La FAE et l’importance du contre-discours

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Avec le nombre de cas de COVID-19 dans les écoles qui grimpe rapidement, la FAE se retrouve dans une gestion quotidienne de la crise.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse Avec le nombre de cas de COVID-19 dans les écoles qui grimpe rapidement, la FAE se retrouve dans une gestion quotidienne de la crise.

Ce texte fait partie du cahier spécial Syndicalisme

« Les crises nous permettent de rappeler l’importance du syndicalisme comme contre-pouvoir qui va bien sûr dénoncer, mais qui va aussi proposer des solutions aux difficultés vécues », lance Sylvain Malette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE). Cet ancien professeur d’histoire rappelle qu’en période de crise, il y a un moment où les populations ont besoin de se rassembler derrière un leader parce qu’elles avancent en terre inconnue. Mais par la suite, les contre-pouvoirs recommencent à jouer leur rôle.

Au début de cette crise sanitaire, la population a ainsi fourni son effort de guerre et s’est ralliée derrière le slogan « Ça va bien aller ». Avec la deuxième vague de la pandémie, c’est différent : « Maintenant, on se sent à l’aise de contester les décisions qui sont prises », lance Sylvain Malette.

À la FAE, on ne digère toujours pas le fait que le gouvernement ait voulu faire adopter en catastrophe le projet de loi 61. Ce plan de relance économique donnait au premier ministre des pouvoirs extraordinaires « en prétextant la crise », lance Sylvain Malette. Rejeté par les partis d’opposition, c’est finalement une version allégée du projet qui a été présentée le mois dernier. Dans ce cas, le contre-pouvoir s’est affiché : « C’est sain parce que ça oblige le gouvernement à agir avec transparence. On ne joue pas avec la démocratie ! » ajoute-t-il.

Consulter les gens sur le terrain

En septembre dernier, la FAE avait déposé une demande d’injonction provisoire afin d’obtenir le dépistage accéléré de la COVID-19 dans le réseau scolaire. Le 1er octobre dernier, l’organisation apprenait que sa demande avait été déboutée, mais la FAE ne baisse pas les bras et ses procureurs ont donc reçu le mandat d’évaluer toutes les avenues possibles pour la suite des choses. « Les gouvernements n’ont pas toujours raison et plus les jours passent, plus la situation nous donne raison », rappelle Sylvain Malette, qui souhaite que dorénavant, les dirigeants consultent davantage l’expertise des gens sur le terrain.

Avec une école sur trois touchée par la COVID-19 au moment où ces lignes étaient écrites, alors qu’on en était encore à une sur quatre la semaine dernière, on comprend que la situation évolue rapidement et que la FAE se retrouve dans la gestion quotidienne de la crise : « On reste en contact avec nos syndicats affiliés et on répond aux interrogations de nos membres », assure Sylvain Malette. En date du 14 octobre, selon des chiffres non confirmés par la Santé publique et recueillis auprès des syndicats affiliés à la FAE, on comptait 124 professeurs, 767 élèves, 70 autres membres du personnel et 44 cas indéterminés, tous infectés par la COVID-19.

La pire des choses à faire en situation de crise, c’est de prendre des décisions de façon précipitée

« La pire des choses à faire en situation de crise, c’est de prendre des décisions de façon précipitée. Il faut poser des gestes, mais il faut être capable d’écouter les gens, et même ceux avec qui on n’est pas toujours d’accord », conclut le syndicaliste.