cette crise. « Ça a été une période extrêmement difficile [lors du printemps]. On roulait le jour, le soir et les fins de semaine. Ça a causé beaucoup de questionnements dans le réseau, mais ça semble résolu », affirme Jacky Tremblay.

Le conseil d’administration du Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM, le plus grand au Québec) se met aussi en place, après une dispute entre le Comité de parents et la direction au sujet du processus de nomination. « […] le ministère de l’Éducation considère [comme] valide la désignation des membres parents au conseil d’administration du CSSDM, telle qu’[elle a été] effectuée le 29 septembre dernier », a indiqué le Centre de services.

 
 

Une version précédente de cet article, qui indiquait erronément que le projet de loi 40 avait été adopté en janvier, a été corrigée.